Caluire-et-Cuire À Bissardon, les riverains s’inquiètent de la densification

37 logements sont prévus sur cette étroite parcelle, dont les arbres et le petit espace vert vont disparaître.  Photo Progrès /FM
37 logements sont prévus sur cette étroite parcelle, dont les arbres et le petit espace vert vont disparaître.  Photo Progrès /FM

Jouxtant la Croix-Rousse côté Rhône, le « petit Montmartre de Caluire » a beau être enclavé, il reste très convoité par les promoteurs. De leur côté, les habitants s’inquiètent pour leur qualité de vie et ne se sentent pas entendus par les pouvoir publics.

« Après la création de la résidence l’Orangerie et l’école de l’Oratoire en chantier, Vinci construit 61 logements sur le site de KEP et d’autres projets émergent, constatent les représentants de l’Association de défense du quartier Bissardon (ADQB). Les concertations organisées par la mairie sont de simples réunions d’information. Lors d’une visioconférence de la Métropole, nous avons évoqué les problèmes de circulation, mais les études promises l’an dernier n’ont pas été réalisées. La Métropole nous a toutefois promis qu’il n’y aurait plus de construction de ce type. »

L’association admet par ailleurs que « la mairie est consciente de la saturation du quartier, et a refusé certains permis de construire au profit de projets plus modestes ». Mais l’insécurité demeure autour de l’école, critiquent-ils : « Nous envisageons de demander un ralentisseur rue de Verdun pour protéger les enfants qui n’ont que la rue comme espace de jeu. »

Deux autres points sont controversés. Le projet déposé par Cogedim de 23 logements au bas de la rue Royet qui a été débouté suite au recours contentieux d’un collectif de voisins. Et un peu plus haut, au 21, rue Royet, la création par LMH de 37 logements sociaux sur une parcelle de 600 m², en sacrifiant quatre arbres et un petit square est très critiquée.

« On nous promet des adaptations mais Bissardon n’a pas de marge ! »

« Dans son approche bureaucratique, le bailleur ne se soucie pas de la qualité de vie des anciens et des nouveaux habitants : il n’y a ici aucun commerce, pas d’espaces pour les enfants, rien pour les ados », déplore le collectif.

Et de citer les difficultés récurrentes : « Stocker et collecter les poubelles est compliqué dans cet habitat ancien, les bacs collectifs demandés ont été refusés. Entre les poubelles, les horodateurs et les poteaux électriques, les étroits trottoirs du quartier deviennent impraticables. Et puis, une barre de six étages privera de vue de nombreux habitants, et aucune desserte supplémentaire du quartier n’est envisageable… On nous promet des adaptations mais Bissardon n’a pas de marge ! L’expertise d’usage des habitants n’est pas écoutée. »

Les membres de l’ADQB se disent « favorables à une densification concertée et mesurée, qui favorise les bons rapports entre voisins », mais déplorent le manque de dialogue.

De notre correspondante Sylvie SILVESTRE

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