Métropole de Lyon AirBnB et Covid : les ‘‘petits’’ propriétaires ont le blues

Sandra Viricel et Amaury De Loriol constatent des changements dans le marché, en particulier de la location. Photomontage Canva/Le Progrès
Sandra Viricel et Amaury De Loriol constatent des changements dans le marché, en particulier de la location. Photomontage Canva/Le Progrès
Amaury De Loriol. Photo DR
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Sandra Viricel . Photo Progrès/Delphine GIVORD
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Sandra Viricel et Amaury De Loriol constatent des changements dans le marché, en particulier de la location. Photomontage Canva/Le Progrès Amaury De Loriol. Photo DR Sandra Viricel . Photo Progrès/Delphine GIVORD Photo Progrès Photo Progrès Photo Progrès

Avec la pandémie et les multiples confinements, le marché des biens de location de courte durée a changé. Les plus touchés ? Les « petits » propriétaires, dont la location à courte durée était un complément de revenus. Ils vendent ou reviennent dans le circuit de la location « traditionnelle ». Explications.

À Paris, un an de Covid-19 et de confinements successifs a modifié le paysage du marché de la location de courte durée. Des appartements prêts à être habités et tout équipés (souvent d’anciens AirBnB) se sont retrouvés sur le marché, les propriétaires n’étant plus en mesure d’honorer leurs crédits faute de suffisamment de locations…

Qu’en est-il à Lyon ? Difficile de le quantifier, mais le phénomène commence clairement à toucher la deuxième ville de France.

« On a le cas, confirme Sandra Viricel, célèbre agent immobilier lyonnaise, acolyte de Stéphane Plaza sur M6 (Recherche appartement ou maison, etc.). Beaucoup de gens comptaient sur ces revenus pour ‘‘vivre’’ ou en tout cas se faire un petit pécule. Mais il y a moins d’étudiants, moins de séjours professionnels et le nombre de nuitées louées ont baissé. Donc certains propriétaires se sont orientés vers la location de meublé ou ont décidé de vendre leur bien. »

Le phénomène toucherait surtout les « petits » propriétaires, ceux pour qui la location d’un appartement à courte durée représentait un petit complément de revenus, en plus (l’ancien logement étudiant d’un enfant, un petit patrimoine, etc.) Ceux-là n’en retirent plus de revenus et/ou ne sont plus en mesure de payer les échéances.

« Les petites surfaces ne trouvent plus preneurs »

« Je reçois beaucoup d’appels de demandes gens qui pensent que des appartements dans les quartiers prisés vont être ‘‘sacrifiés’’, parce que les propriétaires n’ont plus un rond. Mais ces propriétaires-là, qui ont des biens ‘’haut de gamme ‘’, ont les moyens d’attendre ! Ceux qui souffrent, ce sont les ‘’petits’’ propriétaires, dont l’investissement se monte à 500 euros par mois. »

Amaury De Loriol, président de César et Brutus, régie immobilière qui a pignon sur rue en pleine presqu’île de Lyon, a une bonne visibilité du marché. Il gère quelque 1 200 logements et 2 800 lots en syndics de copropriété. Il a vu le marché se transformer en profondeur au cours de ces derniers mois.

Un marché qui change de mois en mois

« On fait plusieurs constats : d’abord, énormément de biens de 17 à 30 m², des ‘’petites ‘’ surfaces, ne trouvent pas preneur. On en a en ce moment une vingtaine ‘‘sur les bras’’, ce qui n’arrive jamais : ‘‘Normalement’’, on en a un ou deux à proposer. Parce qu’il manque les jeunes actifs, les étudiants, les gens en cours de mutation, en formation… Ce marché-là, de biens où les gens n’ont pas de projet de vie dedans, est en chute libre, et il y aura certainement des répercussions sur les transactions. D’autant que ces loyers ont augmenté : on est sur du 550-600 euros pour un 18 m², contre 450 euros il y a 5 ans. AirBnB a eu un impact. Nous ne gérons pas cette activité, mais on récupère effectivement de ces appartements en gestion, avec les avantages fiscaux liés aux meublés, qui donnent du 5 % du prix du marché. Il n’y a pas d’afflux chez nous, mais on en a récupéré en location longue durée .»

L’autre constat chez César et Brutus, c’est que le Covid a paradoxalement bouleversé le marché dans un autre sens : beaucoup de dédites. « En janvier, on a eu presque 100 % de plus de locations, contre 40 % en mars. Il y a eu beaucoup de changements de vie : des déménagements, des gens partis de Lyon. On attend que ça reparte, comme tout le monde. Il faut patienter. »

Sur AirBnB, on voit les changements à l’œil nu : le paysage des biens à louer a été profondément bouleversé. À titre indicatif, fin avril, sur le site LeBonCoin, sur 6 000 appartements à louer dans la région lyonnaise, 2 000 sont des meublés. 8 000 sont à vendre.

Delphine GIVORD

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