Lyon À Lyon, les collectifs d’habitants se mobilisent contre la densification

La parcelle de la rue du Bon-Pasteur restera végétale. Il n’empêche, dans les pentes de la Croix-Rousse,  les collectifs font entendre leur voix pour dénoncer le bétonnage.  Photo archives Progrès /Nadine MICHOLIN
La parcelle de la rue du Bon-Pasteur restera végétale. Il n’empêche, dans les pentes de la Croix-Rousse, les collectifs font entendre leur voix pour dénoncer le bétonnage. Photo archives Progrès /Nadine MICHOLIN

Il y a les collectifs qui sont (très) en colère et s’opposent avec constance mais très fermement à des projets qu’ils jugent disproportionnés. Et ceux qui préfèrent taper aux portes, à la recherche d’une réelle concertation. Mais quelle que soit leur motivation, ils parviennent à faire entendre leur voix.

C’est dans l’air du temps… De nombreux habitants se constituent en collectif pour mieux se faire entendre. Les préoccupations, souvent, se rejoignent sur un seul et même thème, la façon dont on est en train de fabriquer la ville : trop haute, trop dense, trop bruyante, disent les uns. Tandis que d’autres pointent du doigt les démolitions, l’insécurité, les incivilités ou regrettent le manque de logements abordables, de nature… Tous ou presque ont à cœur de défendre une certaine idée de la ville. Leur volonté ? Ne pas rester simple mouche du coche.

Des projets retardés

La voix des collectifs, très offensifs avant les élections municipales, a porté dans plusieurs quartiers, comme la Guillotière, la Part-Dieu, la Croix-Rousse, Montchat ou la Presqu’île. Du coup, des projets ont été retardés (comme le règlement local de publicité intercommunal), des permis de construire ont été mis entre parenthèses (reconversion de l’ex-clinique Trarieux ou réaménagement de l’îlot Mazagran).

Ils ne lâchent rien

Les élus écologistes ont choisi de mettre le holà sur certains permis de construire, respectant ainsi leurs engagements de campagne. À la Croix-Rousse, la parcelle de la rue du Bon-Pasteur restera végétale, le tènement de la rue Gigodot ne sera pas démoli. C’est aussi après une levée de boucliers des riverains que les regards se sont portés sur un réaménagement de la rue de Bonnel (3e ). Tandis que des points de vue convergents s’affichent du côté de la Part-Dieu , notamment sur la nécessité d’un vaste espace vert dans le secteur de la rue Bouchut. Des copies devraient en tout cas être revues ou amendées. Les collectifs ne lâchent rien.

« On les écoute, mais ce n’est pas la voix de tous les habitants »

Partager les projets avec les riverains, c’est un peu le fonds de commerce des nouveaux élus. « C’est naturel et sain de demander une concertation en amont, affirme Raphaël Michaud, adjoint au maire de Lyon en charge de l’Urbanisme, qui parle même de « liens précieux ». « On les écoute, mais ce n’est pas la voix de tous les habitants », admet Véronique Dubois-Bertrand, maire EELV du 3e , pour qui le dialogue doit s’engager aussi avec ceux que l’on n’entend pas.

Le ton a changé. Il n’empêche, il y a des déçus. Des permis de construire accordés sur les Pentes de la Croix-Rousse, une communication pas toujours facile à installer du côté de la place Gabriel-Péri. Et si « les nuits d’enfer » en Presqu’île ont cessé avec le confinement et le couvre-feu, on est toujours à la recherche de solutions pour une vie plus douce en hypercentre de Lyon. Malgré la mobilisation…

Aline DURET

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