Environnement Quai Sarrail : La Métropole prévoit de replanter 30 arbres en mars 2021

Sur la portion à hauteur du skatepark et de la place Maréchal-Lyautey, les sols ont été régénérés, sous forme de grandes bandes avec du compost, de la terre et de la moutarde plantée, un engrais vert destiné à fertiliser les sols.  Photo Progrès /Nadine MICHOLIN
Sur la portion à hauteur du skatepark et de la place Maréchal-Lyautey, les sols ont été régénérés, sous forme de grandes bandes avec du compost, de la terre et de la moutarde plantée, un engrais vert destiné à fertiliser les sols.  Photo Progrès /Nadine MICHOLIN

Le long de la promenade du quai Général-Sarrail près du skatepark et de la place Maréchal-Lyautey, 29 platanes ont été abattus victimes de la maladie incurable du chancre coloré au printemps 2019. Depuis, architectes, paysagistes et botanistes étudient leur remplacement dans le respect patrimonial.

« Nous sommes en réflexion depuis bientôt deux ans. Les sols ont été régénérés, sous forme de grandes bandes avec du compost et de la terre. De la moutarde a été plantée. Comme engrais vert, cette plante est un apport très intéressant pour améliorer la qualité du sol » souligne Frédéric Segur. Le directeur du service arbres et paysages à la Métropole évoque une vaste étude de stratégie de replantations en cours , engagée entre différents acteurs : botanistes, architectes ABF et paysagistes.

« Il faut trouver des essences qui soient peu risquées par rapport aux évolutions climatiques, qui puissent résister et s’adapter à la canicule de plus en plus intense. Ce choix engage l’identité de Lyon sur ce bout le plus visible d’un ensemble paysager du quai du Rhône qui traverse Lyon. Fin du XIXe siècle, il y avait 2 000 platanes sur les deux rives et des promenades continues. Cela nous impose de réfléchir à une autre transition. On envisage plusieurs espèces et deux rangées d’arbres composés à planter tous les 8 à 9 mètres. »

 L’aménagement de la partie skatepark en hauteur est sauvage. Son devenir pose question. La Ville de Lyon qui gère la partie du skatepark en dessous (N.D.L.R. : 102 Quai du Général-Sarrail), devra se prononcer si elle souhaite libérer le lieu ou pas.   Photo Progrès /Nadine MICHOLIN
L’aménagement de la partie skatepark en hauteur est sauvage. Son devenir pose question. La Ville de Lyon qui gère la partie du skatepark en dessous (N.D.L.R. : 102 Quai du Général-Sarrail), devra se prononcer si elle souhaite libérer le lieu ou pas.   Photo Progrès /Nadine MICHOLIN

Une combinaison de plusieurs espèces peu connues

Pour les spécialistes, il s’agit de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier mais d’envisager de sélectionner trois espèces suffisamment résistantes au changement climatique. Ainsi, si l’une meurt au bout de quelques années, les deux autres perdureront. La sélection est déjà bien avancée. La combinaison d’espèces peu connues pourrait inclure du chêne à feuilles de châtaigniers (arbre à croissance rapide et à l’apparence trapue), le micocoulier de Provence que l’on trouve déjà devant la gare des Brotteaux (un arbre d’ornement caduc apprécié dans le paysage méditerranéen, où il peut vivre jusqu’à 600 ans), le Zelkova, orme japonais (arbre à feuilles caduques pouvant atteindre 30 m de hauteur).

« Pour cette transition, nous sommes confrontés à des problématiques. Il faut tenir compte de la valeur patrimoniale, des quais du Rhône très exposés au soleil, et se lancer dans des plantations où nous n’avons pas assez de recul sur leur capacité à résister. Il faut trouver la combinaison la plus esthétique pour se rapprocher des platanes existants et prévoir un remplacement progressif sur plusieurs années » souligne le Monsieur arbres à la Métropole qui avoue toute la difficulté à imaginer les futures plantations dans un alignement.

Skatepark sur la promenade : un avenir incertain

Les discussions sont sur le point d’aboutir d’ici à quelques semaines. Les plantations d’arbres (environ une trentaine) avec végétalisation des sols au pied des arbres, sont prévues fin mars, période la plus propice. Elles s’arrêteront avant le skatepark en hauteur.

À ce sujet, une prochaine réflexion devra être engagée. « Son devenir pose question. C’est un espace public et son aménagement est sauvage. Par le passé, les platanes déjà malades ont été affaiblis par le vandalisme et les dégradations subies dont les tags. Il faudra voir avec la Ville de Lyon qui gère la partie du skatepark en dessous (N.D.L.R. : 102 Quai du Général-Sarrail), si elle souhaite libérer le lieu et relocaliser le skatepark ailleurs » précise Fédéric Segur. À suivre.

Nadine MICHOLIN

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