Lyon | Environnement Ces petites mares qui vont se multiplier au cœur de Lyon

Matthieu, membre des Espèces parmi Lyon, est venu installer la mare chez Eva. Les pentes de la Croix-Rousse  en abritent déjà plusieurs, idéales pour chasser les moustiques !  Photo Progrès /David TAPISSIER
Matthieu, membre des Espèces parmi Lyon, est venu installer la mare chez Eva. Les pentes de la Croix-Rousse en abritent déjà plusieurs, idéales pour chasser les moustiques ! Photo Progrès /David TAPISSIER

En lançant plusieurs challenges “écologiques”, l’association des Espèces parmi Lyon souhaite relancer le développement de la biodiversité au cœur de la ville. Elle débute par des mares mais veut aussi proposer des murs végétaux, des micro-habitats ou la plantation de 500 arbres de variété locale.

Installer des petites mares d’un m² au cœur de Lyon : une idée saugrenue ? Et bien en fait, pas tant que ça. À bas les idées préconçues : créer des bassins végétalisés urbains, chez les particuliers a un véritable sens comme l’explique Matthieu, de l’association lyonnaise des Espèces parmi Lyon. « Ce que l’on ignore, c’est qu’en France, 66 % des zones humides ont disparu depuis 1950. À une échelle plus locale, environ 10 % des sites humides auraient été détruits au cours des dix dernières années. Les zones humides -tourbières, marais, mares, étangs, prairies ou forêts humide- assurent des fonctions écologiques et de maintien des écosystèmes. C’est la raison pour laquelle nous militons pour le retour de ces petites mares dans le centre de Lyon. »

Impliquer localement les habitants

Eva habite rue du Bon-Pasteur dans le 1er  arrondissement. Après avoir contacté l’association pour participer à plusieurs comptages d’espèces, elle s’est intéressée peu à peu à la biodiversité. Puis, elle a cherché à contribuer. « En fait, on est infesté par les moustiques depuis plusieurs années et le fondateur de l’association m’a convaincue qu’une mare contribuerait à les faire fuir… Je pensais m’en occuper moi-même, pour y mettre les poissons récupérés de la vogue dedans, or l’association s’est proposée de m’aider à ne pas faire d’erreur », explique-t-elle.

 Entourer les plantes avec de la toile de jute permet d'accueillir les insectes... et les larves.   Photo Progrès /Des espèces parmi Lyon
Entourer les plantes avec de la toile de jute permet d'accueillir les insectes... et les larves.   Photo Progrès /Des espèces parmi Lyon

En effet, des Espèces parmi Lyon, déjà à l’origine de l’installation du Gabiodiv, au niveau de la piscine du Rhône , a décidé de lancer des challenges au cœur de la ville : en étroite collaboration avec les collectivités locales, les associations et les habitants, la structure souhaite impliquer localement les habitants. En plus des conférences, chantiers écovolontaires et inventaires participatifs qu’elle organise, elle propose quatre pistes : créer 50 bassins végétalisés, 30 murs végétaux, 50 micro-habitats et enfin la plantation de 500 arbres à Lyon. Autant de petits gestes militants mais essentiels pour la biodiversité.

Déjà quatre bassins dans Lyon

Quatre mares ou bassins végétalisés ont été construits en quelques jours et histoire d’aider les Lyonnais à se débrouiller seuls, ils ont même préparé un tuto en vidéo. « On est là si besoin pour aider et donner des conseils » rajoute Matthieu. « En fait, la biodiversité urbaine est assez méconnue. À titre d’exemple, nous avons recensé plus de 1 000 espèces d’insectes rien que dans le 1er arrondissement. C’est incroyable… mais vrai. »

Une multitude d’initiatives qui a également pour but de restaurer, dans l’esprit des gens, l’importance des plantes locales, plutôt que les plantes exotiques. « Il faut sortir des jardins à la française, revenir vers quelque chose de plus terre à terre. Les espèces locales d’animaux sont souvent perdues avec les exotiques, elles n’y voient que du mobilier vert. L’idéal, pour créer des interactions ce sont les espèces vivant traditionnellement dans la même région. D’où notre volonté de planter des arbres locaux, mais également de proposer des plantes spécifiques pour les bassins. Inciter les gens à agir, mais surtout leur apprendre à bien agir », conclut le jeune écologiste.

Des Espèces parmi Lyon. https://desespecesparmilyon.fr/

David TAPISSIER

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