Lyon | Urbanisme Projet d’immeuble : Bouygues et Croix-Roussiens bientôt fixés

Hervé et Dominique, membres du collectif “les Pentes contre Bouygues”.  Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK
Hervé et Dominique, membres du collectif “les Pentes contre Bouygues”.  Photo Progrès /Clémence OUTTERYCK

Depuis 2019, un collectif d’habitants de la Croix-Rousse s’oppose à la construction d’un immeuble sur les pentes, projet mené par Bouygues. Le Tribunal administratif devrait prochainement rendre sa décision.

En novembre 2019, le collectif d’habitants “ les Pentes contre Bouygues ” déposait un recours contre le permis de construire accordé à Bouygues en mai. Le projet : un immeuble de 32 lots situé sur les pentes de la Croix-Rousse, entre les rues Pouteau, Diderot et Lemot. Un bâtiment dont la modernité affichée, le risque pris pour la sécurité des Balmes ou les 80 % d’appartements de luxe annoncés dans un quartier populaire hérissent. « La densification de la Croix-Rousse est un vrai problème, ajoute Hervé, membre du collectif. La multiplication des garages et des voitures, ce sont des effets collatéraux que l’on souhaite dénoncer et combattre ».

Les actions se multiplient par les membres du collectif, bien déterminés à faire échouer le programme et préserver l’unité architecturale à laquelle ils sont, non seulement attachés, mais tenus. « On nous impose d’avoir des fenêtres verticales avec des persiennes, affirme Dominique, propriétaire dans le quartier depuis 1993. Il nous est difficile voire impossible de réaliser des travaux comme l’installation d’un vasistas ou le changement d’une fenêtre. Et Bouygues aurait la possibilité de mettre des ouvertures horizontales, pas alignées ? Il y a deux poids, deux mesures, sur quelque chose de tangible ! »

Plusieurs questions sur le projet

Les habitants s’interrogent par ailleurs sur la chronologie de l’événement, notamment le mémoire en défense signé par l’ancienne équipe municipale le 1er  juillet, quelques jours avant la perte du mandat. Une validation synonyme d’accélération inattendue de la procédure, avançant l’audience devant le Tribunal Administratif au 28 août dernier. La décision a été mise en délibéré sous deux semaines.

Contacté, le constructeur n’a pas souhaité communiquer, dans l’attente du jugement.

Malgré plusieurs incohérences dans le projet concernant l’unité façades, la hauteur de l’édifice dépassant de trois mètres le maximum ou une notice architecturale peu étayée sur les matériaux et les modalités de réalisation, les chances d’obtenir gain de cause restent faibles. Lyon étant en zone dense de population, tout appel serait impossible, à moins d’un recours en Cassation ou devant le Conseil d’État, précise Mélanie Couret-Hamon, avocate représentant les huit requérants contre Bouygues (les seuls autorisés à déposer un recours, dont les fenêtres donneraient directement sur l’immeuble).

Le collectif compte désormais sur la nouvelle majorité à la Ville et la Métropole pour obtenir l’annulation du permis de construire, moyennant indemnisation des sommes déjà engagées par le constructeur. « Même si cela implique des conséquences financières, ce serait un signal fort par rapport à leur programme, lance Hervé. Le dossier est crucial pour bâtir la politique de la Ville. Il faut qu’ils se donnent les moyens d’améliorer ce qui avait mal été fait avant. Nous sommes des électeurs qui ont voté dans leur sens, il faut montrer très vite que nous avons eu raison ».

Clémence OUTTERYCK

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?