Urbanisme Lyon: à la Sauvegarde et au Château, les habitants face aux barres qui tombent

La barre 110 au Château : la démolition des 293 logements est programmée en 2024 après une longue opération de relogements.  Photo Progrès /Dominique Gourat
La barre 110 au Château : la démolition des 293 logements est programmée en 2024 après une longue opération de relogements.  Photo Progrès /Dominique Gourat
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Photo Progrès /Aline DURET
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La barre 110 au Château : la démolition des 293 logements est programmée en 2024 après une longue opération de relogements.  Photo Progrès /Dominique Gourat Photo Progrès /Dominique Gourat Photo Progrès /Dominique Gourat Photo Progrès /Aline DURET

C’est parti pour une longue période de travaux dans ces deux secteurs de la Duchère retenus par l’État dans le cadre du nouveau programme national de renouvellement urbain établi jusqu’en 2030. Au programme, démolitions, rénovations et constructions neuves. Pour un coût total de 196 millions d’euros.

Ce sont les premiers grignotages lancés dans quelques semaines sur la barre 530 de la Sauvegarde qui vont « inaugurer » en quelque sorte cet ambitieux projet de renouvellement urbain pour lequel les collectivités locales, territoriales, les services de l’État et les bailleurs sociaux s’apprêtent à investir plus de 196 millions d’euros.

Il concerne deux des secteurs du quartier de la Duchère : la Sauvegarde et le Château. Dans les deux cas, il s’agit de réaménager ces morceaux de ville souvent enclavés créés dans les années soixante, en s’appuyant notamment sur une requalification de l’habitat ancien souvent à bout de souffle. C’est en tout cas ce qu’ont pu constater les habitants, conviés à deux réunions publiques organisées ces derniers jours pour présenter les projets. Ils sont venus nombreux avec leurs interrogations. Car pour certains, les changements seront radicaux.

« Où va-t-on aller ? »

Des barres vont tomber. À la Sauvegarde, deux bâtiments (308 logements) vont êtres réduits en poussière. Au Château, après mûres réflexions, Lyon Métropole Habitat (LMH) a opté pour la destruction de la barre 110 (293 appartements, soit plus de 700 habitants), devenue « gros paquebot » difficile à gérer. Ces actions supposent de longues opérations de relogement, étape cruciale pour les riverains qui ont fait part de leur crainte.

Certains y habitent depuis 1962. Déchirant. « Où va-t-on aller ? On ne veut pas quitter notre quartier », lance l’un des participants. Du côté des bailleurs sociaux, on se veut rassurant. Présidente de Grand Lyon Habitat, Catherine Panassier parle volontiers d’un certain « savoir-faire » dans ce domaine. Au Château, LMH se donne 3 ou 4 ans pour reloger tout le monde.

Des réhabilitations lourdes

L’objectif est de diversifier l’offre de logements dans des secteurs où, historiquement, la part du logement social dépassait les 80 %. Des constructions neuves vont éclore sur les espaces libérés. 340 logements à la Sauvegarde, 180 au Château. « On ne reconstruira pas de logement social conformément au règlement général de l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) , précise le vice-président en charge de l’Aménagement urbain, Michel Le Faou.

L’autre volet concerne la réhabilitation de plusieurs ensembles. Ce sont des travaux conséquents (isolation thermique, rénovation des halls d’entrée, des cuisines et des salles de bains notamment), précise-t-on du côté de Grand Lyon habitat qui seront réalisés entre 2020 et 2025 sur six bâtiments de la Sauvegarde. Au Château, ces mêmes travaux seront réalisés à partir de 2020 sur les quatre tours d’Alliade Habitat (135 logements). Pour les habitants qui ont exposé leurs difficultés de vivre dans ces immeubles, ces travaux sont, on ne peut plus, attendus.

De nouveaux axes de circulation à la Sauvegarde

L’opération engagée à la Sauvegarde s’accompagne d’un aménagement de voiries pour mieux relier les bâtiments entre eux. Et si, du côté des riverains, on voit arriver d’un bon œil la création de nouveaux cheminements piétonniers, on s’inquiète du projet de maillage, l’idée, explique Michel le Faou, étant de supprimer les voies en impasse.

Construire des voies nouvelles à un moment où l’on veut réduire la part de la voiture en ville… Est-ce la bonne solution, interrogent-ils. « Aujourd’hui, c’est vrai on est un peu enclavé, mais on est à l’abri de la circulation automobile et c’est pas mal, expose l’une des participantes. Avec votre projet on va se retrouver coincé entre trois nouveaux axes de circulation. Regardez sur l’avenue Rosa-Parks, la circulation augmente d’année en année. En plus ces nouvelles voies risquent de bousiller les espaces verts », enchaîne son voisin. Du côté des élus, on évoque une voirie apaisée… Rassurant ?

Aline DURET

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