Urbanisme Lyon 7e : les habitants de Mazagran restent mobilisés pour préserver leur quartier

Les membres du collectif souhaitent « une ville mixte, active et productive, ainsi que des alternatives urbaines solidaires et ambitieuses ».  Photo DR
Les membres du collectif souhaitent « une ville mixte, active et productive, ainsi que des alternatives urbaines solidaires et ambitieuses ». Photo DR

Le groupe Habitons Mazagran se bat contre une rénovation urbaine qui s’opérerait sans eux et une spéculation qui transformerait le quartier en zone dortoir.

Le petit atelier de mécanique qui se tenait à l’angle des rues Saint-Michel et Chalopin sera bientôt rasé, au profit de promoteurs privés qui prévoient d’y construire un immeuble d’habitation. Un projet loin de faire l’unanimité : le collectif Habitons Mazagran, composé d’habitants du quartier et d’architectes, a ainsi protesté, mercredi dernier, contre ce qu’il dénonce comme un énième passage du « rouleau compresseur détruisant la Guillotière », à grands coups de « rénovations brutales ».

Le collectif milite pour des constructions durables

La rénovation urbaine du quartier Mazagran s’opère depuis déjà quelque temps, « sans concertation avec nous », déplorent les habitants. En cause : ces « îlots-couronnes » (immeuble entourant une cour ou un espace vert, selon le Plan local d’urbanisme) accusés de dénaturer le quartier.

« Nous sommes dans un secteur d’intérêt patrimonial », explique Antoine Begel, du collectif Habitons Mazagran. « L’atelier d’origine est un bâtiment bas. La vue est dégagée. Avec ce nouvel immeuble, on ne prend pas en compte l’aspect du quartier : ce mélange entre bâtiments bas et hauts crée pourtant une authentique richesse urbaine. »

« L’intérêt de ce quartier, c’est sa diversité »

Le collectif incrimine aussi une spéculation infernale expulsant les plus précaires et transformant le quartier en zone dortoir : « Des logements, il en faut ! Mais ce n’est même pas du social ! Au rez-de-chaussée, il n’y aura aucune activité. De notre point de vue, il est primordial de conserver les édifices issus d’une culture populaire et faisant partie de l’histoire de la ville, tout en préservant les populations en place. L’intérêt de ce quartier, c’est justement sa diversité. Et l’aménagement urbain suggère les rapports sociaux. »

Le collectif milite pour des constructions durables réutilisant l’existant et permettant notamment de nouveaux usages du patrimoine industriel. C’est le cas de l’établissement participatif Le Chat perché, situé dans un ancien entrepôt rue Salomon-Reinach. « Cela crée vraiment du lien dans le quartier », remarque une habitante.

Le sort de ce petit atelier, jadis occupé par un garage, n’est pas isolé : dans la rue d’en face, deux immeubles sont déjà sortis de terre.

« Nous espérons vivement qu’une mobilisation citoyenne permettra à la ville et à la métropole de se donner les moyens d’une politique urbaine ambitieuse afin que de tels projets n’aient plus cours dans la métropole lyonnaise », conclut Antoine Begel.

À la terrasse du café de la rue Saint-Michel, on profite des derniers rayons de soleil de la journée. « Avec cet immeuble supplémentaire, ça sera bientôt impossible, sourit tristement un des habitués. On ne verra même plus le ciel. »

De notre correspondante locale Elena JEUDY BALLINI

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