Auvergne Rhône-Alpes Trop de trains, pas assez de place : comment SNCF Réseau essaie de fluidifier le trafic

Les travaux de réfection du tunnel de Caluire ont eu lieu cet été.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Les travaux de réfection du tunnel de Caluire ont eu lieu cet été.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD

Mois après mois, par petites touches, la SNCF travaille sur le réseau ferré pour en améliorer la fluidité de l’étoile ferroviaire lyonnaise et ses 1200 trains quotidiens. Le point avec Thomas Allary, directeur régional de SNCF Réseau.

« En Auvergne Rhône-Alpes, chaque année, on injecte 750 millions sur le réseau : l’entretien, la rénovation de sections et des projets de développement », pose d’emblée Thomas Allary. Le directeur régional de SNCF Réseau, gestionnaire du réseau ferré national français, revient pour le Progrès sur les grands chantiers effectués et à venir.

Des « travaux invisibles » aux conséquences bien réelles

Thomas Allary dit avoir passé un bel été, « un bel été avec des chantiers pas forcément très visibles mais importants », glisse le directeur. Ainsi, la nouvelle signalisation entre Part-Dieu et Perrache, « goulot d’étranglement important dans l’étoile lyonnaise », a été mise en service, ce qui permet de raccourcir l’intervalle entre deux trains. « Pour l’usager, cela peut amener de la régularité », explique-t-il.

Un autre système a été mis en service pendant l’été : un module général automatique pour la protection des travaux. « C’est technique mais la conséquence, c’est qu’on peut gagner jusqu’à 1h pour mettre en place la protection des travaux au début de la nuit. On démarre nos travaux plus vite et on réduit le risque de les rendre en retard le matin ».

Et il y eut aussi les travaux dans le tunnel de Caluire , juste au nord de la Part-Dieu : voie refaite, soubassement équipé d’un tapis anti-vibratile pour limiter les nuisances et légère retouche du gabarit.

Part-Dieu : la voie L mise en service début 2022

Ce chantier, en revanche, est bien visible. La toute nouvelle voie de la gare de la Part-Dieu, la voie L (la douzième), devrait être mise en service au premier semestre 2022. « Je suis toujours extrêmement prudent sur ce chantier qui est d’une délicatesse et complexité énormes. Le chantier se fait sous circulation, le moindre grain de sable peut être un problème », tempère Thomas Allary. Quant aux nouveaux accès aux quais par l’avenue Pompidou, la date de 2023 tient toujours.

Ce chantier est capital dans la plus grande gare de correspondances de France, « totalement saturée avec une mauvaise régularité des trains ». Ce chantier est le plus visible des 32 opérations sur l’étoile ferroviaire lyonnaise , pour le plan 2015-2025.

« La voie L va contribuer à redonner de l’oxygène à la gare et une facilité d’exploitation qu’on avait perdue. Mais cela ne redonne pas de la capacité », explique Thomas Allary. cette période de travaux 2015-2025 permet en effet de rattraper le retard dans un secteur où le nombre de trains avait augmenté plus vite que les infrastructures.

Vers le RER à la Lyonnaise et au-delà

La prochaine phase de travaux, 2025-2035, sera nécessaire pour augmenter le nombre de trains et développer le RER à la Lyonnaise, brandi par les élus lors des élections métropolitaines et régionales. Même si les sujets sur ce projet vont au-delà des infrastructures (matériel roulant, billettique...).

Avec l’Etat, la Métropole de Lyon et la Région, SNCF Réseau travaille sur un programme d’études qui doit s’achever fin 2022. « Alors, nous dessinerons collectivement le programme d’aménagements et discuterons du financement pour les réaliser à partir de 2025. » Une nouvelle étape décisive pour améliorer la régularité des TER dans la région.

« Depuis début de l’année, elle tourne autour de 93 %. Il y a cinq-six ans (82 % en 2015), on ne pensait pas arriver aussi vite à ces chiffres. On a franchi des étapes », affirme Thomas Allary.

Jean-Philippe CAVAILLEZ

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