Rhône Fin du diesel à Lyon: ils veulent fédérer les mécontents

Lors du dernier pic de pollution dû aux particules, le 24 novembre.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Lors du dernier pic de pollution dû aux particules, le 24 novembre. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD

À la manœuvre, l’association 40 millions d’automobilistes qui appelle les usagers de la route à témoigner… Et à dire tout le mal qu’ils pensent de l’extension de la zone à faibles émissions (ZFE) aux véhicules particuliers.

Pierre Chasseray en rajoute une couche. Délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes et épouvantail anti-écolo, il avait dénoncé la surenchère des radars il y a quelques jours. Rebelote en ce début de semaine avec le lancement d’une page web spécifique baptisée « le ras-le-bol lyonnais ».

Objectif, recueillir les doléances des habitants de la Métropole opposés à la zone à faibles émissions (ZFE).

Extension aux particuliers d’ici 2026

Car ce dispositif interdira aux véhicules professionnels les plus polluants (camions, fourgons) l’entrée dans le périmètre (Lyon, Caluire et Villeurbanne) dès le 1er janvier 2021. Pour circuler, ils devront être munis d’une vignette Crit’Air 0, 1 ou 2.

Un premier pas qui préfigure l’élargissement de la mesure aux particuliers, comme l’a annoncé Bruno Bernard (EELV). Le patron de la Métropole envisage de ne laisser entrer dans la ZFE que les véhicules classés Crit’Air 0 ou 1 d’ici la fin du mandat en 2026, signant la fin de la circulation des voitures diesel dans Lyon.

 

 Lors d’un contrôle des vignettes Crit’Air à Lyon, en juillet dernier.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON
Lors d’un contrôle des vignettes Crit’Air à Lyon, en juillet dernier. Photo Progrès /Joël PHILIPPON

Les élus écologistes "demandent un engagement fort de l'État" sur la qualité dé l'air

Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon, Grégory Doucet, maire de Lyon, se sont entretenus avec Emmanuel Macron dans le cadre d'une réunion sur la transition écologique et les ZFE. Avec les maires de Strasbourg et de Grenoble, ils ont indiqué vouloir "déployer des zones de faibles émissions dont l’efficacité repose sur de nouvelles obligations légales" et notamment "la possibilité de mettre en place des radars à lecture automatique aux entrées des ZFE, seul moyen d’en assurer le respect."

Un « cahier de doléances »

D‘où l’ire de 40 millions d’automobilistes. « Peut-être ne pouvons-nous pas nous battre contre l’instauration de cette zone de restriction de circulation, puisque c’est la volonté de l’Europe, de l’État français et des autorités locales qui ont été élues par les Lyonnais, bien qu’aucune étude n’ait jamais démontré scientifiquement l’efficacité d’une ZFE en termes de réduction des émissions polluantes.

Mais ce qui nous semble vital, c’est que les citoyens soient étroitement associés à ce genre de décisions et aux modalités de leur mise en œuvre. C’est le sens de l’opération « Le ras-le-bol lyonnais » et de ce cahier de doléances mis à disposition des usagers de la route », affirme Pierre Chasseray, dans un communiqué.

 

« Proposer des aides financières suffisantes et accessibles »

Son association réclame davantage de concertation dans la mise en œuvre de la ZFE. La collectivité doit selon lui tenir compte « des besoins en mobilité de chacun et des contraintes des populations les plus précaires, mettre en place un calendrier qui accompagne la transition plutôt qu’il ne la force, proposer des aides financières suffisantes et accessibles, développer des offres de transports alternatifs efficaces… »

 

« On ne peut pas agglutiner tout le monde dans les transports en commun »

« On ne peut pas demander à un habitant de Meyzieu ou Saint-Priest de venir travailler dans le centre de Lyon à pied […] On ne peut pas agglutiner tout le monde dans les transports en commun, surtout lorsque l‘on tient compte du contexte sanitaire actuel.

On ne peut pas contraindre une famille qui a du mal à passer la fin du mois à remplacer son vieux monospace diesel par une petite citadine électrique neuve, sous peine de ne plus avoir le droit de circuler là où elle en a besoin », ajoute l’association qui prévient : après avoir été anonymisés, les messages recueillis sur leur site seront remis aux élus lyonnais.

Greenpeace réagit

Après l'annonce par le président de la métropole du Grand Lyon concernant la sortie progressive du diesel pour l’agglomération lyonnaise, Greenpeace a réagi.

"Pour faire sens, la mise en place d’une Zone à faibles émissions, rendue obligatoire par la loi pour les agglomérations les plus polluées, doit justement servir à établir un calendrier de sortie progressive du diesel et de l’essence : c’est indispensable, au regard de la responsabilité du trafic routier dans la pollution de l’air qui empoisonne nos villes. Et, rappelons-le, sortir des énergies fossiles est également incontournable pour protéger notre climat",explique dans un communiqué, Nicolas Burret, référent transports de Greenpeace Lyon.

Pour Greenpeace, il faut programmer et organiser cette "sortie des véhicules polluants" pour permettre "à l’ensemble des citoyen.ne.s de se préparer et d’être accompagné.e.s dans ce changement. Justement pour que cela se fasse le moins brutalement possible, notamment pour les plus fragiles". 

Avant de rappeler des chiffres sur la pollution de l'air, "responsable d’au moins 48 000 décès “prématurés” par an ou que trois enfants sur quatre en France respirent un air malsain, sans parler des condamnations dont la France fait l’objet pour le non respect systématique des normes de qualité de l’air dans ses grandes agglomérations comme Lyon".

Mais pour que cet objectif de sortie du diesel soit réalisable, il faut notamment, selon Greenpeace, des "aides à la transition pour les professionnels et les particuliers, notamment des aides financières, pour que personne ne soit laissé de côté et que chacun.e puisse continuer à se déplacer". 

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