Rhône Métro à Lyon: l’air trois à cinq fois plus pollué qu’à l’extérieur

Photo d'illustration Progrès/Joël PHILIPPON
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Jean-Charles Kohlhass, Bruno Bernard et Stéphane Socquet. Photo Progrès/Jean-Philippe CAVAILLEZ
Jean-Charles Kohlhass, Bruno Bernard et Stéphane Socquet. Photo Progrès/Jean-Philippe CAVAILLEZ
Photo d'illustration Progrès/Joël PHILIPPON Jean-Charles Kohlhass, Bruno Bernard et Stéphane Socquet. Photo Progrès/Jean-Philippe CAVAILLEZ

Selon des résultats divulgués en début de semaine, les particules fines proviennent essentiellement de l’usure du matériel roulant et du freinage des rames. Les usagers et les employés y sont exposés.

Dans les rames, dans les couloirs, sur les quais, l’air du métro lyonnais est vicié et chargé de particules fines. Bien plus que l’air de l’extérieur. « Trois à cinq fois » selon Stephane Socquet, directeur d’Atmo Auvergne Rhône-Alpes. « C’est similaire à ce qui a été observé sur d’autres réseaux » ajoute-t-il.

L’observatoire de la qualité de l’air dans la région a installé une station de mesure à la station Saxe-Gambetta (3/7e) et analyse les résultats depuis janvier 2020. 

Toutefois, s’appuyant sur une valeur guide (372 microgrammes  par m3) datant de 2001, l’air est officiellement considéré comme « satisfaisant » (124 microgrammes pour les PM10), même si la pollution y est supérieure par rapport à celle rencontrée dans la rue, quelques mètres plus haut.

 Usagers et employés exposés

Les particules, chargés en fer, proviennent essentiellement de l’usure du matériel roulant et du freinage des rames. Les usagers y sont exposés mais aussi les employés, qui travaillent plus longuement dans ce milieu confiné. Keolis, gestionnaire du réseau, communique à ce sujet avec ses employés depuis plusieurs années.

La pollution est plus élevée lors des heures de pointe, le matin et le soir, ainsi qu’en semaine par rapport au week-end (- 40%). 

 Des chiffres enfin communiqués

L’observatoire, le Sytral et la Métropole se sont décidés (enfin) à communiquer sur ces chiffres. Devant l’appareil de mesure, Bruno Bernard, président du Sytral et de la Métropole, a joué la transparence.

Les mesures étaient ainsi, dès lundi 30 novembre, à midi, accessibles sur le site d’Atmo et sur le site des TCL.

Quelles solutions ? 

Questionnée plusieurs fois à ce sujet ces derniers mois, la Métropole promettait de communiquer avant la fin de l’année. Chose faite. Bruno Bernard a annoncé qu’il allait travailler «  à faire diminuer ce niveau de pollution ». 

Il y a tout d’abord l’automatisation du Métro B avec l’arrivée de nouvelles rames l’an prochain avec un freinage électrodynamique. « Nous allons aussi installer des systèmes de captation dans les rames du métro A et du métro B et voir comment améliorer la ventilation des stations », a t-il indiqué. Le nettoyage des stations a également été évoqué.

A Paris, où des niveaux de pollution très importants ont été relevés (jusqu’à 10  fois la pollution de la rue selon le CNRS et l’association Respire), la région, en charge des transports, a décidé de réagir. Des dispositifs de captation et de purification d’air devraient être installés dans une vingtaine de stations en 2021.

Jean-Philippe CAVAILLEZ

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