Mobilité Arrêt de Bluely : quel avenir pour l’autopartage à Lyon ?

A sa fermeture, Bluely comptait 227 véhicules, 100 stations et 10 700 abonnés.  Photo Maxime JEGAT
A sa fermeture, Bluely comptait 227 véhicules, 100 stations et 10 700 abonnés. Photo Maxime JEGAT

Au 31 août, Bolloré cessait l’activité d’autopartage électrique Bluely à Lyon par manque de rentabilité. Quelles sont les conséquences pour ses abonnés et le marché de l’autopartage à Lyon ?

Pourquoi cet arrêt ?

Après Autolib à Paris, Bolloré arrête son service d’autopartage électrique Bluely à Lyon, au 31 août. En cause : un manque de rentabilité. Le service, créé en 2013, comptait 227 véhicules, 100 stations dans la métropole réparties dans 10 communes et 10 700 abonnés. «A Paris, c’était 4000 véhicules, 1100 stations dans 100 communes d’Ile-de-France, et 150 000 abonnés, indique-t-on chez Bolloré. Donc l’arrêt d’Autolib a remis en cause le modèle et le maintien du service dans les autres villes. Les économies d’échelle, notamment avec le service informatique centralisé, n’étaient plus assurées. Le confinement a fini de nous mettre en difficulté. Même si c’est compliqué de calculer un seuil de rentabilité car cela dépend du maillage, de la localisation des emplacements, en dernier ressort, tout repose sur le taux d’utilisation, c’est-à-dire sur le nombre de fois que l’abonné utilise le service par jour.»

Que contenait le contrat signé avec la Métropole ?

Contrairement à Autolib, Bluely n’était pas une délégation de service public, où la collectivité payait un prestataire. Ici, c’est une initiative entièrement privée. Bolloré a signé la charte Autopartage édictée par le Grand Lyon pour pouvoir créer son activité et utiliser la voirie, moyennant une redevance de 100 euros par an et par emplacement et 1,5% du chiffre d’affaire hors taxe de l’année précédente. Tous les investissements, de l’ordre de 20 millions d’euros, ainsi que les risques commerciaux, étaient à l’entière charge de Bolloré. Le groupe pouvait donc cesser son activité à tout moment.

Comment sont pris en charge les abonnés ?

La fermeture du service Bluely a été annoncée aux abonnés le 30 juillet 2020. A compter de cette date, le service a stoppé toute nouvelle prise d’abonnement et toute finalisation d’abonnement. «L’utilisation du service d’autopartage Bluely nécessitait uniquement une inscription sans engagement pour les particuliers, précise Bolloré. Les abonnés ne sont donc pas soumis à des mensualités. Ils payent la location à la minute. Pour les abonnés « pros », qui payent une échéance mensuelle s’ajustant automatiquement à leur consommation, des remboursements au prorata temporis de leur consommation seront effectués. Pour les abonnés qui n’utilisaient le service que pour la recharge de leur véhicule (5€/mois), ces mensualités leur sont offertes depuis le jour de l’annonce, soit le 30 juillet.»

Que vont devenir les bornes et les véhicules ?

Selon les termes de la convention entre Bolloré et la Métropole, l’entreprise doit remettre la voirie dans l’état où elle l’a trouvée. Logiquement, elle devrait retirer ses bornes, dont elle est propriétaire. «Pour l’instant, nous attendons les consignes de la Métropole. Nous pouvons les retirer ou les laisser». La Métropole, passée aux mains des Verts, entend en effet proposer une alternative. Elle est déjà en discussion avec Izyvia, filiale d’EDF , pour éventuellement reprendre les bornes. Propriétaire d’un réseau de 100 000 bornes en Europe, elle déploie en ce moment 631 points de charge dans 170 stations sur l’ensemble des communes de la Métropole. A ce jour, 26 stations sont déjà en service.

Quant aux véhicules, là encore l’expérience Autolib est éclairante. A la fin du service, les véhicules ont été rachetés par des garagistes pour les revendre aux particuliers, qui pouvaient recharger eux-mêmes les batteries à leur domicile. « C’est un beau succès. Nous espérons la même chose à Lyon. »

Fahiya HASSANI

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