Transports A Lyon, le trafic routier est-il vraiment au point mort ?

Le trafic à l’entrée nord de Lyon sur l’A6 ce mercredi matin.  Photo Progrès /Joel PHILIPPON
Le trafic à l’entrée nord de Lyon sur l’A6 ce mercredi matin. Photo Progrès /Joel PHILIPPON

Depuis le 17 mars, début du confinement, la circulation dans l’agglomération lyonnaise est en chute libre. Une baisse de l’ordre de 70 à 85% selon les axes. Voici les chiffres.

Le confinement est-il synonyme, comme on s’y attend, de circulation à l’arrêt ? Presque. Vincent Martinier est « plutôt habitué à parler bouchons ». « Mais depuis le 15 mars, nous sommes en mode décongestionné », sourit le directeur de la communication de TomTom, spécialiste mondial des systèmes de navigation.

Grâce à une immense base de données, des informations anonymisées remontées en temps réel par les équipements TomTom (600 millions de véhicules dans le monde, 1 voiture sur 6 en France faisant remonter des données), il a une vision claire du trafic en temps réel, l’Index Tom Tom.

« À Lyon, c’est assez spectaculaire »

« Cela nous permet en ce moment de voir comment et à quelle vitesse les villes ont adopté le confinement. À Lyon, c’est assez spectaculaire. À Madrid, ça l’est encore plus. Cela n’a pas été le cas à Londres ou Amsterdam. Alors, oui, il y a toujours un trafic résiduel : professionnels de santé, actifs, services de secours, transports en commun… Mais c’est très évident que c’est du jamais vu », assure Vincent Martinier, qui a accès à quatre fois moins de données qu’avant confinement.

Un relâchement ?

Pendant les premières semaines après le 17 mars, le taux de congestion plafonnait à 7 % lors des heures de pointe. En somme, il fallait 7 % de temps en plus pour faire un trajet par rapport au temps optimal. « C’est anecdotique. Cela veut dire qu’au lieu d’être à 50 km/h, on est à 47 km/h », explique Vincent Martinier, indiquant que ce taux pouvait atteindre 70 % avant le confinement. Ces derniers jours, le taux de congestion est parfois monté à 11 %. Signe d’un relâchement ?

« Dès le départ, le trafic a plongé et cela reste très bas. Cela ne donne pas l’impression d’un relâchement », estime Pierre Soulard, responsable du service mobilité urbaine à la Métropole de Lyon. Cet état des lieux est confirmé par les chiffres de la collectivité. Alors que les pics surviennent aux mêmes heures (8 h du matin, 17 heures), le trafic des véhicules légers a baissé de 77 % la semaine du 23 mars et 75 % la semaine suivante. « Et jusqu’à 85 % sur certains axes, comme le BPNL (Boulevard Périphérique Nord de Lyon) », ajoute Pierre Soulard. Les graphiques indiquent que la circulation n’est pas repartie à la hausse ces derniers jours.

 La M7, vide de véhicules pendant le confinement. Photo Progrès /Maxime JEGAT
La M7, vide de véhicules pendant le confinement. Photo Progrès /Maxime JEGAT

Le périphérique, de 180 000 véhicules… à 30 000

Si l’on prend des axes très fréquentés, il n’y a plus que 20 à 30 000 véhicules/jour sur le boulevard périphérique Laurent-Bonnevay contre 180 000 habituellement. Seulement 17 à 20 000 sur la M7 à Perrache contre 120 000 en temps normal. Un fossé. Sur d’autres axes, la baisse est moins forte, comme sur la rocade Est, où le trafic a diminué « seulement » de 64 %. Et cela en raison de la présence des poids lourds (-38 % pour eux), qui poursuivent leur travail d’approvisionnement.

« Les axes en hypercentre sont encore plus vides que les grands axes de l’extérieur. Les gens se déplacent autrement, et font, comme il leur est demandé, des déplacements plus courts lors du confinement », ajoute le spécialiste de la mobilité urbaine.

De 11 à… 3 minutes pour arriver au tunnel de Fourvière

Pour illustrer ce gouffre de circulation, nous avons demandé à Tom Tom de calculer un trajet bien connu des Rhodaniens. La traversée du tunnel sous Fourvière. Entre le pont de la Mulatière et l’entrée du tunnel de Fourvière à 8 heures du matin, avant le confinement, il fallait près de 11 minutes, à 20 km/h de moyenne, pour faire les 3,6 km. Depuis le confinement, les automobilistes mettent… trois minutes, à 70 km/h de moyenne.

Jean-Philippe CAVAILLEZ

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