Transports Téléphérique entre Francheville et Gerland : pas si simple à réaliser

A Grenoble, le téléphérique relie le centre-ville à la colline de la Bastille. Photo DL/Jacques MOUGINOT
A Grenoble, le téléphérique relie le centre-ville à la colline de la Bastille. Photo DL/Jacques MOUGINOT

Le Sytral a présenté un rapport sur le transport par câble dans l’agglomération lyonnaise. Dix liaisons ont été étudiées. Ce mode de transport présente des avantages. Mais il est complexe à aménager dans des zones densément peuplées. Aucune décision n’est prise.

« Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain. »

Cette citation de Victor Hugo pourrait très bien s’appliquer au projet de téléphérique urbain.

Un dossier que le syndicat des transports en commun de l’agglomération lyonnais (Sytral) vient de ressortir des cartons, parmi bien d’autres possibilités existantes (navette fluviale, métro, tram, bus).

« L’objectif [est] de faire le point sur les études de tous les modes pour affiner une vision stratégique et anticiper les déplacements de demain et le futur plan de mandat du Sytral », soulignait récemment Fouziya Bouzerda, la présidente (MoDem) du Sytral.

En arrière-plan, notamment : la croissance de la population de la Métropole.

« Le câble répond à la demande »

Concernant le téléphérique urbain, une dizaine de liaisons ont été étudiées. Trois se détachent sensiblement.

La première permettrait de couvrir 8 kilomètres en une trentaine de minutes entre Rillieux et le parc OL à Décines. Potentiel de voyages par jour ? Seulement 800 à 2 500. Quant au coût de construction, il atteindrait 150 millions d’euros.

La deuxième liaison ferait survoler Cuire et le 4e arrondissement de Lyon pour rallier la gare de Vaise en une petite douzaine de minutes. « On va peut-être creuser plus, mais ça ne fait pas partie des priorités qui s’imposent à nous », a commenté Fouziya Bouzerda.

Le scénario jugé le plus pertinent est celui qui envisage de relier Francheville à Gerland, en passant par Sainte-Foy-lès-Lyon, La Mulatière et le quartier de Confluence à Lyon. « Le câble répond à la demande du secteur avec des connexions efficaces », estime la présidente du Sytral.

4 000 voyages par jour, sept stations sur 6 kilomètres couverts en moins de 20 minutes… Ce serait imbattable. Sauf en termes de prix, estimé en l’occurrence à 210 millions d’euros.

Surgiraient aussi d’autres obstacles dans ces zones habitées. « C’est complexe, même si on explique que les cabines ont un système de floutage quand elles passent au-dessus d’habitations pour en protéger l’intimité », précise l’élue. Et d’ajouter : « Il y a aussi les pylônes et les stations à poser ».

Ce mode de transport a des atouts mais reste cher (autant que le tramway, mais pour beaucoup moins de voyageurs transportés).

Il faudra donc une volonté politique forte pour aller plus loin.

Au cours du prochain mandat, il est prévu de développer les transports en commun. Mais ce ne sera pas forcément du téléphérique.

« Il s’agit là de pré-analyses, ce n’est pas encore de la faisabilité, il faudra d’autres études plus poussées », prévient Fouziya Bouzerda.

Frédéric GUILLON

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