TRANSPORTS Pourquoi la navette S1, pourtant plébiscitée, est si souvent détournée

De manière fréquente, la navette S1 fait demi tour au niveau de l'Hôtel de Région-Montrochet et ne dessert pas les trois dernières stations au terme de son trajet en raison des double-files au niveau de la Sucrière, Confluence Rambaud, où elle ne peut pas faire demi-tour. Photo Progrès /Nadine MICHOLIN
De manière fréquente, la navette S1 fait demi tour au niveau de l'Hôtel de Région-Montrochet et ne dessert pas les trois dernières stations au terme de son trajet en raison des double-files au niveau de la Sucrière, Confluence Rambaud, où elle ne peut pas faire demi-tour. Photo Progrès /Nadine MICHOLIN

Elle relie Saint-Paul (5e ) à la Confluence-Rambaud (2e ). Fréquemment déroutée en raison de travaux ou manifestations en Presqu’île, cette navette électrique accuse des retards importants, voire ne dessert pas certains arrêts, au grand dam des usagers.

Habitants ou travailleurs du 2e  arrondissement, personnes âgées, familles, la S1 dessert toute une palette d’usagers depuis 2011, à raison de 2500 voyages en semaine.

Les fidèles de la première heure et les chauffeurs se saluent, échangent quelques mots, voire se tutoient, dans une ambiance courtoise et bon enfant.

Pourtant, le trajet de la navette S1, qui dessert tous les jours de 7 heures à 20 h 30 au fil de 24 arrêts la gare Saint-Paul jusqu’à la Confluence-Rambaud, n’est pas un long fleuve tranquille.

Entre les manifestations, les grèves en Presqu’île, les tests de piétonnisation, les livraisons le matin, les travaux aux Terreaux, à Ampère Victor Hugo… et autres interventions récurrentes sur la chaussée, il est fréquent qu’elle soit détournée, qu’elle accuse un retard important dépassant les 20 minutes, voire qu’elle ne desserve pas du tout certains arrêts, au grand dam des usagers.

« Il nous arrive parfois de mettre 25 minutes pour desservir la rue Edouard-Herriot»

Cerise sur le gâteau, l’installation des bacs linéaires verts le 9 septembre dernier sur le couloir qu’elle empruntait rue Edouard-Herriot pénalise son trajet : « Il nous arrive parfois de mettre 25 minutes pour desservir la rue Edouard-Herriot (5 arrêts de Bellecour aux Terreaux) en raison des bouchons », observe ce chauffeur de la ligne S1, dont la durée totale du trajet est estimée à 31 minutes. « Et franchement, avec la mise en place du double sens cyclable , c’est un miracle si on parvient à ne pas écraser un cycliste ou une trottinette. »

Autre point noir : il arrive que les trois stations Montrochet, La Sucrière et Confluence-Rambaud ne soient pas desservies. Sans crier gare, les chauffeurs font demi-tour à hauteur d’Hôtel de Région-Montrochet : « Nous ne pouvons pas aller au bout de notre trajet car les automobilistes se garent en double file au niveau de la Sucrière. Non seulement, on n’arrive pas à se croiser mais on ne parvient pas à faire demi-tour », explique le conducteur.

« Ce sont les élus qui décident de l’emplacement des arrêts »

Pour Colette Olivero, présidente de «Réagir-L’Enfant et la rue», la coupe est pleine. Elle devait monter au créneau mercredi lors du Comité d’initiative et de consultation d’arrondissement (CICA) à la mairie du 2e, parce que « ce sont les élus qui décident de l’emplacement des arrêts ».

La présidente déplore le manque de fréquence de cette navette de 12 minutes en journée, l’absence de compensation financière prévue en cas d’incidents divers.

Enfin, elle aimerait que l’on puisse, sur un signe de la main, emprunter la S1 entre les arrêts comme cela se fait à Chambéry.

Nadine MICHOLIN

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