TRANSPORTS Le «nudge», ce coup de pouce qui facilite la vie à Lyon

Ces petits messages vous encouragent à utiliser l’escalier plutôt que l’escalator. Photo Progrès/Maxime JEGAT
Ces petits messages vous encouragent à utiliser l’escalier plutôt que l’escalator. Photo Progrès/Maxime JEGAT
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Ces petits messages vous encouragent à utiliser l’escalier plutôt que l’escalator. Photo Progrès/Maxime JEGAT Photo Progrès/Maxime JEGAT Photo Progrès/Maxime JEGAT

Cette méthode vise à changer les comportements dans les espaces collectifs, en particulier les gares et le métro. C’est le but des aménagements créés à la station Part-Dieu par le Sytral sur les conseils de Nicolas Fieulaine, chercheur à l’université Lyon 2. Ce spécialiste du «nudge» travaille sur d’autres projets.

S’il désigne plutôt un «coup de coude», le terme anglais «nudge» est souvent traduit par «coup de pouce».

«C’est un peu des deux… l’idée est d’envoyer un encouragement, créer une complicité», explique Nicolas Fieulaine, chercheur en psychologie sociale à l’Université Lyon 2 où il a créé le master de «Psychologie sociale appliquée». Issue des sciences comportementales, la théorie du «nudge» vise à changer un comportement sans contraindre.

«En fait, c’est plutôt une méthode car c’est une synthèse de théories parfois contradictoires. L’idée est d’améliorer l’environnement, la qualité des informations afin de faciliter certains comportements ou plus exactement lever des freins à des comportements positifs», précise Nicolas Fieulaine.

Rendre l’expérience du transport public «moins irritante»

Les pouvoirs publics s’y intéressent pour réduire l’incivilité, préserver l’environnement, améliorer la santé publique… Mais c’est dans les transports en commun que le nudge commence à se voir le plus.

Tandis que la SNCF a réaménagé des gares franciliennes  ; à Lyon, le Sytral a relooké la signalétique de la station de métro Gare Part-Dieu avec l’aide de Nicolas Fieulaine. Objectif : améliorer la gestion des flux de passagers en limitant les erreurs d’orientation et en incitant les usagers à prendre l’escalier plutôt que l’escalator.

«Au départ, le Sytral pensait que c’était facile de se repérer… Et puis, ils ont regardé les gens et vu que 20 % hésitaient sur la direction à prendre. Cela créer des problèmes car ça énerve les gens individuellement mais aussi collectivement!», explique le chercheur.

Mieux orienter les usagers, c’est donc aussi «rendre l’expérience du transport public un peu moins irritante». Un enjeu de taille face à l’urgence environnementale.

Mais le nudge reste un «coup de pouce». Il ne peut se substituer à de lourds investissements : un métro climatisé et des tramways plus fréquents inciteront davantage les citadins à délaisser la voiture que quelques messages sympathiques.

Une évaluation scientifique

Pour autant, le nudge n’est pas non plus un gadget. «À chaque fois, on ne sait pas si ça va marcher mais chaque projet est évalué scientifiquement», souligne Nicolas Fieulaine.

À la Part-Dieu, des capteurs mesureront pendant quatre mois si les aménagements changent durablement les comportements. C’est ce qu’avait constaté le psychologue lors d’une précédente expérience à la station de la Guillotière.

Si l’évaluation de la Part-Dieu est concluante, les «nudges» pourraient être étendus à d’autres stations de métro notamment Saxe Gambetta et Charpennes mais aussi appliqués à d’autres usages comme la sécurité, la propreté et le civisme.

Sylvie MONTARON

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