TRANSPORTS Ils planchent sur un téléphérique pour traverser la ville

Voilà à quoi ressemblerait ce téléphérique nouvelle génération.  Crédit image UP/Eiffage/RATP/POMA/Out
Voilà à quoi ressemblerait ce téléphérique nouvelle génération.  Crédit image UP/Eiffage/RATP/POMA/Out

Pourquoi ne pas prendre un peu de hauteur, surtout lorsqu’on doit traverser des fleuves ou grimper des collines. A l’École Centrale de Lyon, des chercheurs contribuent à mettre au point un téléphérique plus adapté au paysage urbain.

Des moyens rapides, efficaces, propres pour se déplacer dans la ville. On en cherche, d’autant plus quand on manque d’air sain. À l’École centrale, sur le campus d’Ecully, trois chercheurs s’appliquent, depuis quatre ans, à développer un modèle de téléphérique plus performant que les lignes développées en montagne.

Selon Louis Jézéquel, professeur de mécanique impliqué dans ces recherches, ce téléphérique innovant est désormais opérationnel. Il est soutenu par le consortium de recherche I2TC, constitué d’entreprises comme Eiffage, la RATP, POMA ou encore la Région Auvergne-Rhône-Alpes ainsi que trois établissements d’enseignement supérieur, consortium qui se dit prêt à répondre aux appels d’offres.

Levée de verrous

Selon Louis Jézéquel, ce modèle innoverait à plusieurs égards. « On atteindrait une vitesse supérieure à 20 kilomètres/heure, qui est celle d’aujourd’hui. Les virages et les embranchements seraient facilités. Des techniques de désolidarisation des cabines sont prévues pour des flux importants » indique-t-il. Les ingénieurs de Centrale ont aussi réduit les nuisances sonores liées aux vibrations et conçu un système d’isolation permettant de voyager paisiblement dans la cabine, d’une vingtaine de places.

Il reste le problème de l’insertion dans le paysage urbain… Et celui des habitations survolées. Ici aussi, les scientifiques ont travaillé. Dans les cabines de ce téléphérique moderne les vitres s’occulteraient à certains moments du trajet.

« Avec des pylônes espacés de 200 mètres et de 16 mètres de haut, en forme de huit, l’emprise au sol est réduite » poursuit Louis Jézéquel. Des sociologues ont même été sollicités pour apporter leur expertise sur l’acceptation des citadins

Les cabines aériennes ont le vent en poupe

Dans le monde, moins d’une centaine de villes ont déjà développé une liaison téléphérique, mais il y aurait bien plus de projets lancés. En France, hors usage touristique la ville de Brest a ouvert sa ligne en novembre 2016, mais son téléphérique a été souvent arrêté depuis. Toulouse lui a emboîté le pas. D’ici fin 2020, son université sera reliée par cabine au pôle médical. Après plusieurs projets avortés, Grenoble envisage un Métrocâble pour 2023.

À Lyon, l’idée a été plusieurs fois avancée dans des sphères politiques et économiques. La liaison entre le centre-ville et la colline de Fourvière est souvent présente dans ces hypothèses, mais surgit aussi une proposition de télécabine entre le sud-ouest de l’agglomération lyonnaise et le quartier Confluence. Pour l’heure, rien n’a jamais été mis en œuvre et le Plan de déplacements urbains, voté fin 2017 pour une période allant jusqu’à 2030, ne prévoit pas ce type de transport.

Muriel FLORIN

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