Transport Prolongement du métro B au sud d'Oullins: un chantier hors norme

Les trois pièces qui formeront la "jupe" sont arrivées sur le chantier.  Photo Progrès /Laureline Pinjon
Les trois pièces qui formeront la "jupe" sont arrivées sur le chantier.  Photo Progrès /Laureline Pinjon
Les trois pièces qui formeront la "jupe" sont arrivées sur le chantier.  Photo Progrès /Laureline Pinjon

Dans la nuit de jeudi 8 à vendredi 9 août, des camions ont livré les premières pièces de l’engin qui creusera le tunnel de 2,5 kilomètres jusqu'à Saint-Genis-Laval. Le forage devrait commencer à la fin de l'année.

Dans la nuit du 8 au 9 août, un convoi exceptionnel a livré la première pièce, appelée «jupe» sur le chantier du métro B, chemin du Grand-Revoyet à Saint-Genis-Laval. Le tunnelier géant est encore loin de pouvoir se mettre en marche. L'assemblage de ses nombreux éléments demandera plusieurs semaines. 

Une «jupe» de 120 tonnes

La partie qu’on appelle la « jupe » est un cylindre sur lequel sera fixé la « roue de coupe » qui creusera la terre. Vers minuit quarante-cinq, les camions ont déchargé leur cargaison avec un quart d’heure d’avance sur l'horaire prévu. Partis d'Italie, avec une pause en Isère, ils ont été accueillis par un ingénieur matériel, l’opérateur du portique et un superviseur d’ Herrenknecht , une entreprise allemande leader mondial de la fabrication de tunneliers. « On se rend enfin compte de la taille. C’est un gros bébé quand même! », ironise Hadrien Nicolas, chef de projet, en parlant des pièces pesant chacune entre 35 et 40 tonnes. Ce chantier marque une étape importante pour le jeune ingénieur diplômé il y a un an : « C’est mon premier projet. C’est vraiment riche, à la fois humainement et techniquement. »

Assemblage imminent

Les trois pièces de la « jupe » ont commencé à être assemblées dès la semaine dernière. Pendant un mois maximum, des équipes de quatre personnes vont se relayer pour les souder entre elles. Posées et ajustées sur un « marbre de soudure », armature surélevée, la « jupe » adoptera alors sa forme finale. Les trois arcs de cercle actuels se transformeront en structure cylindrique, aux allures de bobine creuse.

 Les trois pièces assemblées formeront la "jupe".   Photo Progrès /Laureline Pinjon
Les trois pièces assemblées formeront la "jupe".   Photo Progrès /Laureline Pinjon
 Chaque pièce pèse entre 35 et 40 tonnes.   Photo Progrès /Laureline Pinjon
Chaque pièce pèse entre 35 et 40 tonnes.   Photo Progrès /Laureline Pinjon
 La soudure des trois pièces durera entre trois et quatre semaines.   Photo Progrès /Blanche Ponchon
La soudure des trois pièces durera entre trois et quatre semaines.   Photo Progrès /Blanche Ponchon
 Le «marbre de soudure» permettra de relier les trois pièces.   Photo Progrès /Blanche Ponchon
Le «marbre de soudure» permettra de relier les trois pièces.   Photo Progrès /Blanche Ponchon
 Les trois pièces assemblées formeront la "jupe".   Photo Progrès /Laureline Pinjon  Chaque pièce pèse entre 35 et 40 tonnes.   Photo Progrès /Laureline Pinjon  La soudure des trois pièces durera entre trois et quatre semaines.   Photo Progrès /Blanche Ponchon  Le «marbre de soudure» permettra de relier les trois pièces.   Photo Progrès /Blanche Ponchon

A quoi cela va-t-il ressembler ?

Arrivée progressive des autres pièces

Le 28 août, la « roue de coupe » - qui viendra s'encastrer dans cette «jupe» - arrivera à son tour. Pièce principale du tunnelier, ce disque grignotera le sous-sol pour former le tunnel. Son diamètre est de 9,755 mètres. La machine sera par la suite assemblée sous terre. Sa longueur sera de 122 mètres - celle d'un terrain de football. Les travaux devraient commencer à la fin de l'année pour s’échelonner sur douze mois.

Si tout va bien, le métro B pourra circuler entre Charpennes et Hôpitaux Sud (et vice-versa) à partir de l’été 2023. En attendant, une maquette de l’engin est à découvrir à la Maison du projet à Oullins. Le coût du prolongement du métro B est estimé à 391 millions d’euros. Le Sytral, autorité organisatrices des transports en commun dans la Métropole, prendra en charge la quasi intégralité du financement et l'Etat, 6,6 millions d'euros.

Un mur antibruit pour limiter les nuisances sonores

Philippe Liotard, Photo Progrès / Blanche Pochon
Philippe Liotard, Photo Progrès / Blanche Pochon

Philippe Liotard, responsable matériel en travaux souterrains, travaille sur des chantiers de tunnels depuis dix-huit ans. Il a découvert vendredi matin les trois pièces de la « jupe ». 

Que représente pour vous l’arrivée de ces nouvelles pièces ?

« La réception est une phase importante. Après une année de préparation, d’études et de construction, quand les premières pièces arrivent, c’est qu’on avance vraiment sur le chantier. Les autres éléments du tunnelier vont être acheminés jusqu’au mois d’octobre. L’étape la plus marquante sera sans doute la venue de la dernière pièce du bouclier, la roue de coupe [N.D.L.R. - le 28 août, selon les prévisions]. »

Quelle est la particularité de ce chantier ?

« J’en suis à mon neuvième tunnel. J’en ai fait en France et à l’étranger. Chaque tunnelier est unique et adapté au projet. Ici, sur le prolongement du métro B, c’est particulièrement complexe. Notamment avec les sols composés en grande partie de granit, avec en plus des strates de galets issus de l’ancienne vallée glaciaire. »

Comment réagissent les riverains des alentours ?

« Il y a plusieurs habitations à proximité du chantier. Un mur antibruit a été disposé sur le côté « est » pour réduire l’impact des nuisances sonores. Le site est fermé au public par mesure de sécurité. Mais des entreprises ou des associations nous rendent tout de même visite de temps en temps. »

Laureline PINJON et Blanche PONCHON

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