Transports Contre le vandalisme, Indigo Weel investit dans de nouveaux vélos

Mille unités de ces nouveaux vélos seront déployées d’ici à la fin du mois d’avril.  Photo Indigo
Mille unités de ces nouveaux vélos seront déployées d’ici à la fin du mois d’avril. Photo Indigo

Pour enrayer le vandalisme et combattre les mauvais usages, l’entreprise fait évoluer ses vélos partagés et son parcours client.

Depuis quelques jours, l’entreprise de location de vélos en libre-service Indigo Weel a déployé une première vague de montures « nouvelle génération » à Lyon. À terme, « ces vélos plus robustes », installés par fournées de 100, constitueront l’intégralité d’une flotte forte de 2 500 unités actuellement.

Pourquoi ? « Sur 2018, nous avons fait deux constats. D’une part, la mobilité en free-floating fonctionne. En revanche, nous avons des problèmes de vandalisme et de stationnement des vélos », explique Jean Gadrat, le directeur général d’Indigo Weel.

« Affronter des conditions de rue difficiles »

Côté lumière, Indigo Weel a donc atteint ses objectifs avec « quatre à cinq rotations par vélo et par jour ». Côté obscur, la flotte a subi un niveau de vandalisme très important, de l’ordre de 30 %. « On a réparé de nombreux vélos, on en a mis d’autres au rebut, en récupérant des pièces », explique le DG. D’autre part, la question de l’occupation de l’espace public a posé problème avec un stationnement des vélos parfois anarchique.

Fort de cette première année d’exercice, Indigo Weel a décidé d’évoluer, envoyant aussi un signal fort. Alors que certains opérateurs ont jeté l’éponge, à Paris notamment, la compagnie s’inscrit dans la durée. « Moi, cela fait huit mois que j’améliore “mon” vélo pièce par pièce. Si on arrive à proposer un vélo de qualité, qui soit prêt à affronter des conditions de rue difficiles, ça marchera », garantit Jean Gadrat.

En finir avec le stationnement anarchique

Quelles sont les nouveautés ? Des roues à bâton composées d’un alliage d’aluminium et de magnésium, un nouveau cadenas connecté et un panier en plastique souple, équipé d’un support adapté aux smartphones. « L’ancien panier était fragile et certains le cassaient en s’asseyant dessus », détaille le DG, qui espère une durée de vie de trois ans pour cette nouvelle version.

L’autre évolution concerne le parcours client, visant à inciter les usagers à respecter certaines règles de stationnement. « Sur ce point, on ne peut pas se défausser, assure Jean Gadrat. Il faut qu’on soit actif. » Il y a un mois, Indigo Weel a décidé d’accrocher ses vélos aux arceaux, passant du « free floating » au « semi-floating ». La société demande désormais à ses utilisateurs de prendre une photographie du vélo afin de terminer chaque location. Les clients sont invités à stationner sur les parkings référencés sur l’application mobile. Et s’ils ne le font pas, « nous pourrons les inciter à mieux se comporter ». La compagnie imagine toujours récompenser les clients modèles.

Mais, il y a un revers. Depuis que la compagnie a décidé d’investir les arceaux, pour éviter les conflits sur les trottoirs, certains cyclistes se sont retrouvés parfois démunis devant des équipements saturés. « Nous savons que certains arceaux sont sous tension, reconnaît Jean Gadrat. Nous travaillons avec la mairie, la Métropole, mais aussi l’association Lyon à vélo, en mettant nos données à disposition pour voir où il y a des besoins en arceaux. »

30 %

Faisant le point sur l’année 2018, Jean Gadrat assure que 30 % de la flotte lyonnaise, soit environ 700 vélos, ont été victimes de vandalisme.

Jean-Philippe CAVAILLEZ

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?