TRANSPORTS Trottinettes électriques : la course du libre-service

Photos Maxime Jegat et Timisace
Photos Maxime Jegat et Timisace

Alors que la firme américaine Lime cartonne depuis septembre avec ses trottinettes électriques vertes et blanches, les engins de la start-up suédoise VOI débarquent ce lundi dans la presqu’île.

D’abord, depuis le 28 septembre dernier, il y a Lime. La start-up californienne a déployé ses trottinettes électriques dans les rues de Lyon, et le concept, depuis, fait un carton : 500 000 trajets ont été réalisés depuis le lancement des engins verts -soit vingt fois le tour de la terre en quatre mois !

Quelque 75 000 personnes utilisent ce nouveau moyen de transport, ce qui représente 10 % des Lyonnais et Villeurbannais.

Mais le succès créant l’émulation, Lime n’est plus tout seul sur ce marché lyonnais. Ce lundi, la firme US a une concurrente : après avoir fait ses armes dans plusieurs villes scandinaves et espagnoles, puis à Paris, la jeune start-up suédoise VOI débarque dans la capitale rhônalpine, où elle va déployer une flotte, dans la presqu’île pour commencer, de cent à deux cents trottinettes électriques -un secteur dont elle est le leader européen.

Le principe, pour les usagers, est le même dans les deux cas : on se crée un profil sur l’application de l’un ou de l’autre opérateur, et on débloque la trott’que l’on trouve n’importe où sur le trottoir. Les tarifs sont aussi identiques : le déverrouillage coûte 1 euro, puis la minute est facturée 15 centimes.

La course du libre-service est donc lancée à Lyon. Même si on ne l’admet qu’à demi-mot chez Lime, où on assure que « la qualité opérationnelle permettra à chacun de vivre ».

Le discours est moins feutré du côté de VOI : selon Lucas Bornert, manager général en France, les deux entreprises sont « en mesure de se confronter. On grandit vite. On affiche l’ambition de se développer dans toute l’Europe et de rester leaders ».

Et d’ajouter, offensif : « Nous sommes en discussion avec plusieurs autres villes françaises et européennes que je ne peux encore dévoiler. Nous venons de lever 50 millions de dollars (NDLR : 43,8 millions d’euros). Plusieurs investisseurs européens ont participé au tour de table, parmi eux figure le cofondateur et directeur général de BlaBlaCar ».

La différence entre Lime et VOI, selon le responsable France de la société scandinave ? « Nous sommes favorables à la limitation du nombre de trottinettes électriques en ville. On pousse pour encadrer le nombre d’opérateurs. On milite pour une charte avec la ville de Lyon. C’est notre ADN. Grâce à notre application, on éduque les utilisateurs. Notre notice comporte des recommandations telles que ne pas téléphoner en même temps que l’utilisation. Dans chaque ville, nos membres éduquent. On réalise aussi des opérations avec distributions gratuites de casques, car on recommande d’en mettre un. On pousse vers un respect et une utilisation responsable ».

Chez Lime, on prône plutôt le déploiement massif, avec « 750 engins opérationnels par jour à Lyon », comme l’estime Antoine Bluy, le responsable local. « On a augmenté notre parc en fonction de l’usage. La Presqu’île, les quais, les grands axes tels que le cours Gambetta sont très sollicités. Cet hiver, malgré le froid, nous avons bouclé nos deux meilleures semaines en janvier. On attend avec impatience les beaux jours ».

A ce moment-là, la course des trottinettes électriques en libre-service battra peut-être son plein à Lyon.

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