Transport Depuis six mois, le nouveau Vélo’v séduit ou agace

Six mois plus tard, quel bilan pour les nouveaux Vélo’v ?  Photo Francis ZIEGELMEYER
Six mois plus tard, quel bilan pour les nouveaux Vélo’v ? Photo Francis ZIEGELMEYER

Lancée en juillet, la seconde génération de Vélo’v divise ses utilisateurs. Beaucoup saluent le design et le confort quand d’autres retiennent les imperfections mécaniques.

« Rendez-nous les anciens Vélo’v, please ! » Dans un mail adressé fin décembre à divers interlocuteurs, dont JCDecaux, (l’exploitant du réseau de vélos en libre-service de la Métropole de Lyon), Laurent, 48 ans, s’agace de la qualité du nouveau Vélo’v, mis en service en juillet.

« Une résistance au pédalage »

« Je l’utilise tous les jours, depuis que je suis arrivé à Lyon, en 2008. Les Vélo’v de première génération étaient lourds, mais sur la durée, ils tenaient la route. Là, après six mois, c’est une catastrophe, estime l’usager, qui travaille dans le domaine de l’informatique. Dès que le temps le permet, je préfère être dehors à vélo que dans les transports en commun. Mais on tombe rarement sur un vélo qui soit en état de bon fonctionnement. D’autres collègues à moi sont aussi très mécontents. Beaucoup de Vélo’v opposent une résistance au pédalage et il y a des bruits de ferraille. Les paniers sont très souvent abîmés. Je pense que certains se font surprendre par le rayon de braquage, qui est plus limité que sur l’ancien, et tombent. Ça n’empêche pas d’y déposer ses courses », relativise-t-il.

Mais il est plus difficile de les faire. « On pouvait sécuriser les anciens Vélo’v. Je m’arrêtais à la boulangerie puis continuais mon chemin jusqu’à la station. Le câble était disgracieux mais remplissait sa fonction. »

L’antivol a disparu sur le nouveau modèle, au profit d’un verrouillage électronique, avec un système type neyman. Mais le dispositif, annoncé pour la rentrée de septembre 2018, se fait attendre. Il verra le jour dans le courant du mois de janvier, selon la Métropole de Lyon.

« Le nouveau modèle est mieux »

Un délai qui ne pénalise pas Claire Aletyh, une retraitée lyonnaise. « Je n’ai pas encore eu besoin de l’antivol. Le nouveau modèle est mieux, plus léger et tout aussi stable. C’est important en ville où on est obligé de rouler lentement », note celle qui l’utilise « tous les jours en Presqu’Île ». Et ailleurs « quand il y a des pistes cyclables. Sans elles, ça reste un peu chaud sur certains axes », sourit cette ancienne assistante trilingue dans une entreprise. « La nouvelle application (portable) m’a beaucoup intéressée. Quand il y a du monde à la borne, je m’en sers pour détacher le vélo », ajoute la sexagénaire, globalement satisfaite, comme la plupart des usagers interrogés.

4,5 millions de locations au 2e semestre

L’électrification de la moitié de la flotte de Vélo’v est prévue à l’horizon 2020. Photo d’archives Joël PHILIPPON
L’électrification de la moitié de la flotte de Vélo’v est prévue à l’horizon 2020. Photo d’archives Joël PHILIPPON

Des améliorations en vue

« Le bureau d’étude de JCDecaux travaille actuellement sur plus de 30 améliorations mécaniques sur le vélo pour corriger quelques problèmes de jeunesse », déclare la Métropole de Lyon, en réaction aux quelques critiques émises sur le Vélo’v. « Pour autant, certains éléments resteront différents de l’ancien Vélo’v : le rayon de braquage et l’étagement des vitesses par exemple. »

Une nouveauté est attendue dans le courant de l’année, avec le déploiement du système overflow qui permettra de rendre son deux-roues à proximité d’une station pleine. La phase d’expérimentation débutera au printemps.

4,5 millions de locations en six mois

« La fréquentation est en forte hausse depuis le remplacement des vélos : plus de 4,5 millions de locations ont été enregistrées sur le deuxième semestre, ce qui constitue un record historique, se félicite le Grand Lyon. Le nombre d’abonnés longue durée est également en forte progression avec plus de 76 500 abonnés annuels ». La hausse est de 12 % en six mois.

Des Vélo’v bientôt électriques

L’électrification de la moitié de la flotte de Vélo’v est prévue à l’horizon 2020. Elle « nécessite une décision formelle contractuelle qui reste à prendre, au plus tard dans le cadre de l’élaboration du budget 2020 », précise la Métropole de Lyon. Les deux-roues devront être équipés d’un kit d’électrification (moteur, contrôleur, tendeur de chaîne). « Dès lors qu’un usager aura souscrit un abonnement électrique, il aura une batterie portative en guise de carte d’accès au service. Une fois clipsée sur le carter du guidon, le Vélo’v deviendra électrique pour quelque 10 km. Charge à l’usager de recharger sa batterie après chaque utilisation », via un port USB, expose le Grand Lyon.

Des erreurs de prélèvements ?

« J’ai pris un Vélo’v une fois dans ma vie et ils continuent à me prélever », s’agace fin décembre un internaute sur Twitter. Un autre s’oppose à la même période sur les réseaux sociaux à « un débit CB […] alors que je n’étais même pas à Lyon et ne prends plus de Vélo’v ».

« L’ensemble du système de gestion des abonnements a été complètement revu pour être modernisé. De même, tout le matériel et l’infrastructure informatique et électronique des bornes a été remplacé par du matériel neuf et innovant. Cette bascule de l’ancien système vers le nouveau a été effectuée sans interruption de service mais a provoqué des problèmes techniques ponctuels mais bien réels », indique la Métropole de Lyon.

2005
Le Vélo’v de première génération est entré en service dans la Communauté urbaine de Lyon le 19 mai 2005.

2,3
Le nouveau Vélo’v est plus léger de 2,3 kilos, grâce au recours à l’aluminium. Il pesait 25 kg auparavant.

31
En euros, le tarif annuel de l’abonnement Vélo’v. Il permet un nombre de trajets illimité, sans facturation de la première demi-heure.

80
Le nombre de stations supplémentaires qui doivent voir le jour d’ici à 2020. La majorité sera livrée dès cette année. Dans le détail, 40 seront réparties entre Lyon et Villeurbanne et 40 dans 21 communes de la métropole : Bron, Décines, Caluire, Rillieux, Saint-Fons, Saint-Priest, Saint-Genis-Laval, Tassin, Vaulx-en-Velin, Vénissieux… 1 000 nouveaux Vélo’v seront progressivement mis en circulation.

Autre option : le free floating

Un QR code et une application en lieu et place de la traditionnelle borne pour déverrouiller des vélos stationnés dans la rue, dans des espaces dédiés. C’est le principe du free floating , proposé par la société INDIGO Weel à Lyon.

Plusieurs centaines de deux roues blanc et violet ont été déployées dans la capitale des Gaules par l’entreprise depuis mars. La location coûte 50 centimes par demi-heure.

Jérôme MORIN

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