Economie Macquarie ou Vinci ? Deux prétendants à la société Aéroports de Lyon

La société Aéroports de Lyon a réalisé, en 2015, un chiffre d’affaires de 160,5 millions d’euros / photo Stéphane Guiochon
La société Aéroports de Lyon a réalisé, en 2015, un chiffre d’affaires de 160,5 millions d’euros / photo Stéphane Guiochon

Bercy devrait annoncer la semaine prochaine le nom du prochain actionnaire majoritaire d’Aéroports de Lyon. En lice, deux très puissants groupes : le français Vinci ou l’australien Macquarie.

Macquarie ou Vinci ? Qui va signer le chèque de plusieurs centaines de millions d’euros pour obtenir les parts de l’État au sein de l’entreprise Aéroports de Lyon qui regroupe l'aéroport de Bron et de Saint-Exupéry ?

 

La réponse devrait être connue. Selon Bercy, dans le courant de la semaine prochaine. Pour le ministère de l’Économie qui, seul, prendra la décision, le but de ce transfert est bien de récupérer de quoi refinancer certaines entreprises, dont EDF et Areva. Après plus d’un an de procédures plus ou moins transparentes qui ont permis à sept grands groupes, français et étrangers, de se positionner sur cette privatisation, l’heure de vérité approche.

 

Vinci tient la corde

 

Et si pour beaucoup, le doute est déjà levé quant à la victoire de Vinci compte tenu des relations étroites entre Gérard Collomb, du groupe français, et Emmanuel Macron, il faut rester prudent car cette annonce est programmée avec celle du nom de l’acquéreur de l’aéroport de Nice. Vinci est également sélectionné et Atlantia, son challenger à Nice, ne bénéficie pas d’un soutien massif. Un doublé de Vinci aurait de quoi surprendre en France, comme à l’étranger.

 

Plus d’un an de procédures

 

Le transfert de la participation au secteur privé a été autorisé par la loi du 6 août 2015 dite loi Macron pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques. Mais c’est bien en 2014 que le gouvernement a décidé d’intégrer la privatisation de la société Aéroports de Lyon dans son projet de loi. La répartition du capital de cette société, qui recouvre les activités de l’aéroport de Bron et celui de Saint-Exupéry est : État (60 %), Chambre de commerce et d’industrie Lyon Métropole (25 %), Métropole de Lyon (7 %), Région Auvergne-Rhône-Alpes (5 %) et Département du Rhône (3 %).

 

Cette démarche est commune avec l’aéroport de Nice et seule la participation de l’État est concernée. Objectif du gouvernement : renflouer les caisses de sociétés telles que EDF et Areva en espérant obtenir au moins 2 milliards d’euros grâce à ce transfert. Reste que l’État conservera la propriété des terrains, des bâtiments et la régulation de l’activité. Le cahier des charges, rédigé en collaboration avec les actionnaires minoritaires est diffusé aux candidats le 10 mars, juste après une rencontre, le 2 mars, entre le ministre de l’Économie et les représentants des actionnaires minoritaires.

 

Ces derniers ont notamment exprimé leur souhait de ne pas voir cette privatisation « se traduire par une nouvelle mise sous tutelle des Aéroports de Lyon vis-à-vis d’un hub européen, à l’image de la situation actuelle de Roissy ». Dans les starting-blocks depuis près d’un an, les candidats se font peu à peu connaître. Huit groupes déposent un dossier à l’Agence des participations de l’État.

 

Début juin, ce sont finalement sept candidats (Ardian, Vinci, Cube, Meridiam, Macquarie, Limak et Atlantia) qui se présentent face aux actionnaires minoritaires. Courant juin, on apprend que le fonds d’investissement français Ardian, adossé à Siparex, est soutenu par la plupart des acteurs économiques locaux, Jean-Michel Aulas en tête.

 

Le vendredi 8 juillet, les actionnaires minoritaires sont informés que Bercy a unilatéralement désigné les deux derniers candidats à la short-list, l’australien Macquarie avec la participation de la holding de la famille Peugeot (FFP) et Vinci Airports avec Predica, actionnaires tous les deux d’Aéroport de Paris (ADP).

8,7 millions de passagers en 2015

Le trafic de l’aéroport Lyon Saint-Exupéry a atteint 8,7 millions de passagers en 2015 (+ 2,8 %), dont 65 % à l’international. La part du trafic low cost a atteint 28,6 % la même année, contre 13,5 % en 2008.

 

L’aéroport Lyon-Bron est de son côté le 3e aéroport d’affaires en France. La société Aéroports de Lyon, qui emploie 520 personnes, a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 160,5 millions d’euros, pour un excédent brut d’exploitation de 54,2 millions d’euros.

Vincent Rocken

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