Villeurbanne​ Couches lavables dans les crèches : EmerJean tire son épingle du jeu

La blanchisserie d’EmerJean emploie 93 personnes. Seules quatre lavent et sèchent les couches lavables, tee-shirts, masques, vêtements de travail des clients.  Photo Progrès /Christelle LALANNE
La blanchisserie d’EmerJean emploie 93 personnes. Seules quatre lavent et sèchent les couches lavables, tee-shirts, masques, vêtements de travail des clients.  Photo Progrès /Christelle LALANNE

Après les crèches municipales et associatives de Lyon, c’est au tour de celles de Villeurbanne d’expérimenter l’utilisation des couches lavables. La crèche Flora-Tristan sert de site pilote, et la société EmerJean a en charge l’entretien de ces couches.

Dans le cadre de sa lutte contre le gaspillage et de prévention des déchets, la Métropole de Lyon s’est intéressée aux couches lavables. Simultanément à un appel lancé en direction des familles villeurbannaises et vaudaises pour expérimenter leur utilisation, la métropole s’est également engagée à accompagner, de 2020 à 2023, dix crèches municipales et associatives. Les structures, toutes volontaires et associées au choix de la couche et aux modalités d’accompagnement de la démarche, bénéficient d’un soutien tout au long de l’expérimentation : visites, conseils en organisation durant quatre mois.

Un bond en arrière de 30 ans !

A Villeurbanne dans le quartier Bel-Air, la crèche Flora-Tristan est ainsi devenue site pilote depuis la rentrée. 13 tout-petits sur les 24 enfants que compte la structure portent désormais des couches lavables. Ghislaine et Muriel, auxiliaires de puériculture n’ont pas sauté au plafond à l’annonce de cette expérimentation. « Nous utilisions ce type de couches il y a trente ou quarante ans, pour nous ça voulait vraiment dire revenir en arrière. Mais nous avons accepté de faire ce pas en avant, parce que nous connaissons aujourd’hui les méfaits des couches chimiques. »

 Caroline Rives, directrice de la crèche pilote Flora Tristan et Julia Drombadi, du cabinet Eclairicie conseil, en charge d’accompagner les structures pour la Métropole.   Photo Progrès /Christelle LALANNE
Caroline Rives, directrice de la crèche pilote Flora Tristan et Julia Drombadi, du cabinet Eclairicie conseil, en charge d’accompagner les structures pour la Métropole.   Photo Progrès /Christelle LALANNE
 Une partie de l’équipe de la crèche Flora Tristan est venue à la rencontre des blanchisseuses de la société EmerJean.   Photo Progrès /Christelle LALANNE
Une partie de l’équipe de la crèche Flora Tristan est venue à la rencontre des blanchisseuses de la société EmerJean.   Photo Progrès /Christelle LALANNE
 Caroline Rives, directrice de la crèche pilote Flora Tristan et Julia Drombadi, du cabinet Eclairicie conseil, en charge d’accompagner les structures pour la Métropole.   Photo Progrès /Christelle LALANNE  Une partie de l’équipe de la crèche Flora Tristan est venue à la rencontre des blanchisseuses de la société EmerJean.   Photo Progrès /Christelle LALANNE

Réaménagement de leur temps de travail

Les deux femmes et leurs collègues, en collaboration avec leur directrice Caroline Rives et Julia Dombradi du cabinet Eclaircie Conseil, chargé d’accompagner la métropole dans cette démarche, ont dû réorganiser un peu leur temps de travail, « puisque ces couches se changent plus souvent que les autres. »

Si elles craignaient devoir s’occuper de leur entretien, « manque de temps, de personnel, de locaux adaptés cela aurait très compliqué », souligne Caroline Rives, les auxiliaires ont été rassurées. C’est à la blanchisserie de la société EmerJean , installée dans le quartier de Saint-Jean (lire par ailleurs), qu’il a finalement été confié. Forte déjà de l’expérience acquise avec dix autres crèches lyonnaises, soit plus de 300 couches par jour.

Difficile de le faire appliquer dans les familles

Si depuis 2019, le business des couches lavables explose et voit l’implantation de boutiques spécialisées en vente et location , les contraintes restent nombreuses et constituent un frein. Les parents « auraient de grandes difficultés à s’y mettre à titre individuel. Certaines familles en grande précarité qui fréquentent la crèche Flora-Tristan vivent dans des camps, dans des foyers ou n’ont simplement pas la place pour étendre les couches », souligne la responsable de la structure.

Pour les structures qui souhaiteraient poursuivre l’aventure après les quatre mois d’expérimentation et pratiquer elle-même l’entretien des couches « EmerJean pourrait réfléchir à la mise à disposition de personnel », précise Jean-Philippe Nourichard, directeur des opérations de la société. Auxiliaire de puériculture et blanchisseuse étant à n’en pas douter deux métiers bien différents.

Christelle LALANNE

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