Consommation Noël : les magasins du Rhône vont-ils manquer de jouets ?

A Noël, les enfants trouvent en moyenne huit jouets sous le sapin. Seront-ils moins gâtés cette année ?   Photo Progrès/Philippe VACHER
A Noël, les enfants trouvent en moyenne huit jouets sous le sapin. Seront-ils moins gâtés cette année ? Photo Progrès/Philippe VACHER

En commandant des mois avant, les enseignes de jouets semblent avoir anticipé une pénurie due aux blocages de marchandises. Mi-novembre, elles devraient être fixées davantage sur d’éventuelles ruptures de stocks de certains jouets, notamment ceux intégrants des puces électroniques.

Après le Noël pas comme les autres de 2020 où mamie a failli manger la bûche seule dans la cuisine, cette année, on se demande si les jouets des enfants seront sous le sapin ! L’inquiétude grandit chez les parents. Flambée du prix des matières premières, containers bloqués dans les ports de marchandises… Les distributeurs subissent quelques tensions et craignent les problèmes d’approvisionnement.

Au Jouéclub du centre commercial de Confluence, des parents sont déjà en repérage : « Je suis venue chercher le catalogue pour mon petit de cinq ans… Et je commence à regarder car je ne voudrais pas qu’il n’y ait plus rien dans un mois », confie cette maman qui veut profiter des vacances pour faire la liste au Père Noël.

Le mot d’ordre : anticipation

Du côté de La Grande Récré (quatre magasins dans le Rhône à Lyon, Villefranche, Limonest et Givors), on constate également une présence accrue des clients dans les rayons : «  Depuis qu’une enseigne de supermarché a annoncé la crainte de pénurie de certains jouets dans ses rayons, les gens viennent plutôt dans les enseignes de jouets donc nous n’avons pas à nous plaindre ! Nous ne sommes pas confrontés, pour le moment à ce problème car le jouet est notre métier, nous stockons depuis longtemps ».

Anticiper est le mot d’ordre qui revient chez les enseignes de jouets interrogées. Et pour cause : « Noël c’est la moitié de nos ventes annuelles et 57 % des produits vendus en France à cette époque », résume Franck Mathais, porte-parole de Jouéclub. Pour subir le moins possible les tensions logistiques dans les ports, Jouéclub dit avoir fait rentrer la marchandise trois mois plus tôt : « Cette année, la fin de rentrée des jouets s’effectuera du coup fin novembre, au lieu de mi-décembre. Nous avons actuellement 20 % de stocks en plus par rapport à 2020 ».

« Une incertitude sur les jouets à composants électroniques »

Les professionnels n’ont pas encore la visibilité suffisante pour parler de pénurie : « Nous y verrons plus clair à la mi-novembre, c’est-à-dire à un mois de Noël, mais il y a une incertitude sur les produits électroniques du fait d’une fabrication revue à la baisse par le manque de certains composants », concède Franck Mathais de chez Jouéclub. « S’il y a des ruptures en décembre, cela peut également être structurel. Nous ne sommes pas à l’abri d’un imprévu », dit-on à La Grande Récré qui cite le jeu de société Burger Quiz en rupture de stock au Noël 2020.

 « Quand vous avez une grosse peluche qui auparavant coûtait 4 euros en transport et qui en coûte aujourd’hui 40, il faut savoir renoncer plutôt que d‘augmenter les prix », estime Romain Mulliez, président de PicwicToys (présent à Bron) également co-président de la FCJPE (Fédération des Commerces spécialistes des Jouets et des Produits de l’Enfant) Photo Progrès /Sandrine RANCY
« Quand vous avez une grosse peluche qui auparavant coûtait 4 euros en transport et qui en coûte aujourd’hui 40, il faut savoir renoncer plutôt que d‘augmenter les prix », estime Romain Mulliez, président de PicwicToys (présent à Bron) également co-président de la FCJPE (Fédération des Commerces spécialistes des Jouets et des Produits de l’Enfant) Photo Progrès /Sandrine RANCY

Hausse des prix sur des jouets volumineux

Pas question non plus de subir la hausse des prix à cause de l’augmentation des coûts de transport notamment, selon eux : « Les hausses de prix impactent surtout les produits volumineux, certains jouets resteront en Asie » reconnaît dans un communiqué Romain Mulliez, président de PicwicToys (présent à Bron) également co-président de la FCJPE (Fédération des Commerces spécialistes des Jouets et des Produits de l’Enfant).

« Quand vous avez une grosse peluche qui auparavant coûtait 4 euros en transport et qui en coûte aujourd’hui 40, il faut savoir renoncer plutôt que d‘augmenter les prix ». Plutôt que parler de pénurie, tous préféreraient évoquer « un Noël de retrouvailles » : « On nous parle même d’une 5e vague, c’est un peu lassant… Tout ce qu’on peut dire c’est que nous sommes prêts ! », conclut la Grande Récré.

Sandrine RANCY

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