Lyon Théo Grojean ou la bande dessinée en spectateur

Le Lyonnais, célèbre pour son compte Instagram qui compte près de 160 000 abonnés, vient de sortir un nouvel album  Photo Progrès /David TAPISSIER
Le Lyonnais, célèbre pour son compte Instagram qui compte près de 160 000 abonnés, vient de sortir un nouvel album  Photo Progrès /David TAPISSIER

L’auteur lyonnais, qui s’est fait connaître grâce à son compte Instagram dans lequel il plaisante de son stress, sort un album plus personnel « Le spectateur », dessiné en vue subjective. Un parti pris rare… mais un album réussi.

« Je suis flippé… » Théo Grosjean le dit avec le sourire. Oui, c’est quelqu’un de flippé. Et dans de nombreuses circonstances de la vie, le stress lui colle à la peau. Il lui colle tellement qu’il a choisi le parti d’en rire grâce à son compte Instagram : L’homme le plus flippé du monde. Et si le Lyonnais de 26 ans sort un nouvel album -  Le spectateur aux éditions Delcourt - qui lui tient à cœur car assez personnel, ce sont surtout ses saynètes sur le célèbre réseau social qui l’a fait connaître du grand public.

«  En créant cette série sur Instagram , je voulais surtout raconter mes névroses. Et au bout de trois ans, je suis parvenu à fidéliser une véritable communauté qui s’identifie à mes coups de flips. Ça leur fait du bien… et à moi aussi ! Et du coup, les réseaux sociaux m’ont apporté l’opportunité d’éditer ce projet plus personnel ».

160 000 abonnés partagent son stress

Petit retour en arrière. Théo aime le dessin. Et jusqu’en terminale, c’est un peu son refuge. Il copie beaucoup, dessine et se plonge dans sa bulle. Et si son dessin est médiocre, comme il le dit lui-même, ses notions de mise en scène sont assez avancées. Il intègre l’école lyonnaise Émile Cohl et la formation rigoureuse lui permet de progresser rapidement en dessin. Sa rencontre avec Lewis Tronheim en 4e  année est une révélation. Il quitte prématurément l’école mais publie en 2017 L’Empire du pire , une parodie de Star Wars, publiée chez Jungle et réalisée à quatre mains avec Auriane Bui.

En 2018, autre album chez Delcourt, Un gentil orc sauvage , qui le lance véritablement. Mais ce sont ses strips publiés sur le web qui lui apporteront véritablement la notoriété… 160 000 personnes suivent aujourd’hui ses pérégrinations liées à son stress. Des aventures publiées dans deux albums chez Delcourt, bientôt également en dessins animés… qui lui ont permis de présenter dans la collection Noctambule des éditions Soleil son « spectateur ».

Un album en vue subjective

« Je l’ai écrit il y a deux ou trois ans. C’était un projet inclassable qui trouve bien sa place dans cette collection dédiée aux romans graphiques » explique le dessinateur lyonnais. « Je voulais représenter le côté spectateur… mais sans avoir à l’expliquer ou à faire avec une voix off. Je suis parti sur une représentation subjective, qui fait ressortir ce sentiment d’impuissance ». L’histoire de Samuel, qui est muet. Un mutisme qui renforce le décalage avec les différents protagonistes.

 Photo Progrès /Dessin Théo Grosjean
Photo Progrès /Dessin Théo Grosjean

Au final, l’œuvre est déroutante mais puissante. Les couleurs bleue-vert accentuent le malaise, un album qui s’inspire de la BD indé’américaine, mais aussi du manga dans la narration. « J’aime l’expérimentation » conclut-il « mais surtout la rendre accessible au grand public ».

Et ça, il le dit avec le sourire… et sans stress !

Le spectateur par Théo Grosjean (Ed Soleil - coll. Noctambule)

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