Lyon Une micro-ferme au cœur du quartier des États-Unis

Philippe Zerr et Nicolas Gauthier gèrent aujourd’hui la petite ferme des États-Unis.  Photo David TAPISSIER
Philippe Zerr et Nicolas Gauthier gèrent aujourd’hui la petite ferme des États-Unis.  Photo David TAPISSIER
Une dizaine de légumes différents ont été plantés en septembre dernier et seront ramassés dès le mois de mars  Photo David TAPISSIER
Une dizaine de légumes différents ont été plantés en septembre dernier et seront ramassés dès le mois de mars  Photo David TAPISSIER
Philippe Zerr et Nicolas Gauthier gèrent aujourd’hui la petite ferme des États-Unis.  Photo David TAPISSIER Une dizaine de légumes différents ont été plantés en septembre dernier et seront ramassés dès le mois de mars  Photo David TAPISSIER

Depuis sept mois, une ferme « urbaine » de petite taille s’est installée au 290 de l’avenue Berthelot dans le 8e arrondissement de Lyon. Une structure expérimentale qui joue à la fois un rôle pédagogique, éthique et économique.

Une petite cabane, à proximité d’un enclos où poussent des carottes, blettes, salades ou radis. Tous sont protégés du froid par des voiles. Un potager sur 300 m² , centre névralgique d’une petite ferme qui s’étale sur près de 600 m². Jusque-là, rien d’étonnant. Sauf qu’il est situé entre quatre immeubles, au cœur du quartier des États-Unis, dans le 8e  arrondissement !

De l’audiovisuel au maraîchage

En 2019, la société coopérative Plante au Terreau cherchait à lancer Le 8e Cèdre, un espace solidaire d’agriculture urbaine, composé de plusieurs entités : une zone d’expérimentation pour la biodiversité, un jardin permacole et une ferme urbaine. Philippe Zerr, jeune maraîcher urbain lyonnais est contacté par le bailleur Grand Lyon Habitat pour s’occuper de cette dernière partie du projet. La micro-ferme voit le jour en juin 2020.

« Je suis maraîcher urbain depuis quatre ans, explique-t-il. Je viens de l’audiovisuel… Rien à voir. Au départ, en 2016, je me suis intéressé aux jardins sur les toits. Je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas de maraîcher et j’ai suivi une formation au Centre de formation et de promotion horticole d’Écully. Je me suis retrouvé à gérer les jardins installés sur les toits de Groupama en 2017. En 2018, j’ai créé mon entreprise viticole afin de poursuivre la culture là-bas, puis j’ai accepté avec enthousiasme ce nouveau défi. »

Une dizaine de légumes la première année

En jardinage, le travail préparatoire est souvent long et les plantations ne commencent finalement que mi-juillet. « Je n’ai eu que quatre mois de production en 2020. Mais c’était une année expérimentale et un passage obligé », ajoute-t-il.

Dix légumes – dont du mesclun, de la roquette, des betteraves des épinards, des navets – sont produits sur place, ramassés et vendus tous les lundis. « Nous avons pu organiser quinze marchés et faire un chiffre d’affaires d’environ 4 000 €. Un bon début. »

Au cours de l’année, Nicolas Gauthier, un ancien ingénieur en reconversion, a rejoint l’aventure. La parcelle, actuellement en hivernage, est désormais équipée et la petite équipe a récupéré un local qui va être utile pour le lavage, le stockage du matériel et abriter une chambre froide et un bureau.

« Le rôle de cette ferme va bien plus loin que la simple culture de légumes : c’est une activité visuelle et universelle. Les gens viennent nous interroger naturellement sur le projet, précise Nicolas Gauthier. Nous sommes au début de l’aventure. Notre objectif, avec cette ferme, c’est de vivre bien : c’est-à-dire en vivre financièrement mais aussi au niveau de la qualité de vie, que nous n’y laissions pas notre santé. »

« Développer les surfaces pour que le projet perdure »

« Je crois en ce projet, mais je suis prudent car pour qu’il perdure, il faudra garder les surfaces et même les développer. Nous sommes d’ailleurs en recherche permanente d’espaces à exploiter. Notre objectif, c’est de faire perdurer le modèle », renchérit Philippe Zerr.

Et si aujourd’hui, la micro-ferme est essentiellement dédiée aux légumes et à quelques fruits, le duo n’exclut pas d’y ajouter, un jour, des animaux…

David TAPISSIER

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