Court-métrage Tournage à la maison Villemanzy : quand tourne la roue de la solidarité

La salle du restaurant se transforme pour quelques jours en décor de cinéma.  Photo Progrès /Guillaume MOUCHEL
La salle du restaurant se transforme pour quelques jours en décor de cinéma. Photo Progrès /Guillaume MOUCHEL
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La salle du restaurant se transforme pour quelques jours en décor de cinéma.  Photo Progrès /Guillaume MOUCHEL Photo Progrès /Guillaume MOUCHEL Photo Progrès /Guillaume MOUCHEL Photo Progrès /Guillaume MOUCHEL

Face à la crise, les professionnels lourdement impactés font preuve d’une solidarité plutôt inédite entre les différents secteurs. Après avoir apprécié le coup de pouce du photographe Alexandre Montagne, le chef de la Maison Villemanzy Guillaume Mouchel offre ses locaux pour un tournage de court-métrage.

La nuit tombe sur les pentes de la Croix-Rousse. Ces derniers temps muée dans un silence contraint, la montée Saint-Sébastien s’active au niveau de la maison Villemanzy. Les tables sont dressées mais la cuisine reste close. Ce soir-là, on tourne.

Voir le restaurant transformé en plateau de cinéma n’est pas inédit. On a notamment pu apercevoir ses murs et la vue imprenable de sa terrasse dans la série Chérif , tournée en grande partie dans le quartier. C’est en revanche la première fois que Guillaume Mouchel cède le décor de son restaurant gratuitement. Le chef, Toque Blanche Lyonnaise, donne ainsi la main au court-métrage Alix , dont l’établissement est partie intégrante de l’intrigue.

Un projet à petits moyens

Un projet à petits moyens, mené par la réalisatrice et comédienne Sophie Barge, alias Romane Arki. Transformation du bar restaurant de son conjoint le Terrier du Lapin Blanc en régie, location de matériel cédée à prix cassé par l’entreprise villeurbannaise Indie Location, appartement cédé par une voisine, emprunt de vaisselle chez Ikea, jusqu’à une opération de financement participatif, la Lyonnaise a fait preuve d’ingéniosité pour boucler un budget marqué par un élan de solidarité remarquable.

« On se souviendra de ce tournage à trois francs, six sous. Comme disait Hemingway, au temps où nous étions très pauvres et très heureux », souligne la cinéaste, qui donne ainsi vie à une histoire qu’elle prépare depuis plus de trois ans.

Chaîne de solidarité entre métiers sinistrés

Ayant besoin d’un restaurant vide, perle trop rare et trop chère en temps normal, elle a sauté sur l’occasion offerte par le confinement. « Ce n’était pas exactement le décor que je visais mais j’ai abandonné l’idée du perfectionnisme et tout s’est débloqué », confie-t-elle.

Voisine de la maison Villemanzy, elle sollicite son chef qui n’hésite pas longtemps, ravi de rallumer enfin la lumière dans son établissement et surtout d’apporter une aide sans laquelle le court-métrage n’aurait pas vu le jour. « La location des lieux aurait dépassé à elle seule le budget global de la production, estime Guillaume Mouchel. Le projet est intéressant, c’est un plaisir de l’aider. Et cela donne vie à la salle, c’est agréable de voir le restaurant comme ça. »

Une salle récemment sublimée par le photographe d’intérieur Alexandre Montagne , lequel offre depuis le reconfinement ses services aux Toques Blanches Lyonnaises à travers une mise en lumière des salles désertées. Une initiative qui avait touché le chef de Villemanzy, heureux de pouvoir à son tour se muter en bienfaiteur. « Cela rend la pareille, glisse Guillaume Mouchel. Ce sont des métiers sinistrés, les budgets se réduisent… Si on peut s’aider mutuellement, c’est vraiment sympa. »

Clémence OUTTERYCK

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