TENDANCES Bahor, une nouvelle marque de vêtements en mode éco-responsable

Naïma développe ses talents de couturière à l'atelier Bahor, avec l'aide de la créatrice Navbakhor (à droite).  Photo Stéphanie FERRAND
Naïma développe ses talents de couturière à l'atelier Bahor, avec l'aide de la créatrice Navbakhor (à droite).  Photo Stéphanie FERRAND

La Lyonnaise Navbakhor Boudot, lauréate du concours Talents des cités 2018, vient de lancer sa marque de vêtements Bahor.

«  Bahor » signifie renaissance en ouzbek. C’est le nom choisi par Navbakhor Boudot pour nommer la marque de prêt-à-porter qu’elle vient de créer, un clin d’œil à son pays natal, l’Ouzbékistan. La jeune femme, lauréate dans la catégorie “émergence” du concours Talents des cités 2018, raconte d’où elle vient : « Ma mère était couturière. J’ai donné des cours de français à l’ONU, exercé le métier d’interprète sur la route de la soie et travaillé dans des usines textile et maisons de couture en Asie centrale. »

Une formation à l’EM Lyon

Navbakhor est arrivée dans la région lyonnaise en 2007, pour devenir jeune fille au pair à Saint-Didier-au-Mont-d’Or : « C’est à cette époque que j’ai acheté ma première machine à coudre et croisé mon futur mari au parc de la Tête-d’or. Quelques années plus tard, pendant mon congé parental, j’ai rencontré des petites mains qui méritaient selon moi d’être valorisées. C’est ainsi que l’idée de créer cet atelier d’insertion de couture est née ».

La trentenaire écoresponsable, qui envisageait initialement de se lancer dans le recyclage des vêtements, a suivi une formation à l’EM Lyon, et son projet a évolué. Elle poursuit : « Plus de 120 tonnes de tissus sont jetées chaque année par les 140 entreprises régionales. J’ai décidé de récupérer les rouleaux comportant des défauts de fabrication pour réaliser des collections capsules [des lignes de vêtements composés de pièces en série limitée, Ndlr] de vêtements et accessoires féminins. Les restes de tissus sont broyés et utilisés pour bourrer des coussins. »

Bientôt une coopérative ?

Elle décrit également un autre aspect positif de son initiative : « Grâce aux ateliers d’insertion des associations Zig Zag et Grenier, des femmes motivées et compétentes, qui ont du mal à trouver du travail, cousent à mes côtés pour réaliser des pièces originales. Le but est de les valoriser par cette activité. Pour veiller à leur intégration, on a aussi mis en place des cours de français adaptés à leurs niveaux ».

L’atelier et le showroom de Bahor sont installés dans un local loué à un prix très modéré par Grand Lyon Habitat, dans le quartier des Etats-Unis. Les étoles, robes et sacs en coton, soie lyonnaise, tissu brodé et dentelle sont vendus entre 50 et 200€. Navbakhor Boudot ajoute : « L’idée est aussi de faire venir du monde dans ce quartier populaire. On a également l’ambition de devenir prochainement une coopérative ».

Pratique: Bahor Couture, 6, rue des Serpollières, Lyon 8e.

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