Ecomobilité Ces artisans et commerçants lyonnais qui ont adopté le vélo comme outil de travail

Comme Fred, laveur de carreaux, nombre de commerçants ont adopté le vélo comme outil de travail. / Photo Marion Saive
Comme Fred, laveur de carreaux, nombre de commerçants ont adopté le vélo comme outil de travail. / Photo Marion Saive

Près de 750 km de voies cyclables dans la métropole (1000 km d’ici 2020), une hausse du trafic cycliste de 26 % au cours de l’année 2016, soit près d’un tiers du trafic global... A Lyon, le vélo est roi. Moyen de transport idéal pour les particuliers, la bicyclette tend à se développer comme outil de travail chez les commerçants. Pratique pour éviter les bouchons, écologique, silencieux, facile à garer, moins onéreux qu’un véhicule (à l’achat et pour payer l’assurance), objet-étendard pour assurer sa promotion… Autant d’atouts qui séduisent les professionnels. A Lyon, ils sont une tripotée à l’avoir adopté. Brut, ou avec assistance électrique, pour gravir les pentes de la Croix-Rousse sans effort. On les a rencontrés.

Même par temps de pluie, Rachid et ses collègues de la boulangerie bio La Miecyclette livrent les épiceries bio et Amap lyonnaises. / Photo Marion Saive
Même par temps de pluie, Rachid et ses collègues de la boulangerie bio La Miecyclette livrent les épiceries bio et Amap lyonnaises. / Photo Marion Saive
Les boulangers de la Miecyclette chargent le vélo-cargo des dix cagettes de pains. / Photo Marion Saive
Les boulangers de la Miecyclette chargent le vélo-cargo des dix cagettes de pains. / Photo Marion Saive
Les pains à peine sortis du four sont ensuite regroupés pour être livrés dans les différents points relais. / Photo Marion Saive
Les pains à peine sortis du four sont ensuite regroupés pour être livrés dans les différents points relais. / Photo Marion Saive
Même par temps de pluie, Rachid et ses collègues de la boulangerie bio La Miecyclette livrent les épiceries bio et Amap lyonnaises. / Photo Marion Saive Les boulangers de la Miecyclette chargent le vélo-cargo des dix cagettes de pains. / Photo Marion Saive Les pains à peine sortis du four sont ensuite regroupés pour être livrés dans les différents points relais. / Photo Marion Saive

 La Miecyclette, on n'a pas trouvé plus bio et écolo

Depuis cinq ans, les compères de la boulangerie bio autogérée La Miecyclette fabriquent un pain bio pétri à la main et cuit au feu de bois, qu’ils livrent directement via vélo-cargo dans les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) et commerces de proximité faisant office de points relais pour particuliers (voir les horaires et lieux de livraison ici).
Au menu, foule de pains : complet, blanc, semi-complet, aux graines de lin et de tournesol, au sésame, à la farine de châtaigne, sans gluten, aux noix, ou encore le subtil raisin-noisettes. Mais aussi des cookies et biscuits à l’épeautre. La farine vient de l’Ain (celle de châtaigne d’Ardèche), les graines d’Isère et de Dordogne.
Pour ces militants pro développement durable, le vélo ou « véhicule du futur » n’était pas une alternative. Plutôt une évidence. Avec deux tournées quotidiennes de 2 heures, 25 km et 170 kg de pain dans le cargo, quatre fois par semaine (ils sont sur le marché de Monplaisir le mercredi, et de repos le week-end), les courageux boulangers ont opté pour un vélo à assistance électrique. Lequel fonctionne à l'énergie renouvelable, bien sûr.

La Miecyclette, 193, avenue Paul Santy, Lyon 8e. Tél. 09 72 31 52 08. Ils ont lancé une campagne de financement participatif sur Internet pour acheter un nouveau vélo (on vous en parlait ici). Si vous souhaitez les aider, c’est par ici.

Be Cycle est la première entreprise de livraison de colis à vélo créée à Lyon, en 2004. / Photo Stéphane Regnard
Be Cycle est la première entreprise de livraison de colis à vélo créée à Lyon, en 2004. / Photo Stéphane Regnard

Be Cycle, la livraison autrement

Ils sont les premiers à y avoir cru. Be Cycle, société de livraison de plis et colis née en 2004 à Lyon (avant l’arrivée des Vélov en 2005), la deuxième à s’être montée en France après Urban Cycle à Paris, faisait partie des électrons libres des débuts, lorsque le vélo n’était encore qu'un outil de loisirs et non de travail. Après une dizaine d’années, durant lesquelles les cofondateurs Grégory Marcellin et Francis Paquet ont dû faire leurs preuves, l’entreprise a réussi à se faire une place dans le paysage lyonnais.
A l’origine spécialisée dans la livraison express de petits colis glissés dans le sac à dos, le concept a évolué en 2006, quand TNT les a démarchés pour débuter le transport de marchandises via triporteurs.
Depuis, les deux associés ont monté un pôle éco-mobilité rue Jaboulay (ils en sont les locataires principaux), où ils stockent tous leurs vélos, et accueillent les artisans, qui comme eux, sont sensibles au développement durable.
Grégory et Francis, qui font du vélo depuis qu’ils ont l’âge de marcher (ils font partie d’une équipe semi-professionnelle de niveau national, l’un en VTT cross-country, l’autre en VTT descente) ont trouvé le moyen d’allier travail et passion. Et sélectionnent leurs coursiers de la même façon. Les sportifs néophytes déchantent vite, car le rythme est dur à suivre : 7 heures de vélo par jour, soit une centaine de kilomètres dans les pattes au quotidien.

Be Cycle, Pôle Vélo, 87, rue Jaboulay, Lyon 7e. Ouverts de 6 à 18 heures. Tél. 04 72 71 74 41. Les tarifs varient suivant la distance à parcourir, le volume du colis et le temps imparti. Dégressif selon la régularité des livraisons. Compter entre 6 et 7 euros la course.

Patrice Ouillon, le superman électricien, s'est reconverti en 2015 après des années comme consultant informatique. / Photo Marion Saive
Patrice Ouillon, le superman électricien, s'est reconverti en 2015 après des années comme consultant informatique. / Photo Marion Saive

Patrice Ouillon, le superélectricien

Avec son casque et son vélo-cargo, tout de noir vêtu, il sillonne les rues de Lyon pour porter secours aux victimes de pannes de courant (son logo est un superhéros à cape). Patrice Ouillon, 43 ans, s’est reconverti en 2015 après des années comme consultant informatique. Toujours en prise avec les câbles et les réseaux, il est désormais artisan électricien.
Après sa formation, on lui a conseillé de trouver un « créneau original » pour se démarquer, lui qui se lançait sur le tard : pourquoi voudrait-on faire appel à un électricien avec un an de métier dans les pattes ? Patrice a amassé des fonds grâce à une campagne de financement participatif et s’est acheté un vélo-cargo - à assistance électrique, bien sûr -, pratique pour transporter sa mallette à outils, sa perceuse, sa visseuse et son escabeau télescopique. Au-delà du mode de transport écologique, c’est surtout pour sa gentillesse que les Lyonnais font appel à lui. Dépannage, remise aux normes de l’installation électrique, systèmes de connectique d’imprimantes et d’ordinateurs… Patrice assure une intervention partout dans Lyon – dans un rayon de 15 km - dans les 2 heures qui suivent le coup de fil, poncho plastique sur le dos en cas de déluge. Chez le client, Patrice prend son temps, œuvre plus de huit heures s'il le faut. Car le quadra est bien décidé à redorer l’image du métier : avec lui pas d’entourloupes, les factures sont égales à ses devis.

Patrice Ouillon, au pôle vélo du 87, rue Jaboulay, Lyon 7e. Pour consulter le détail des prestations, c’est ici. Contact : contact@patrice-ouillon-electricien.com /Tél. 06 02 72 37 09.

Cédric Chaffard apporte ses boîtes de jeux aux neuf points relais du centre-ville à bord de son vélo-cargo. / Photo Marion Saive
Cédric Chaffard apporte ses boîtes de jeux aux neuf points relais du centre-ville à bord de son vélo-cargo. / Photo Marion Saive

Passeur de jeux, les paniers surprises ludiques

Lancée depuis seulement quelques jours, cette boutique de jeux de société ambulante fait tout pour vous faciliter la vie. Sur le modèle du panier paysan, on commande son lot depuis la plateforme en ligne. Pas de fruits et légumes pour ce panier-là, mais une ribambelle de jeux de société, loués à la semaine. Douze "assortiments" sont proposés, renouvelés chaque mois, des paniers surprises ou de saison. On récupère son lot de jeux de société dans un des neuf points relais (seize d’ici la fin de l’année, voir la carte) selon le jour de la semaine et l’horaire souhaités, et on joue à l’envi jusqu’à la date du retour colis, depuis le point de livraison. Chaque jeu est fourni dans une boîte « prête à jouer » : les pièces sont regroupées et identifiées pour chaque joueur et des fiches explicatives viennent compléter les règles du jeu.
On paye en monnaie virtuelle via des jetons achetés depuis le site web ou par cartes prépayées avec code à gratter, disponibles sur les comptoirs des magasins et commerces partenaires. Le principe est simple : plus on achète de jetons, moins cher revient la carte (1).
A la tête de ce judicieux système qui vise à accompagner et guider les amateurs de jeux, Cédric Chaffard, 44 ans, éducateur spécialisé de métier et associé de la librairie A Titre d’Aile, dans les pentes de la Croix-Rousse. En lien avec quelques magasins ludiques lyonnais (Jeux Descartes Lyon en fait partie), Cédric propose plus de 600 jeux à la location. Pendant une semaine ou plus, les clients les testent, les approuvent, et en cas de coup de cœur, sont redirigés vers les boutiques de jeux de société partenaires. Un cercle vertueux. 
Lorsqu’il fait beau, Cédric file au jardin des Chartreux ou au parc de la Tête d’Or, dispose quelques jeux sur le plateau de son cargo, et c’est parti pour les démos.

(1) Passeur de jeux, 1, rue Camille-Jordan (Lyon 1er). Tél. 06 67 10 15 75. Points de livraison à Lyon intra-muros. Site Internet : www.passeurdejeux.fr. La carte de 10 jetons coûte 18 euros, 25 jetons 40 euros, 50 jetons 70 euros, 100 jetons 100 euros.

Même pour un croissant, Caroline et Déborah font le déplacement jusqu'à chez vous pour vous livrer en viennoiseries, tous les matins. / Photo Marion Saive
Même pour un croissant, Caroline et Déborah font le déplacement jusqu'à chez vous pour vous livrer en viennoiseries, tous les matins. / Photo Marion Saive

Baguette à bicyclette, du pain frais livré chaque matin

Une blonde, une brune. Derrière la livraison de baguettes aux particuliers, Caroline et Déborah, 30 ans tout pile. La première, « Madame idée à la seconde », sortie du master entreprenariat à l’EM Lyon, est serial entrepreneuse. La seconde, veste et pantalon tailleur sur son VTT, passée par l’école de commerce de Grenoble, est banquière. 7 jours sur 7, de 6h30 à 9 heures (10 heures le week-end), les deux jeunes femmes se passent le relais pour livrer baguettes, croissants, pains aux chocolats, brioches pralinées et autres viennoiseries aux 80 Lyonnais et Villeurbannais qui les ont déjà adoptées. Sans oublier les fameuses box « petit-déjeuner » composées des mêmes produits, accompagnées d’un lot de confitures (La Chambre des Confitures, Lyon 2e), yaourts (de Mornans), miel (Croix-Rousse) ou pâtes à tartiner (de la Loire). Le pain provient de deux boulangeries locales partenaires : Maison Jolivet Père et Filles (Lyon 4e), et la boulangerie bio Saint-Vincent (Lyon 1er).
Les deux amies opèrent encore avec les moyens du bord (vélos persos et sacs de plongée détournés pour transporter leurs marchandises). Ne leur reste plus qu’à décrocher la bourse French Tech de la BPI et quelques aides de la Région pour troquer leurs VTT contre un triporteur électrique, plus reposant pour ces deux « sportives modérées », et peut-être engager des cyclo-vendeurs confirmés. Car jusqu’à maintenant, à peine la livraison terminée, Déborah file à la banque, Caroline à l’incubateur de Lyon 3 pour développer au mieux la boîte, vieille de deux mois.

Pour commander, rien de plus simple, ça se fait en ligne depuis le site Internet (ici),  jusqu’à 22 heures pour le lendemain. Pas de minimum de commande. Baguette à partir de 2 euros, comme le croissant (livraison incluse).
Pour aider Caroline et Déborah à se développer et financer leurs nouveaux vélos électriques, c'est par ici.

Basile Arrivé a repris l'emplacement d'une jeune femme en décembre 2015 sur le parvis de la gare Part-Dieu, côté Villette. Tous les matins, avec son triporteur-machine à café, il vend expressos et latte aux passants. / Photo Marion Saive
Basile Arrivé a repris l'emplacement d'une jeune femme en décembre 2015 sur le parvis de la gare Part-Dieu, côté Villette. Tous les matins, avec son triporteur-machine à café, il vend expressos et latte aux passants. / Photo Marion Saive

Cafécyclette, le café du matin qui fait du bien

Basile, lunettes de soleil chromées sur le nez et banane à la ceinture, a commencé à vendre ses cafés au lendemain de la fête des Lumières, le 9 décembre 2015. Cet ex-éducateur spécialisé a quitté les études pour faire les saisons, entre mer et montagne, avant de partir explorer l’Asie. De retour de son périple, où il a croisé nombre de commerces ambulants, il a repris l'emplacement d'une jeune femme, qui tenait un petit commerce sur le parvis de la gare Part-Dieu, côté Villette. A racheté un vieux triporteur sur Leboncoin, et monté son concept : le Cafécyclette (il paie un loyer mensuel de 375 euros à la Ville de Lyon). Depuis deux ans, le jeune homme de 29 ans est là, du lundi au vendredi, de 6h30 à 14 heures. Il voit passer SDF et chefs d’entreprise, serre des paluches et fait des bises aux 80 % d'habitués qui lui prennent un expresso, un café crème ou un thé, sur le chemin du boulot. Passées 10h30, les clients de passage prennent le relais des coutumiers du lieu.
Basile s’approvisionne chez le torréfacteur Bongoo Café (Lyon 6e), qui le fournit en matière première. Il moud ses 2 kilos de grains de café quotidiens avant de se rendre à la Part-Dieu (il dispose d’un petit local où il entrepose tout son matériel, à quelques centaines de mètres de la gare), pour délivrer ses 150 expressos et 50 cafés longs. Quant au lait et au sucre, il se ravitaille à l’épicerie fine La Fourmi (Lyon 1er).
Pas l’âme d’un gros businessman, Basile ne compte pas se développer. Il garde ses après-midi libres, et ça lui convient très bien.

Cafécyclette, du lundi au vendredi, de 6 à 14 heures, parvis de la gare Part-Dieu (Lyon 3e), côté Villette. Tél. 06 42 67 07 17. Page Facebook : Cafécyclette Lyon. Expresso à 1 euro, allongé 1,5 €, café noisette 1,2 €, cappuccino 2,5 €, thé vert 2 euros, chocolat chaud 2 euros.

Benoît Quettier se déplace avec son triporteur électrique lorsque ses interventions nécessitent le gros outillage. / Photo Marion Saive
Benoît Quettier se déplace avec son triporteur électrique lorsque ses interventions nécessitent le gros outillage. / Photo Marion Saive
Son associé Laurent Noirot l'a rejoint en novembre. Ici, sur le vélo électrique, pour les interventions rapides (robinetterie et débouchage d'éviers). / Photo Marion Saive
Son associé Laurent Noirot l'a rejoint en novembre. Ici, sur le vélo électrique, pour les interventions rapides (robinetterie et débouchage d'éviers). / Photo Marion Saive
Benoît Quettier se déplace avec son triporteur électrique lorsque ses interventions nécessitent le gros outillage. / Photo Marion Saive Son associé Laurent Noirot l'a rejoint en novembre. Ici, sur le vélo électrique, pour les interventions rapides (robinetterie et débouchage d'éviers). / Photo Marion Saive

Rakor, le plombier connecté

Il porte une salopette à scratch et poches multiples, oreillettes Bluetooth en permanence dans les oreilles, mains sur le guidon de son triporteur électrique (un produit lyonnais signé FreeGônes). Benoit Quettier, 41 ans, a passé dix ans de sa vie dans le Clergé, six dans un monastère, quatre en séminaire pour devenir prêtre. Sa vie dans les ordres n’a pas abouti et Benoit s’est reconverti. A 37 ans. Licence de philo en poche, il fallait se placer sur le marché du travail. Très manuel (il avait l’habitude de traîner dans les pattes de son grand-père, qui endossait le rôle de carreleur, couvreur, charpentier et plombier), il s’est lancé comme plombier.
Diplômé de l’Afpa (Association pour la formation professionnelle des adultes), il a bûché quatorze mois sur son concept, représentatif de « l’artisan rêvé » : rapide, ponctuel, moderne, efficace, connecté et professionnel. Et ouvert sa société en février 2015, spécialisée en plomberie, chauffage et accessibilité (aménagements pour personnes à mobilité réduite).
Une heure après le coup de fil, Benoit assure de remplacer n’importe quel mitigeur ou chasse d’eau, partout dans Lyon. Après deux ans et demi d’activité, son pari semble gagnant. X fois labellisé (RGE- reconnu garant de l’environnement, PG – professionnel du gaz, handibat – accessibilité des ouvrages du bâtiment…), lauréat de la Fondation Ernst and Young 2017, son chiffre d’affaires est en hausse constante. Depuis novembre, il s’est associé à Laurent Noirot, analyste pour l’entreprise d’audit et conseil KPMG, reconverti en plombier lui aussi.
Après deux ans et demi d’activité, ses clients lui laissent même leurs clés, pour qu’il opère chez eux quand ils ne sont pas là. Un service qu'il propose, pour 20 euros supplémentaires, via son colocataire coursier de la rue Jaboulay Be Cycle : Benoît propose à ses clients de venir chercher les clés de leurs domiciles sur leur lieu de travail, de changer leur cumulus ou chasse d’eau en leur absence, et de leur retourner les clés, sans avoir à les laisser dans la boîte aux lettres. La confiance règne.

Rakor Plomberie, du lundi au samedi, de 7h30 à 18h30. Pôle Vélo, 87, rue Jaboulay (Lyon 7e). Tél. 04 78 96 16 16. Tarifs : 149 euros pour un débouchage de canalisation sanitaire (1 heure de main-d’œuvre), 199 euros pour un remplacement de mitigeur évier ou lavabo. 149 ou 199 euros pour une fuite d’eau. Plus d'infos sur le site Internet de Rakor.

Raphaël Sturis débarasse professionnels et particuliers de matériaux encombrants. / Photo Marion Saive
Raphaël Sturis débarasse professionnels et particuliers de matériaux encombrants. / Photo Marion Saive

Raphaël Sturis, l’éco-transporteur

La ferraille, les cartons, les pneus de vélo… Raphaël Sturis, 39 ans, vous débarrasse de tous vos encombrants, pour les amener directement en déchèterie, ou chez un ferrailleur basé à Oullins, pour vous éviter le déplacement. Un service qu’il propose en plus de son métier de ferrailleur, lequel ne lui assure pas un revenu assez conséquent.
Raphaël circule à vélo, gilet jaune fluo sur les épaules et oreillette Bluetooth coincée sous le casque. Attachée à l’arrière de son deux-roues, sa remorque peut transporter plus de 110 kg. Puriste, Raphaël déplace son engin à la seule force de ses mollets (il a déjà réussi à transporter deux machines à laver).
Lyonnais depuis deux ans (il est originaire de l’Allier où il était ouvrier agricole), il a lancé son concept il y a trois mois, lorsqu’il a appris que le Grand Lyon ne collectait plus les pneus usagés des magasins de cycles, et refusait que ces derniers les jettent à la poubelle. Depuis, Raphaël travaille avec une quinzaine de marchands cyclistes et autres sociétés susceptibles d’avoir à se débarrasser de ferraille et autres métaux. Bientôt, il proposera un service de livraisons pour particuliers, pour transporter toutes sortes de mobilier encombrant. Et lorsqu’il aura mis suffisamment de sous de côté, il optera pour un biporteur électrique (ça commence à tirer dans les mollets).

L'éco-transporteur, rue de la Claire, Lyon 9e. Tél. 06 41 10 66 56. Tarifs : une vingtaine d’euros la prestation (varie suivant le poids des matériaux à transporter). Page Facebook : ici.

Dès que le soleil se pointe, Yanis embarque sur son triporteur-glacière et longe les quais du Rhône, pour satisfaire les passants gourmands. / Photo Marion Saive
Dès que le soleil se pointe, Yanis embarque sur son triporteur-glacière et longe les quais du Rhône, pour satisfaire les passants gourmands. / Photo Marion Saive
Photo DR
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Dès que le soleil se pointe, Yanis embarque sur son triporteur-glacière et longe les quais du Rhône, pour satisfaire les passants gourmands. / Photo Marion Saive Photo DR

Quai des glaces, les sorbets viennent à vous

Le Pouet Pouet du klaxon et la petite musique enfantine qui sort de sa sono intégrée annoncent son arrivée sur les quais du Rhône. On le voit arriver dans sa panoplie bleue, distribuer des cornets de glaces aux passants, le sourire aux lèvres. Sur son triporteur reconverti en glacière, Yanis propose six parfums de glaces – trois bases de crème : vanille, pistache, chocolat, et trois sorbets : mangue, citron vert et fraise – aux gourmands qui le stoppent en pleine rue. Depuis dix mois, le Lyonnais de 20 ans, reconverti glacier après un abc pro plomberie, et son ami Rayan, ingénieur informatique chargé de la communication et du marketing, ont monté ce concept de glacier ambulant, de retour de leur séjour en Thaïlande, où ils ont croisé nombre de commerces ambulants. Les deux amis se sont fait épauler par le Crepi (Clubs régionaux d'entreprises partenaires de l'insertion) et parrainés par un développeur-concepteur. Ils ont eux-mêmes imaginé leur triporteur à assistance électrique, conçu pour transporter et conserver les glaces à - 18°C, grâce à une batterie située à l’arrière du vélo, capable d’alimenter le caisson de froid pendant 8 heures. Bientôt, ils s'approvisionneront chez un producteur régional (ils se fournissaient jusque-là chez un artisan glacier breton).
Dès qu’il fait beau (7 jours sur 7 certaines semaines), Yanis grimpe sur son triporteur et effectue le même trajet : il débarque sur les quais du Rhône vers 16 heures, depuis le pont De Lattre de Tassigny, longe les berges, poursuit jusqu’à la place Bellecour puis la Guillotière, avant d'effectuer le même parcours en sens inverse.
L’été passé, le triporteur à glaces se transforme en module crêperie pour affronter le froid. Habile.

Quai des glaces, Tél. 06 74 42 61 65. Tarifs : 2,50 € la boule de glace. Contact : quaidesglaces69@gmail.com. Quai des glaces propose des prestations pour les entreprises et participe à des événements ponctuels.

Florian Landowski répare les vélos depuis son atelier du 87, rue Jaboulay (Lyon 7e) ou à domicile, en se déplaçant avec son triporteur, capable de supporter sa caisse à outils. / Photo DR
Florian Landowski répare les vélos depuis son atelier du 87, rue Jaboulay (Lyon 7e) ou à domicile, en se déplaçant avec son triporteur, capable de supporter sa caisse à outils. / Photo DR
Florian intervient régulièrement à domicile pour réparer les vélos de particuliers. / Photo DR
Florian intervient régulièrement à domicile pour réparer les vélos de particuliers. / Photo DR
L'imposante caisse à outils tient dans la malle du triporteur. / Photo DR
L'imposante caisse à outils tient dans la malle du triporteur. / Photo DR
Florian Landowski répare les vélos depuis son atelier du 87, rue Jaboulay (Lyon 7e) ou à domicile, en se déplaçant avec son triporteur, capable de supporter sa caisse à outils. / Photo DR Florian intervient régulièrement à domicile pour réparer les vélos de particuliers. / Photo DR L'imposante caisse à outils tient dans la malle du triporteur. / Photo DR

Cycle Service, la réparation de vélos à vélo

Crevaisons de pneus ou chambres à air, changement de freins, de dérailleurs, de patins, de câbles, bref tout ce qui touche à l’entretien ou la révision intégrale de vos vélos. Florian Landowski, 34 ans, successivement mécanicien préparateur, vendeur, puis coursier à vélo, diplômé du Certificat de qualification professionnelle mécanicien cycle de la SEPR de Lyon, intervient à domicile et sur les lieux de travail pour réparer vos VTT ou bicyclettes, entre Lyon et Villeurbanne.
Un métier logique pour ce passionné de vélo qui pratique le cyclisme depuis dix-huit ans (il donne aussi des conseils diététiques aux sportifs), labellisé Répar’acteurs, du nom des artisans du Rhône engagés à réparer avant de changer les pièces, et d’adopter une gestion à faible impact environnemental. Pas d’assistance électrique pour ce grand sportif, qui se déplace sur son triporteur, à la force de ses jambes.
Et pour ceux qui préfèrent se déplacer, Florian propose aussi des rendez-vous dans son atelier du 7e arrondissement.

Cycle Service, Pôle Vélo, 87, rue Jaboulay, Lyon 7e. Tél. 06 78 02 29 16. Tarif des déplacements : Lyon 2e, 3e, 6e, 7e et 8e : 15 €. Lyon 1er, 4e, 5e, 9e et Villeurbanne : 22 €. Page Facebook : ici. Site Internet.

Baptiste livre ses comtés et morbiers aux restaurateurs lyonnais, deux fois par semaine. / Photo Marion Saive
Baptiste livre ses comtés et morbiers aux restaurateurs lyonnais, deux fois par semaine. / Photo Marion Saive

Baptiste, coursier-fromager

La fromagerie Beillevaire, entreprise nantaise d’une trentaine d’années, c’est un peu la Mère Richard de la côte ouest. A Lyon, l’image de la franchise, c’est Baptiste, bras tatoués, béret et tablier noir floqué du logo de la maison-mère. Le trentenaire originaire du Vaucluse, un temps ouvrier dans le BTP, journaliste, puis fromager au Borough Market londonien, s’est fait dépêcher à Lyon pour ouvrir la boutique, implantée dans les halles Bocuse (ils sont désormais trois à tourner sur le stand), voilà deux ans et demi.
A tourner en rond sur son stand, Baptiste a eu la bougeotte. Et l’idée de démarcher les restaurateurs lyonnais, pour leur présenter les fromages Beillevaire. Depuis, les mercredis et vendredis matin, il livre une quinzaine de bistrots comme le Lyon’s Gastro Pub, le Café Arsène, la Ravigote ou encore l’hôtel 5 étoiles Villa Maïa, sur les hauteurs de Lyon (les chefs cuistots effectuent leur commande 48 heures avant). Pour ce faire, Baptiste a opté pour le vélo-cargo à assistance électrique, capable de transporter plus de 100 kilos de chèvre, comté et morbier, confinés dans des cagettes-glacières. Et avec son bolide, aucun souci pour quitter les halles Bocuse, embouteillées dès qu’il faut sortir du parking.

Fromagerie Beillevaire, halles Bocuse, 102, cours Lafayette, Lyon 3e. Tél. 04 78 95 44 20.

Frédéric Paradon astique les vitres des commerces lyonnais, toujours son vélo à proximité. / Photo Marion Saive
Frédéric Paradon astique les vitres des commerces lyonnais, toujours son vélo à proximité. / Photo Marion Saive

La vitre X-roussienne, le lavage de carreaux sur mesure

L’homme costaud tatoué au style de biker qui lave les vitres des bars, des salons de coiffure, des restaurants et des ateliers d’architecte partout dans Lyon ? C’est Frédéric Paradon, 47 ans, revenu à son premier boulot de laveur de carreaux (il était dans le lavage industriel quand il avait 20 ans). Arrivé à Lyon il y a deux ans, le Parisien, ancien taxi moto, 250 000 km avalés en deux ans sans un seul accrochage, a troqué sa bécane contre un vélo-cargo à assistance électrique. Chez les commerçants devenus ses amis, il prend le café, papote tandis qu’il astique les vitres. Avec son vélo-cargo - signé Les Vélos de Fratello de Sainte-Foy-lès-Lyon, où Fred est travaille en plus de ce second job -, il transporte aisément ses 40 kg de matériel, entre son échelle, son grattoir, ses perches, son mouilleur, ses chiffons et ses bidons de produit. Le gaillard se rend partout dans Lyon, à condition qu’il puisse stationner son deux roues à proximité.
Fred aime le travail bien fait, veille à chaque détail et propose même quelques bonus : il nettoie les poussières et retire les toiles d’araignée au plafond.

La Vitre X-Roussienne, Tél. 07 86 66 59 08.

Les cyclo-vendeurs de La Boucle se déplacent jusque dans les halls d'entreprises, ou sur les parvis quand il fait beau, pour livrer les plateaux repas aux employés. / Photo DR
Les cyclo-vendeurs de La Boucle se déplacent jusque dans les halls d'entreprises, ou sur les parvis quand il fait beau, pour livrer les plateaux repas aux employés. / Photo DR

La Boucle, la cantine d'entreprise ambulante

La Boucle, c’est des plats du jour destinés aux travailleurs pressés, livrés directement sur les parvis ou dans les halls d’entreprises, via triporteurs électriques. Piperade de légumes en crumble, sauté de veau aux olives et chorizo, quenelle de brochet béchamel tomatée… Ou encore salades de pâtes fusilli au saumon fumé. Les repas sont préparés dans les cuisines villeurbannaises du 9, rue Henri-Rolland, concoctés par Thomas, chef cuistot passé derrière les fourneaux de restaurants étoilés luxembourgeois et d’Eurodisney. La quinzaine de jeunes cyclo-vendeurs s’assure de livrer - à l’heure - les 150 kg de repas (stockés dans des caissons chauds ou froids) dans les 23 points de retrait.
La carte est renouvelée chaque jour (1 entrée, 2 plats, 1 dessert), le tout fait-maison à partir de produits - le plus possible – bio et locaux : le pain vient de la boulangerie voisine, les cookies de la Caluirarde Anaïs, les jus de fruits de Savoie, les fruits et légumes du Rhône et les yaourts de la ferme iséroise des Vaches heureuses.
A l’origine de ce concept né en 2013, trois amis, deux banquiers et un ingénieur, qui en avaient marre de manger des sandwichs tous les midis.

La Boucle, 9, rue Henri-Rolland, Villeurbanne. Tél. 04 37 48 05 61. Site Internet pour passer commande : ici. Tarifs : 7,50 € le repas, 9,50 € avec entrée et dessert, dès 5 euros le sandwich.

Une partie de l'équipe des "Fendeurs". / Photo DR
Une partie de l'équipe des "Fendeurs". / Photo DR
Maxence Sarazin (sur la photo) et Kolia Cassar ont monté leur société de coursiers à vélos en 2013, et tentent de retrouver l'esprit communautaire qui régnait dans la profession dans les années 1980. / Photo DR
Maxence Sarazin (sur la photo) et Kolia Cassar ont monté leur société de coursiers à vélos en 2013, et tentent de retrouver l'esprit communautaire qui régnait dans la profession dans les années 1980. / Photo DR
Une partie de l'équipe des "Fendeurs". / Photo DR Maxence Sarazin (sur la photo) et Kolia Cassar ont monté leur société de coursiers à vélos en 2013, et tentent de retrouver l'esprit communautaire qui régnait dans la profession dans les années 1980. / Photo DR

Fends la bise, les cyclo-coursiers stylés

Égéries du Coq Sportif, les cyclo-coursiers de Fends la bise ("aller vite" en bon français), casquettes floquées de la phrase culte du Diner de con « L’adresse, bordel » sur la tête, livrent entre 65 et 150 colis chaque jour, avec leurs bicyclettes de compét’. Leur terrain de chasse ? Lyon et Villeurbanne, que la quinzaine de coursiers sillonne de 17 à 23 heures, pour le gros de la journée.
Maxence et Kolia, 30 ans, férus de sport, l’un entrepreneur, l’autre axé développement durable, ont créé leur boîte en 2013 - depuis labellisée « Lyon, ville équitable et durable » - sur le modèle des coursiers new-yorkais et tokyoïtes. Casser les codes d’une profession vieillissante à l’image faussée par l’arrivée des plateformes low-cost, retrouver l’âge d’or du métier de la fin des années 1980, au fort esprit communautaire, et décongestionner le centre-ville des voitures polluantes. Trois points à la base du projet des deux trentenaires, qui se sont installés rue Rabelais (Lyon 3e), dans une ancienne supérette désaffectée de 110 m², juste en face de la caserne de pompiers.
Prothèses dentaires, cidre bio normand, traiteur, affiches de com’ ou petits plis, ils transportent tout un tas de produits dans leur sac à dos ou dans la caisse de leur vélo-cargo,  à 99 % pour les entreprises. Les cyclo-coursiers, de 19 à 39 ans, sont triés sur le volet. La plupart sont d’anciens sportifs de haut niveau, boxeurs, footballeurs, escaladeurs, pas nécessairement cyclistes. L’important, c’est d’avoir le goût de l’effort et le mental d’un champion pour assumer les 130 km quotidiens.

Fends la bise, 26 rue Rabelais, Lyon 3e. Tél. 06 52 23 51 13. Site Internet : ici. Vous pouvez les suivre dans leur quotidien sur Instagram : . Course unique : 12 euros. Tarifs dégressifs suivant le nombre de bons à livrer (pour un client régulier : 6,90 € la course).

Sarah Benosman (au centre) a créé un concept d'épicerie bio en vrac en ligne. / Photo Photilde
Sarah Benosman (au centre) a créé un concept d'épicerie bio en vrac en ligne. / Photo Photilde
Les client peuvent se faire livrer leurs commandes à domicile, grâce au vélo-cargo, ou les récupérer directement en boutique. / Photo Photilde
Les client peuvent se faire livrer leurs commandes à domicile, grâce au vélo-cargo, ou les récupérer directement en boutique. / Photo Photilde
Sarah Benosman (au centre) a créé un concept d'épicerie bio en vrac en ligne. / Photo Photilde Les client peuvent se faire livrer leurs commandes à domicile, grâce au vélo-cargo, ou les récupérer directement en boutique. / Photo Photilde

Vrac’n’roll, l’épicerie bio en ligne

Des pâtes, du riz, du café, des épices, des céréales, de la farine, des fruits secs et des gâteaux apéro… Plus de 170 produits bio livrés jusqu’à votre domicile, dans des contenants consignés, le tout à vélo. C’est l’idée qu’a eu Sarah Benosman, ex-ingénieure design, tournée vers l’anti-gaspillage alimentaire il y a tout juste un an. Son but : rendre le vrac facile et agréable au consommateur : pas question de retourner à de vieilles habitudes inconfortables pour consommer de façon responsable. Les clients peuvent se faire livrer à domicile, à des horaires post-boulot, pour un très faible impact environnemental. Ils n’ont plus à porter leurs courses ou à voir leurs sachets kraft céder sous le poids des ingrédients.
On peut ainsi commander du boulgour dans un bocal (consigné) taille M, du sucre dans un bocal taille S, ou encore des pépites de chocolats dans un bocal taille L. A la prochaine livraison, on rend son contenant au cyclo-vendeur, qui le ramène au concept store. Là, les bocaux récupérés sont lavés dans une même fournée pour réduire la consommation en eau.   
Bientôt, se rajouteront à la liste de produits à commander en ligne, huiles et vinaigres ainsi que des produits d’hygiène et d’entretien. Sarah Benosman, qui fait actuellement appel à des prestataires cyclo-coursiers pour livrer les commandes, compte multiplier les moyens de transport, et développer la livraison en véhicules électriques pour les trajets les plus longs ou pentus.

Vrac'n'roll, 254, rue Francis de Pressensé, Villeurbanne. Tél. 07 68 28 52 75. Livraisons du lundi au vendredi de 15 à 17 heures (au bureau) ou de 19 à 21 heures (au domicile). Les clients peuvent choisir le bocal consigné (différentes tailles, S, M, L) ou le sachet en papier kraft,  à 30 centimes d’euros (un don de 10 centimes est fait à l’association Zéro Déchet Lyon). Et peuvent se faire livrer chez eux, ou venir chercher leur commande au concept store. Site Internet : ici.

Marion Saive (marion.saive@leprogres.fr)

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