Santé Des Lyonnais se mobilisent pour faire reconnaître la médecine chinoise

Un Français sur cinq aurait recours à la médecine chinoise reconnue en Allemagne, au Portugal, en Italie et en Espagne. / Photo PQR  Le Maine libre
Un Français sur cinq aurait recours à la médecine chinoise reconnue en Allemagne, au Portugal, en Italie et en Espagne. / Photo PQR Le Maine libre

La délégation pour l’intégration et la reconnaissance de la médecine chinoise est lancée ce jeudi 9 mars.

Donner un cadre légal à la médecine chinoise : tel est l’objectif de la Délégation pour l’intégration et la reconnaissance de la médecine chinoise (DIRMéCh).

Derrière ce nom à la consonance officielle, se trouve une association lyonnaise, présidée par Georges Jacob, ancien chef d’entreprise. Sa déléguée générale, Morgane Hanechi, praticienne en médecine chinoise, a réussi à convaincre la quasi-totalité des syndicats (à l’exception d’un) et les quatre fédérations de médecine chinoise de se fédérer au sein de DIRMéCh pour parler d’une seule voix. C’était le préalable exigé par les parlementaires avec lesquels Morgane Hanechi discute depuis dix ans.

Pour un cadre réglementaire et « un minimum de formation »

Aujourd’hui, DIRMéCh a le soutien du député Jean-Louis Touraine, du sénateur-maire Gérard Collomb, mais surtout de Michel Forissier, membre de la commission des Affaires sociales du Sénat, qui s’est engagé à préparer une proposition de loi. « La philosophie est d’avoir un cadre réglementaire et un minimum de formation. Ce qui nous intéresse, c’est le bénéfice que le patient peut en retirer », explique Michel Forissier. Cette proposition ne pourra être présentée avant janvier 2018 au plus tôt et ne visera pas un remboursement par la Sécurité sociale.

L’une des priorités de DIRMéCh est d’obtenir l’arrêt des suspensions pour exercice illégal qui menacent les praticiens. Pragmatique, Morgane Hanechi parle d’une vision à « dix, quinze ou vingt ans », pour une pleine reconnaissance. Outre les parlementaires, DIRMéCh va s’employer à « nouer des alliances » avec des médecins, des universitaires, voire des laboratoires pharmaceutiques. « Seuls quelques laboratoires en Europe distribuent les produits chinois. On pourrait imaginer que les labos français fournissent certains traitements pour des pathologies types », espère Morgane Hanechi.

148 écoles de formation en France

Centrée sur la prévention, la médecine traditionnelle chinoise (MTC) existe depuis plus de 3 000 ans. Elle comprend quatre branches : les manipulations externes (acupuncture, massages), la pharmacopée, les exercices internes (respiration, relaxation), les exercices externes (tai qi chuan, qi gong). En France, seuls les médecins, sages-femmes et dentistes sont autorisés à pratiquer l’acupuncture. Les 30 000 praticiens de médecine chinoise non médecin risquent tous des poursuites. Il existe 148 écoles dont la formation varie de 2 000 à plus de 4 000 heures.

Sylvie Montaron

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