Expériences communes Il fait 70 000 km par an à vélo

Pierre Charles se déplace à Lyon en triporteur.    Photo Progrès   /David TAPISSIER
Pierre Charles se déplace à Lyon en triporteur. Photo Progrès /David TAPISSIER
Pierre Charles, sur ses vélos, dans sa chambre dédiée à la peine reine  Photo Progrès /David TAPISSIER
Pierre Charles, sur ses vélos, dans sa chambre dédiée à la peine reine  Photo Progrès /David TAPISSIER
Pierre Charles se déplace à Lyon en triporteur.    Photo Progrès   /David TAPISSIER Pierre Charles, sur ses vélos, dans sa chambre dédiée à la peine reine  Photo Progrès /David TAPISSIER

Coursier depuis 2016, Pierre Charles est bien plus qu’un simple amateur de vélo. Et il repousse les limites de l’imaginable… par passion. Gros plan sur ce cycliste de 29 ans qui a déjà roulé plus de 665 000 km… et qui vise les 700 000 fin 2021.

Lorsque l’on voit passer Pierre Charles sur son triporteur, rien ne le distingue des coursiers. Sauf son sourire. Car le cyclo lyonnais au physique de grimpeur est profondément différent des autres. C’est un forçat, humble, discret, qui aime rouler à l’extrême. La meilleure des preuves ? Son compte Strava, qu’il a créé le 11 février 2017 et qui parle pour lui. Environ 5 000 km au compteur rien qu’au mois de mars et près de 300 heures vissé sur la selle. Cette année il devrait boucler les 70 000 km et souhaite atteindre fin 2021 les 700 000 km… pour une grosse vingtaine d’années de pratique.

Sur un triporteur qui pèse entre 35 et 45 kg

Énorme diront la plupart des cyclistes. Pierre, modeste, explique qu’il est encore très loin des 1,7 million de km de Patrick Plaine, le recordman surnommé « rouletoujours ». Même si à 29 ans, il est en avance sur lui…

Il existe toutefois une grosse différence entre Pierre et la plupart des autres rouleurs : il fait 70 % de ses kilomètres pour son travail. Pendant que certains pédalent sur home-trainer, lui est sur son triporteur, à enquiller les « stop and go » causés par la circulation. Sur une machine, qui fait entre 35 et 45 kg avec les courses à livrer…

Une histoire de famille

Mais pour rien au monde il ne cesserait son activité. Cet ingénieur de formation choisit de travailler comme coursier pour Fends la bise , la société lyonnaise spécialisée dans la livraison de colis en vélo-cargo dont il partage les valeurs. Il débarque à Lyon en 2016 et n’est alors jamais monté sur un triporteur. Certes, il déjà grimpé des sommets auvergnats, mais ça n’a rien à voir avec la pratique urbaine et il enchaîne les gadins les premières semaines.

Pourtant avec le recul, le cycliste l’avoue, il a été « relativement » épargné par les blessures… Même si elles sont indirectement à l’origine de sa passion pour la petite reine. Le vélo fait en effet partie de la famille. Son grand-père faisait encore le tour de Haute-Loire à 85 ans et il n’a que 7 ans lorsque sa mère l’initie. Étudiant, il fait du basket mais se blesse plusieurs fois au poignet. Du coup, il se met au home-trainer pour sa rééducation… et attrape le virus. Il commence à enquiller les sorties, apprécie la souffrance mais surtout la beauté des paysages. Et aussi fou que ça puisse paraître, rouler est devenue une habitude et un plaisir. Une routine dont il ne se passe pas : sur ses quatre dernières années et seulement à cause d’une suspicion de Covid, il ne s’est abstenu de pédaler que… trois jours.

« Quand je roule, je mets mon ego de côté »

Mais le fondu ne s’arrête pas là. Une fois la semaine de travail effectuée, le cycliste s’évade… vers de l’Ultra bike. Le vélo ultime, dur, à l’ancienne, dans l’esprit des pionniers du Tour… avec jusqu’à 5 000 m de dénivelé par jour sans assistance.

Reste une question. Qu’est ce qui le ferait arrêter ? Il évoque une autre petite reine… « Le vélo, c’est ma vie aujourd’hui. Quand je roule, je mets mon ego de côté. Je me bats contre moi-même. Je ne me vois pas arrêter Fends la bise, quand je bosse c’est comme un jeu. Peut-être calmer le week-end, quand j’aurais une vie de famille. Mais d’ici là, j’ai vraiment envie de continuer à partager cette passion… », conclut le rouleur lyonnais.

David TAPISSIER

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