Rhône À Lyon, « une édition des Enfoirés plus sobre et sans ostentation »

Chaque année, TF1 diffuse le spectacle des Enfoirés dans la première quinzaine de mars.  Photo Joël Philippon
Chaque année, TF1 diffuse le spectacle des Enfoirés dans la première quinzaine de mars. Photo Joël Philippon
Anne Marcassus,  directrice artistique  des Enfoirés Photo DR
Anne Marcassus,  directrice artistique  des Enfoirés Photo DR
Chaque année, TF1 diffuse le spectacle des Enfoirés dans la première quinzaine de mars.  Photo Joël Philippon Anne Marcassus,  directrice artistique  des Enfoirés Photo DR

Anne Marcassus, directrice artistique du spectacle des Enfoirés depuis près de trente ans, évoque l’édition 2021, qui se tournait jusqu’à samedi à la Halle Tony-Garnier. Ce ne sera pas un concert, mais une succession de séquences et de plateaux, avec la même équipe d’artistes, toujours aussi motivés.

Est-ce que vous avez songé à renoncer au spectacle des Enfoirés ? Comment la situation sanitaire a-t-elle affecté ce concert ?

La première chose, c’est que ce n’est plus un concert. C’est davantage un spectacle adapté à la télé. Cette année, la télé a pris le pas sur le live, sur le spectacle vivant. En général, on joue sept spectacles, et ce sont les deux derniers jours qui sont filmés.

On a eu le temps de bien peaufiner le show, de corriger ce qui n’était pas satisfaisant. Cette fois, on va faire une ou deux prises de chaque séquence, et point-barre.

Jouer sans public est aussi certainement très différent…

Oui, le public apporte son énergie, c’est très important pour les artistes. Là, ça va être comme un tournage de film, c’est forcément plus froid. Pour les sketches, si on n’a pas les rires, c’est délicat.

On en est remis à nous-mêmes. D’habitude on a quelques jours pour faire valider nos sketches, par le rire des premières séances. C’est une difficulté en plus.

Les conditions sanitaires bousculent beaucoup la production ?

Les Restos du Cœur ont organisé une bulle sanitaire. Tout le monde est testé et surtesté. On travaille avec des masques, à l’exception des artistes évidemment.

Et on ne peut pas sortir, on va de l’hôtel à la salle, et c’est tout, on vit en autarcie. Mais je dois dire que les artistes ont une énergie incroyable, qui motive tout le monde. La cause est plus importante que les contraintes et ils y vont à fond.

Quel est le thème de cette année ?

L’idée c’est de donner de l’espoir, d’être optimiste et joyeux, mais sans trop en faire. Il ne s’agit pas d’être ostentatoire, il y aura une certaine sobriété plutôt qu’une débauche de moyens.

Au final, devant son écran, le téléspectateur aura-t-il quand même un grand spectacle ?

Ah j’espère que oui ! Mais ce sera différent. On a mis les musiciens plus près des artistes, pour qu’ils s’adressent à quelqu’un, qu’il y ait une interaction. Et les artistes s’adresseront plus à la caméra que pour les années précédentes.

Vous êtes « directrice artistique » du spectacle. Quel est votre rôle ?

Je propose des idées pour les différents tableaux, j’écoute celles des autres, on les travaille, et au final je valide les différentes séquences. On va chercher quelle chanson ira avec, en parlant avec les artistes. Puis je vais évoquer les costumes avec les costumières, les décors avec les accessoiristes…

Au final, tout est écrit, tout est prévu au millimètre. On sait ce qui se passe sur scène à chaque instant, et ce qui se prépare en coulisse au même moment.

Sur votre agenda, les Enfoirés, c’est personnel ou professionnel ?

C’est tout à fait personnel, je suis une bénévole comme il y en a beaucoup. Je mets même mon équipe au service des Enfoirés. Même si produire des émissions et des spectacles est mon métier, les Enfoirés, ça n’entre pas dans mon agenda professionnel.

Pourquoi revenir à Lyon, pour la quatrième fois ?

Ça nous permet de rester ensemble. À paris, chacun serait rentré chez soi, avec le risque de croiser des gens. Là, on reste ensemble, en circuit fermé. Et puis Lyon est à deux heures de train, c’est vraiment pratique.

Est-ce qu’il y a toujours les mêmes artistes cette année ?

On a Vianney qui arrive cette année. On va retrouver Zazie, Soprano, Jean-Louis Aubert, Florent Pagny, et tous les autres… Hélas, Liane Foly est en tournage, et elle ne sera pas avec nous cette année.

On va aussi rééditer ce que l’on avait fait l’an passé avec Véronique Sanson, une séquence « zoom » avec un artiste qui n’est pas venu depuis très longtemps. C’est une surprise…

Et de quatre

Les Enfoirés sont de retour à la Halle Tony-Garnier pour la quatrième fois.

2001 : la tournée L’Odysséée des Enfoirés » s’était arrêtée à Lyon le 29 janvier. L’album de la tournée avait été enregistré ce soir-là.

2006 : « Le Village des Enfoirés » avait donné lieu à sept représentations, du mercredi 22 au lundi 27 février. 

2012 : « Le Bal des Enfoirés » vingt-deuxième album des Enfoirés, a été enregistré lors de leurs sept concerts à la Halle Tony-Garnier de Lyon du mercredi 1er au lundi 6 février 2012.

Des Lyonnais sur la scène

Mimie Mathy, la Brondillante, joue depuis des années la maîtresse de cérémonie des Enfoirés, mais elle n’est pas la seule régionale de l’étape. Si Liane Foly est en tournage cette année, on retrouvera deux Lyonnais d’adoption à Tony-Garnier, le Gallois Michael Jones et le Corse Patric Fiori, qui vivent tous les deux dans l’agglomération.

Recueilli par T.M.

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