Culture Y aura-t-il trop de concerts à la rentrée?

Concert au Transbordeur: «On a  réussi à reporter toutes nos grosses dates» souligne Cyrille Bonin, directeur du Transbo.   Photo Progrès
Concert au Transbordeur: «On a réussi à reporter toutes nos grosses dates» souligne Cyrille Bonin, directeur du Transbo. Photo Progrès

Tous les concerts reportés ce printemps se télescopent avec la programmation déjà prévue dans les salles de spectacles pour l’automne, et au-delà pour 2021. Les agendas sont remplis comme jamais. Les spectateurs seront-ils au rendez-vous ?

« On en est à reporter des concerts qui ont déjà été reportés », dit Thierry Téodori, directeur de la Halle Tony-Garnier. « On joue au Tetris, on déplace des concerts, en cherchant des cases vides dans nos agendas » poursuit Fabien Hyvernaud, programmateur du Ninkasi. Tous les acteurs de la musique « live » sont en train de s’arracher les cheveux pour réorganiser leurs agendas, avec des concerts prévus de longue date, auxquels s’ajoutent des spectacles annulés à cause du Covid, à qui il faut trouver une nouvelle date. C’est souvent un casse-tête.

« On a réussi à reporter nos gros concerts, mais il est difficile de trouver des places pour de nouveaux artistes. Il y a un effet domino » explique Cyrille Bonin, qui dirige le Transbordeur. Également membre du bureau du Prodiss, le syndicat des métiers du spectacle musical, Cyrille Bonin souligne les problèmes causés par cet effet : « certains producteurs renoncent à monter de nouvelles tournées, ou les repoussent à moyen terme, tout simplement parce que ces concerts se retrouvent dans une situation d’hyperconcurrence ».

L’ensemble de la filière musicale souligne la fidélité des spectateurs. L’ensemble des concerts reportés a donné lieu à très peu de remboursements. « C’est marginal » explique Rémy Perrier, qui gère des spectacles dans toute la région. Mais ce trop-plein de concerts risque de saturer le marché. « On ne vend plus une place » soulignent tous les professionnels. Le redémarrage, quand il se fera, risque d’être commercialement difficile. « On sait bien que les budgets ne seront plus les mêmes, avec la question du chômage partiel » souligne Rémy Perrier.

Même avec des concerts tous les soirs de la semaine, dans la plupart des salles, est-ce que les spectateurs sortiront davantage ? « Personne ne le sait, on n’a jamais connu ce genre de situation » souligne Thierry Téodori. D’autant que la question se pose aussi pour le cinéma, avec tous les films dont la sortie a été différée, pour le théâtre, la danse, et même les rencontres sportives.

Les métiers du « live » se préparent des temps difficiles. « On a besoin d’un cadre légal. On ne peut pas attendre indéfiniment des décisions qui ne viennent pas et naviguer au jour le jour » se désole Cyrille Bonin, confiné dans son bureau du Transbordeur…

T.M.

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