Running Lyon « Plogging », la course contre les ordures

Course à pied et ramassage de déchets : c'est du propre! Photo Benjamin STEEN
Course à pied et ramassage de déchets : c'est du propre! Photo Benjamin STEEN
Prêts pour le départ... Photo Benjamin STEEN
Prêts pour le départ... Photo Benjamin STEEN
Les sacs sont fournis par la Métropole de Lyon. Photo Benjamin STEEN
Les sacs sont fournis par la Métropole de Lyon. Photo Benjamin STEEN
Course à pied et ramassage de déchets : c'est du propre! Photo Benjamin STEEN Prêts pour le départ... Photo Benjamin STEEN Les sacs sont fournis par la Métropole de Lyon. Photo Benjamin STEEN

Cette nouvelle forme de course à pied consistant à débarrasser les parcours de running des détritus, créée en Suède, est en plein boom.

On s’était dit que ça ferait un bon sujet de reportage. Enfin, ça, c’était avant de se retrouver à la tombée de la nuit les mains chargées de deux sacs poubelle de 100 litres, lourds de 5 kilos de déchets chacun, en hésitant sur la moins pire des méthodes de portage : sur les épaules avec les coudes en feu ou le long du corps, l’extérieur des mollets griffés par les canettes transperçant les sacs.

Et encore deux kilomètres à parcourir pour revenir au magasin de running de Décines, organisateur la semaine dernière de cette première expérience lyonnaise de « plogging ».

Depuis son invention en Suède, le pays champion du monde du tri, ce néologisme envahit les rubriques tendance de la presse internationale. Contraction de « plocka upp » (ramassage dans la langue de Zlatan) et « jogging », il désigne cette nouvelle forme de course à pied consistant à débarrasser les parcours de running des détritus.

Pas de verre ni de seringue

« J’ai découvert ça aux Etats-Unis. Cela faisait longtemps que je voulais faire un de nos événements autour de ce thème. J’ai attendu la fin des vacances, parce que le parc (de Miribel-Jonage) est vraiment dégueulasse », avait prévenu le responsable de la boutique, Kevin Molard, tout en dotant chacun des trente participants d’un sac poubelle (offert par la Métropole de Lyon) et d’un gant en plastique.

Ultime consigne avant de s’éparpiller par petits groupes, histoire de «balayer» la plus grande surface possible : ne pas ramasser de verre ou de seringue. Trop dangereux… Et c’était parti pour une dizaine de kilomètres de course à pied « utile ».

Cela commence en petite foulée. « C’est un bon entraînement», apprécie Loïc Géraud, coureur local de bon niveau. «Il faut changer de rythme, se baisser, repartir. C’est pas mal pour le renforcement ».

Et ça se termine par de l’haltérophilie après avoir collecté d’innombrables canettes et bouteilles en plastique (il a fait chaud cet été), un nombre incalculable de paquets de cigarettes mais aussi des chaussures, un pare-soleil ou des sous-vêtements.

Avouons-le : nous avons laissé les préservatifs usagés dans le fourré où nous les avions découverts… On ne comptera pas non plus les encouragements reçus de la part des promeneurs intrigués par la démarche.

Les sacs de 100 litres sont rapidement pleins. Photo Benjamin STEEN
Les sacs de 100 litres sont rapidement pleins. Photo Benjamin STEEN
La pesée des sacs poubelles après une heure et demie de ramassage. Photo Benjamin STEEN
La pesée des sacs poubelles après une heure et demie de ramassage. Photo Benjamin STEEN

"Quand on voit ça, on se dit que la planète est malade"

« J’ai voulu joindre l’utile à l’agréable», raconte Amandine, venue de Lyon pour l’occasion. «Quand on voit ça, on se dit que la planète est malade et que les gens n’en ont rien à faire. C’est une goutte de sueur dans un océan de déchets, mais j’espère que ce genre de démarche contribuera à faire réagir ».

Bilan de la soirée : 90 kilos récoltés. « On va instituer le plogging deux fois dans l’année », promet l’organisateur. Mais libre à chacun de faire un petit geste pour l’environnement à chaque séance. C’est le message porté par Nicolas Lemonier. Cet ostéopathe nantais de 36 ans, venu à la course à pied en 2015 à la naissance de son enfant, a créé le groupe Facebook Run Eco Team, dont la popularité a été boostée par Mark Zuckerberg en personne, séduit par le concept « 1 run = 1 waste (déchet) ».

Le boss du réseau social a d’abord demandé à ses 100 millions de followers de liker Nicolas Lemonier et son groupe. Puis il a envoyé une équipe de tournage chez le nouvel apôtre du plogging, il l’a accueilli à Palo Alto et a mis à la disposition de la cause toute la puissance de Facebook. Résultat : l’association totalise aujourd’hui 50 000 membres dans 103 pays (Lyon a son groupe Facebook Run Eco Team).

« Mon objectif en tant que coureur et père, c’est juste de parler d’écologie de manière positive», explique Nicolas Lemonier. «On transmet un message mais on ne culpabilise personne. Et c’est tellement valorisant ! A l’endorphine de la course à pied, vous ajoutez la sensation de bonheur d’avoir contribué à une cause qui vous dépasse ».

Le 15 septembre, un plogging géant aura lieu à Nantes dans le cadre du « World Cleanup Day » : 800 personnes sont attendues ! L’expérience devrait servir de laboratoire à un événement planétaire. En attedant, l’appli Run Eco Team permet à tous les éco-runners de partager leurs collectes.

En tout, l'opération a permis de collecter 90 kilos de déchets. Photo Benjamin STEEN
En tout, l'opération a permis de collecter 90 kilos de déchets. Photo Benjamin STEEN

Benjamin STEEN

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