Rhône Mc Solaar: «Évidemment, je viendrai à Lyon»

Mc Solaar en 2003, quand ses premiers albums étaient introuvables. Photo archives Progrès /Jean-Marc COLLIGNON
Mc Solaar en 2003, quand ses premiers albums étaient introuvables. Photo archives Progrès /Jean-Marc COLLIGNON

Pendant plus de vingt ans, ses premiers disques étaient introuvables, pour de sombres raisons juridiques. Qui Sème Le vent Récolte Le Tempo et Prose Combat viennent enfin d’être réédités.

Juste au tournant du siècle, MC Solaar et sa maison de disques sont en désaccord. L’artiste souhaite publier un double album, mais Polydor préfère deux disques successifs. L’artiste en appelle aux prud’hommes, et le tribunal lui donne raison. L’artiste est libéré de son contrat, mais ses disques se retrouvent dans un flou juridique. « Il n’y avait pas eu de décision ferme sur qui avait le droit de remettre sur le marché les premiers albums », explique le musicien. Résultat, ses premiers disques ont été indisponibles en vinyle ou en CD, et absents du streaming, pendant plus de vingt ans. Jusqu’à un accord entre les parties, et des rééditions bienvenues… On peut donc redécouvrir Qui Sème Le vent Récolte Le Tempo (1991), et  Prose Combat (1994).

« Tellement de gens me disaient leur frustration de ne pouvoir acheter ces disques »

Vous êtes à Lyon pour une rencontre à la Fnac. Qui allez-vous rencontrer ? Des gens qui vous retrouvent ou des jeunes qui vous découvrent ?

« Des gens qui me retrouvent, je pense. J’ai fait un petit sondage personnel et beaucoup de gens nés après l’an 2000 ne connaissent pas ces premiers albums. Ils connaissent l’après, mais pas cette époque, à l’exception de quelques tubes, dans le meilleur des cas. »

Des disques toujours d’actualité ? Vous changeriez quoi, si vous pouviez ?

« Je les ai réécoutés pour la réédition, avec attention, pour éventuellement modifier les livrets. En termes d’actualité, il n’y a aucun souci. J’avais même traité à l’époque de sujets qui sont aujourd’hui partout, comme l’écologie, l’isolement social, le déclin. Trente ans après, dans le cas du premier album, les thèmes sont toujours présents dans nos vies. C’est pareil pour Prose combat , avec le titre  La Concubine de l‘hémoglobine , qui évoque la guerre, ou Nouveau Western , que j’avais écrit au moment où l’on parlait de l’exception culturelle française. »

Ces disques ont perdu vingt ans, c’était une contrainte juridique et financière, mais est-ce que ça vous a affecté artistiquement ?

« Je suis rapidement parti dans une nouvelle aventure, j’ai eu d’autres succès. Mais au bout de cinq ans, de dix ans, tellement de gens me disaient leur frustration de ne pouvoir acheter ces disques. Ils ne connaissaient pas ces albums, et on ne pouvait rien pour eux. À cette époque, on ne les trouvait même pas sur Internet, c’était avant youTube ou les réseaux. Je rencontrais de jeunes musiciens, et c’était frustrant, artistiquement. »

Au salon du disque de Lyon, vos premiers albums se vendaient très cher. Vous allez les démonétiser !

« Mes amis DJ’s m’en parlaient souvent ! C’était des disques qui valaient bien plus chers que des disques, parce que c’était des objets rares. »

Existe-t-il d’autres cas comme le vôtre ?

« Non, pas à ma connaissance. Personne n’était autorisé à publier ces disques. C’est un cas particulier, qui aurait pu encore durer des années. Heureusement, j’ai rebondi, j’ai continué à faire de la musique. »

Lyon, la dernière fois, c’était Fourvière il y a trois ans. Le retour sur scène, c’est bientôt ?

« J’ai envie de remonter sur scène, de rejouer ces morceaux. On va en parler avec mon équipe, on va choisir une formule musicale. Évidemment, je viendrai à Lyon, j’aime beaucoup cette ville, je l’ai fait visiter à mes enfants il n’y a pas très longtemps. J’aime bien leur faire découvrir les jolis coins de France. »

Propos recueillis par T. M.

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