Métropole de Lyon Le « Gabiodiv » fête ses 2 ans à Lyon : le rendez-vous de la biodiversité en bord de Rhône

Le long des berges Karen Blixen, le Gabiodiv permet le retour de la biodiversité .  Le Progrès/Victor DIWISCH
Le long des berges Karen Blixen, le Gabiodiv permet le retour de la biodiversité . Le Progrès/Victor DIWISCH

Après deux années d’expérimentation, l’aménagement Gabiodiv sur les berges Karen-Blixen en bord de Rhône fait désormais partie intégrante du paysage. L’association Des Espèces Parmi’Lyon qui l’a fait naître projette d’autres installations du même genre, notamment en bord de Saône.

À l’arrivée des visiteurs, une multitude de petits poissons se cachent sous les feuilles mortes et le branchage du « Gabiodiv ». Ce jour-là, après deux ans d’expérimentations , l’association des Espèces Parmi’Lyon inaugure l’installation, située entre la piscine du Rhône et le pont de la Guillotière. D’une longueur de 60 mètres, le « Gabiodiv », contraction des mots « gabion » et « biodiversité », a pour objectif de restaurer des berges naturelles et un milieu aquatique en zone urbaine, là où une grande partie de la biodiversité a disparu.

200 espèces inventoriées sur l’installation

« L’importance de ce projet est d’avoir un point relais pour la biodiversité dans la traversée minérale de Lyon » explique Patrice Pautrat, chargé d’interventions à l’Agence de l’eau Rhône, qui a subventionné le projet à près de 100 000 €. « L’objectif est d’avoir des milieux aquatiques qui fonctionnent bien, c’est-à-dire où un cycle de vie avec un brassage génétique est possible » continu M. Pautrat.

Malgré les crues importantes du Rhône et la présence d’espèces invasives, le projet est plus que convaincant : 200 espèces ont été inventoriées sur l’installation. « Nous sommes passés de 7 à 50 espèces végétales en 1 an, puis à 85 espèces aujourd’hui. 50 % sont liées aux zones humides, et trois-quarts des espèces sont indigènes au Rhône, ce qui est un bon résultat en zone urbaine » précisent Quentin Brunelle et Victorine De Lachaise, directeurs et cofondateurs de l’association, à l’origine du projet.

Concernant la faune, « les coléoptères, à la base des chaînes alimentaires, ont permis l’arrivée de prédateurs. Il y a près de 25 espèces d’abeilles sauvages et parmi les espèces à enjeux, le brochet et la bergeronnette des ruisseaux ont été observés ». La présence de ces espèces, indique un milieu aquatique et végétal revigoré. Les nombreuses libellules en sont la preuve. « Les libellules sont bios indicatrices. En protégeant les libellules on œuvre à l’habitat des autres espèces. Leur présence nous informe de la qualité de l’environnement. Le long des quais bétonnés il a seulement 2 ou 3 espèces » indique Quentin.

 Vu sur le Gabiodiv depuis le pont de la Guillotière. Photo Progrès /Victor DIWISCH
Vu sur le Gabiodiv depuis le pont de la Guillotière. Photo Progrès /Victor DIWISCH

Un impact social important

« L’aménagement à toute sa place en centre-ville, la nature attire le regard. L’installation à un impact social tout aussi important, voir plus important, que l’impact écologique » souligne Victorine. « Sur 600 personnes, observées pendant une demi-journée, plus de la moitié a regardé l’installation, s’est arrêtée ou a interagi avec elle, notamment en prenant des photos ».

Des atouts que l’association souhaite partager en créant des projets dans d’autres quartiers. « Le Gabiodiv est le point de départ de plusieurs projets pour la biodiversité dans la ville de Lyon. Nous souhaitons notamment aménager 400 mètres de balade sur les bas ports de la Saône » explique Victorine. « Chaque quai étant différent, nous cherchons le modèle à adopter ».

Victor DIWISCH

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