Rhône Bronchiolite et virus hivernaux : une épidémie précoce dans le département

Le professeur Yves Gillet, pédiatre aux urgences pédiatriques de l’Hôpital Femme Mère Enfant (HCL) de Bron, examine une jeune patiente en salle de surveillance.  Photo Progrès /Maxime JEGAT
Le professeur Yves Gillet, pédiatre aux urgences pédiatriques de l’Hôpital Femme Mère Enfant (HCL) de Bron, examine une jeune patiente en salle de surveillance. Photo Progrès /Maxime JEGAT

Face à l’augmentation des consultations aux urgences de l’hôpital Femme Mère Enfant de Bron, les pédiatres rappellent la nécessité de conserver les gestes barrières et de respecter le parcours de soins pour éviter la saturation des services hospitaliers.

Partout en France, les épidémies virales hivernales ont opéré une arrivée précoce cette année. De permanence à la régulation du Service d’accès aux soins (SAS) ce week-end, le Dr Pascal Dureau a ainsi traité 20 patients pour ce motif en 4 heures vendredi soir. « Outre les bronchiolites, il y a aussi un tableau associant forte fièvre, encombrement pharyngé et atteinte digestive qui touche enfants et adultes et peut faire penser au Covid, qui, lui aussi, continue de circuler », explique ce médecin généraliste.

Les consultations en forte hausse

Aux urgences pédiatriques de l’hôpital Femme-Mère-Enfant de Bron, les consultations ont connu une hausse de + 56 % ces 15 derniers jours par rapport à la même période de 2019. Ce phénomène s’explique notamment parce que les enfants sont moins armés en défenses immunitaires en raison des confinements successifs. Cette « dette immunitaire » fait aussi craindre une épidémie de plus grande ampleur alors qu’à l’hiver 2020/2021, l’épidémie de bronchiolite avait été tardive et peu importante.

À l’HFME, les 31 lits de réanimation et de soins continus accueillent déjà 1/3 de patients atteints de bronchiolite. C’est pourquoi le Dr Hugues Desombre, chef du Pôle des spécialités pédiatriques, et le Pr Yves Gillet, chef des urgences pédiatriques - où 400 cas de bronchiolite sont pris en charge chaque année - s’inquiètent du risque d’une saturation des urgences et de la réanimation, mais aussi de l’ensemble des services de pédiatrie.

Des lits supplémentaires ont été ouverts, des renforts de personnels embauchés et des interventions chirurgicales déprogrammés afin de prioriser des lits de réanimation pour les infections virales graves. Cependant, les médecins hospitaliers appellent aussi à adopter les bons réflexes pour ne pas venir encombrer les urgences.

S. M.

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