Artisanat Elle recycle les mécanismes de vieilles montres en bijoux fantaisie

À deux pas du musée Gadagne, 4, rue de la Fronde, Sophie Jankowski, artisane,   a créé la marque Epsilon Vega en 2011, qui a pour signification “les pieds sur terre,   la tête dans les étoiles”.  Photo Nadine MICHOLIN
À deux pas du musée Gadagne, 4, rue de la Fronde, Sophie Jankowski, artisane, a créé la marque Epsilon Vega en 2011, qui a pour signification “les pieds sur terre, la tête dans les étoiles”. Photo Nadine MICHOLIN
Les boutons de manchette à base d’anciens mécanismes de montres sont très appréciés par la clientèle.  Photo Nadine MICHOLIN
Les boutons de manchette à base d’anciens mécanismes de montres sont très appréciés par la clientèle. Photo Nadine MICHOLIN
À deux pas du musée Gadagne, 4, rue de la Fronde, Sophie Jankowski, artisane,   a créé la marque Epsilon Vega en 2011, qui a pour signification “les pieds sur terre,   la tête dans les étoiles”.  Photo Nadine MICHOLIN Les boutons de manchette à base d’anciens mécanismes de montres sont très appréciés par la clientèle.  Photo Nadine MICHOLIN

Sophie Jankowski, artisane dans sa boutique Epsilon Vega du Vieux-Lyon, s’appuie sur le principe d’ upcycling  : la récupération et le détournement d’objets anciens non réparables. Étonnant et astucieux.

Montres à goussets en pendentifs, colliers, bagues, boucles d’oreille, boutons de manchette, serre-têtes, barrettes, bracelets, sautoirs, broches, lunettes d’aviateur, c’est fou ce que l’on peut créer à partir de mécanismes de vieilles montres !

Rien ne prédestinait Sophie Jankowski, 33 ans, organisatrice de voyages en région parisienne, à ouvrir une boutique dans le Vieux-Lyon. Si ce n’est la passion du bricolage : « Très jeune, j’avais ce tempérament de bricoleuse, l’envie de faire quelque chose de mes mains. J’ai débuté en démontant des circuits électriques, de petits boulons, des résistances. Il y a sept ans, j’ai acheté trois montres goussets dans un vide-greniers. Il manquait des pièces. Ça a été la révélation ! »

C’est ainsi qu’est née, en 2011, la marque Epsilon Vega. Il ne s’agit pas pour Sophie Jankowski de réparer des mécanismes d’horlogerie ancienne (goussets, réveils ou horloges mécaniques), mais de les démonter pour les recycler en bijoux fantaisie.

« J’ai appris à nettoyer et à rénover les mécanismes. Chaque pièce est réutilisée et trouve une seconde vie dans un bijou unique et original. Je peux couler les engrenages dans la résine ou les souder en argent. J’ai commencé à l’aide de pinces à épiler, de cure-dents. J’ai utilisé tous les moyens, y compris les mêmes outils et les mêmes techniques que mon père, prothésiste dentaire. Chaque montre est différente, chaque création est unique. Je m’adapte aux pièces et à la taille des engrenages », explique cette artisane minutieuse et passionnée, qui adore démonter, nettoyer, poncer, souder, assembler, remonter et fabriquer des bijoux garantis sans nickel, en laiton, argent ou acier inoxydable.

« Je crée tout le temps, tous les jours, sept jours sur sept »

Après avoir quitté son travail, la jeune femme, durant deux ans, se monte en autoentreprise et écume les marchés d’artisans du sud de la France.

Depuis 2014, Sophie Jankowski est présente au marché de la Création (Lyon 5e ) et au marché de Noël (Lyon 2e ), lors duquel, son stand régulièrement sélectionné parmi les plus beaux de la place Carnot, a remporté le premier prix.

Août 2017 : avec son compagnon Antoine Cuenne, 35 ans, Sophie a ouvert sa première boutique à deux pas du Musée Gadagne. « Antoine est Lyonnais. Il était responsable d’un environnement animalier dans la région parisienne et son métier consistait à revaloriser les déchets. Il a tout quitté lui aussi. »

Aujourd’hui gestionnaire de l’entreprise, Antoine se charge de l’approvisionnement et de la récupération lors de vide-greniers, brocantes, ventes aux enchères ou auprès des collectionneurs : « On récupère tout ce qui est en mauvais état, les pièces ou les vieilles montres. Tout le monde en possède au moins une, sans bien savoir à qui elle appartenait. La plupart sont sans valeur. Je crée tout le temps, tous les jours, sept jours sur sept. J’ai besoin d’être inspirée. Je me nourris des romans de Jules Verne et d’ Alice aux pays des Merveilles.  »

En peu de temps, Sophie Jankowski a fidélisé une clientèle, de 7 à 97 ans, séduite par ses créations atypiques et les prix très abordables (de 12 à 120 €). Elle épate les touristes étrangers et notamment les Néo-Zélandais, friands du recyclage !

Nadine MICHOLIN

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