Habitat Forcée de vivre dans un logement insalubre après un dégât des eaux

Rose Desfours ne peut plus dormir dans sa chambre : des morceaux du plafond tombent sur le lit / photo Jérôme Gallo
Rose Desfours ne peut plus dormir dans sa chambre : des morceaux du plafond tombent sur le lit / photo Jérôme Gallo

Fin juin, l’appartement de Rose Desfours subissait un dégât des eaux. Depuis, la situation reste bloquée faute d’accord avec les assureurs. La locataire se retrouve donc forcée de vivre dans un logement inhabitable.

Une simple fuite d’eau et voilà la vie des voisins gâchée pour un bon bout de temps. Pour Rose Desfours, locataire d’un appartement situé avenue Jean-Jaurès, le calvaire a débuté dans la soirée du 30 juin.

 

« À 20 h 53 exactement », précise-t-elle avant de poursuivre, dépitée : « Ça a commencé à goutter de partout. Puis, je me suis vite retrouvée avec dix centimètres d’eau dans le couloir ! » Les pompiers une fois intervenus pour colmater la fuite, les assureurs ont pris le relais.

 

« Je dois dormir à même le sol »

 

Et là, ce qui n’était qu’un banal dégât des eaux s’est transformé en parcours du combattant.

 

« L’expert est passé, mais il minimisait à chaque fois la gravité des dégâts. Par exemple, il parlait de simples taches sur le matelas alors que je n’ose même plus me coucher dessus. Et c’est sans parler du plafond qui tombe en morceaux… », s’agace la locataire.

 

Malgré les airs de capharnaüm de son logement, les murs, le sol et le plafond moisis, Rose Desfours continue à vivre là, faute d’alternative.

 

« Je dois dormir à même le sol ! Je ne comprends pas comment on peut laisser les gens vivre dans ces conditions. La Sacvl, qui est le bailleur, et mon assureur se renvoient la balle. La seule proposition qui m’a été faite consiste à trouver un logement par mes propres moyens, et qui n’excède pas mon loyer actuel… Mais c’est très dur d’en trouver un ! », s’exaspère Rose Desfours.

 

Contacté, l’assureur a seulement expliqué qu’une proposition de dédommagement quotidien de trente euros lui a été formulée. Offre que la locataire aurait refusée.

 

Du côté de la Sacvl, Jérôme Coyras, directeur général adjoint, se dit surpris : « Au vu de la situation, je suis étonné que l’expert n’ait pas indiqué que le logement soit inhabitable. Si ce dossier n’avance pas, on va prendre le relais de l’assureur et faire appel à un ouvrier-peintre. Même si, ce n’est pas dans nos process habituels. »

 

Enfin le bout du tunnel pour Rose Desfours ?

Dégât des eaux : qui doit payer ?

Dégât des eaux et bataille avec les assureurs vont souvent de pair. Si la fuite provient d’un espace privatif, le locataire de cet appartement et le sinistré devront faire jouer leur assurance, après déclaration du dégât des eaux, et trouver un terrain d’entente. Ce qui n’est pas toujours gagné…

 

En revanche, si la fuite provient d’un espace collectif, le bailleur est alors en cause. Toutefois, les choses ne sont pas toujours aussi simples. « Si la fuite provient d’un espace privatif, mais que le montant des dégâts se révèle très important, nous, bailleur, nous faisons intervenir notre propre assurance », explique Jérôme Coyras, directeur général adjoint de la SACVL, Société d’aménagement et de construction de la Ville de Lyon.

J. G.

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