Sécurité Visite surprise de Le Drian au quartier Général-Frère de Lyon

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a visité une chambre du quartier Général-Frère, ce mardi. Dans le Rhône, 450 militaires composent l’opération Sentinelle, en charge de la surveillance de sites sensibles et de grands passages / photo Pierre Augros
Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a visité une chambre du quartier Général-Frère, ce mardi. Dans le Rhône, 450 militaires composent l’opération Sentinelle, en charge de la surveillance de sites sensibles et de grands passages / photo Pierre Augros

Visite surprise, ce mardi, au quartier Général-Frère de Lyon : le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est venu à la rencontre des soldats de l’opération Sentinelle, dont la plupart ont été contraints de reporter leurs vacances.

« J’imagine que vous supportez tous l’OL ici. Moi, je suis pour… l’équipe de France. » Ce court échange est loin d’être banal : l’homme qui ne prend parti pour aucun club est le ministre de la Défense. Ce qui fait sourire les trois jeunes soldats de l’opération Sentinelle, qui ont ouvert la porte de leur chambre du quartier Général-Frère à Jean-Yves Le Drian, ce mardi.

 

Une visite ministérielle à Lyon sous forme de surprise de dernière minute pour les militaires de Sentinelle, qui sont 6 000 à être déployés en province depuis l’attentat de Nice, sur les 10 000 engagés. « Le ministre voulait avoir des retours directs du terrain sur la mise en place du dispositif après le 14 juillet », décrypte l’un de ses conseillers.

 

450 soldats dans le Rhône

 

Dans la région, 920 soldats, dont 450 dans le Rhône, se consacrent chaque jour à la protection des rassemblements festifs, aux contrôles de flux avec la police aux frontières et aux patrouilles dans les espaces de grands passages. « Pour dissuader et rassurer », insiste Jean-Yves Le Drian, très occupé à obtenir le ressenti de tous les gradés de la région lors d’une visioconférence.

 

S’adressant cette fois aux soldats, le ministre leur rend hommage. « Je connais les contraintes que cette opération provoque : pour la plupart d’entre vous, des "perms" ont été “sucrées” et vos vacances reportées. Mais on doit maintenir la vigilance avec cet effort de sécurisation. » L’État a prévu des compensations financières en cas de frais d’annulation de voyages. Et la prime versée aux militaires sera doublée : elle passera de 5 à 10 euros chaque jour.

 

À Lyon, certains d’entre eux sont des réservistes. « Sans eux, nous ne pourrons pas tenir cette opération sur la durée, a prévenu le gouverneur militaire Pierre Chavancy. Nous sommes en cours de recrutement, a rassuré le ministre. 11 000 hommes, formés en ce moment, seront opérationnels en fin d’année. »

 

Huit semaines après son arrivée à Lyon, la 9e brigade d’infanterie repartira demain à Poitiers et laissera la place à un autre régiment. Ces soldats seront affectés à la surveillance, en patrouilles uniquement mobiles, sur de nombreux sites de la région. Un effort qui n’a pas fini de s’accentuer : le ministre veut passer de 500 militaires Sentinelle présents sur le terrain chaque jour en France aujourd’hui, à 700 d’ici à la fin de l’année.

« Il faut interdire des manifestations si les normes de sécurité ne sont pas respectées »

Tout à coup, la tonalité de sa voix a pris une dimension très autoritaire. Interrogé sur les annulations de festivités annoncées ces derniers jours à travers la France, en raison de conditions qui ne garantissaient pas une sécurité maximale, Jean-Yves Le Drian a apporté une justification ferme :

 

« Nous sommes en situation de guerre. La menace terroriste djihadiste reste constante. Donc par moments, il faut interdire des manifestations si les normes de sécurité ne sont pas respectées. Il faut que chacun comprenne qu’on est dans cette situation et que ça peut entraîner des contraintes », a lancé le ministre de la Défense, refusant de préciser si les prochains événements d’envergure à Lyon, comme le rassemblement du 15 août, la Biennale ou les Lumières, étaient sous la menace d’une annulation.

 

Après l’attentat de Nice, le préfet du Rhône avait annoncé que des réunions seraient mises en place entre l’État, les mairies et les organisateurs de chaque manifestation pour valider les dispositifs de sécurité.

Yoann Terrasse

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