Tourisme Se laisser guider à Lyon grâce aux Greeters

Amatrice de gastronomie, la greeter Catherine Ballandras ne se prive pas pour faire découvrir aux touristes les institutions culinaires de Lyon / photo Jérôme Gallo
Amatrice de gastronomie, la greeter Catherine Ballandras ne se prive pas pour faire découvrir aux touristes les institutions culinaires de Lyon / photo Jérôme Gallo

Amoureux de leur ville, des Lyonnais font visiter bénévolement leur quartier aux touristes de passage. Au-delà d’une simple promenade guidée, ces derniers découvrent ainsi la vie de tous les jours des habitants.i

Espagnols, Américains, Suisses, Australiens… D’ordinaire, les touristes qui découvrent Lyon et son troisième arrondissement avec Catherine Ballandras viennent de loin. Mais cette fois-ci, cette greeter (1) installée entre Rhône et Saône depuis deux ans, va faire visiter le coin à Sophie, qui n’est autre que son amie, de passage à Lyon.

 

Pas grave : la visite du jour gardera son esprit greeter. « On n’est pas des guides professionnels ! Personnellement, je ne suis spécialiste, ni en architecture, ni en histoire. Mon but consiste à faire découvrir aux touristes la vie des Lyonnais », présente Catherine Ballandras, alors que la balade débute depuis la splendide gare des Brotteaux (Lyon 6e).

 

« On se constitue un beau réseau »

 

En arpentant la rue piétonne Juliette-Récamier, celle qui travaille dans les tours de bureaux de La Part-Dieu distille bonnes adresses et petites anecdotes. « Vous saviez que le Sofitel de Lyon avait tout un étage blindé ? C’est depuis que Bill Clinton y a logé, en 1998. À l’époque, j’étais encore étudiante. Mais je m’en souviens encore, je l’ai croisé dans sa limousine avec sa fille et sa femme. Si ça se trouve, j’aurai finalement vu deux présidents américains ! », plaisante Catherine Ballandras.

 

Au-delà des petites histoires de Lyon, les touristes en profitent pour interroger la greeter sur la vie de tous les jours. Pour mieux comprendre ces fameux Français. « Ils nous posent des questions qu’ils n’adresseraient pas à un guide pro. Par exemple, sur l’immobilier, nos services de mutuelle, la pauvreté… D’ailleurs, les Américains sont souvent interloqués lorsqu’ils croisent des SDF dans la rue », pointe-t-elle.

 

Après avoir aiguisé leur appétit aux Halles de Lyon, la balade se termine place Guichard. Sophie, la touriste d’un jour, savoure : « Ça m’a permis de découvrir des petites histoires que je n’aurais jamais pu connaître autrement. Et puis, se promener à pied aide à mieux connaître le coin, de trouver des points de repère pour ensuite visiter la ville toute seule. »

 

Et même si elle croit connaître le parcours par cœur, Catherine Ballandras en profite tout autant : « On s’enrichit des échanges avec les autres. En plus, on se constitue un beau réseau. Il y a des touristes qui me proposent de venir les voir en Espagne, au Québec… »

 

Le clou de la visite : la greeter vient de faire une toute nouvelle découverte. En face de la mairie d’arrondissement, une des boutures du fameux marronnier d’Anne Franck trône au milieu des fleurs. Un arbre du souvenir. Et une nouvelle histoire à raconter.

 

> (1) Traduisible par “hôte”, de l’anglais greet, signifiant saluer.

« Un tourisme de niche »

Document remis.
Document remis.

Olivier Occelli, responsable des greeters à l’office de tourisme :

 

« Les greeters ont tous les âges et viennent de tous les horizons. On ne leur donne pas de cahier des charges, ils opèrent comme ils veulent. Tout est naturel ! Ce ne sont pas des guides, ils partagent plutôt leur tranche de quotidien. On a lancé ce programme il y a six ans maintenant, mais nous n’avons pas le désir de le développer davantage : il concerne avant tout un toursime de niche. Mais on compte tout de même une trentaine de balades par mois. »

Jérôme Gallo

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