Etat d'urgence Le point sur les mesures prolongées à Lyon

Devant l’aéroport, les policiers multiplient les contrôles d’identité et de bagages. Une scène vouée à se répéter avec la prolongation de l’état d’urgence, tandis que de nouveaux militaires participent à l’opération Sentinelle / photo Yoann Terrasse
Devant l’aéroport, les policiers multiplient les contrôles d’identité et de bagages. Une scène vouée à se répéter avec la prolongation de l’état d’urgence, tandis que de nouveaux militaires participent à l’opération Sentinelle / photo Yoann Terrasse

Retour des perquisitions administratives, études au cas par cas de la sécurité de chaque manifestation, déploiement de 450 militaires de l’opération Sentinelle : dans le Rhône, la prolongation de l’état d’urgence aura de fortes répercussions.

Une voyageuse est invitée à montrer sa carte d’identité à une patrouille de police en faction devant l’entrée du terminal 1 de l’aéroport. Au même moment, une famille doit ouvrir ses multiples valises, pendant qu’un chien renifle les bagages avec application.

 

Quatre militaires, Famas en bandoulière, observent à distance cette scène de contrôle aléatoire, devenue habituelle dans un contexte d’état d’urgence. « Voir autant de personnel des forces de l’ordre me rassure », glisse au passage un voyageur. Après l’attentat de Nice, l’état d’urgence a été prolongé de six mois, à compter du 26 juillet.

 

Ce qui va se traduire par un déploiement des forces de l’ordre « très visible » selon le préfet de région Michel Delpuech « dans tous les lieux de grands passages dans le Rhône ». Comme Saint-Exupéry, où les contrôles ont été renforcés.

 

Une trentaine de militaires déployés à l’aéroport

 

Une présence immanquable, avec des patrouilles continues dans les coursives de l’aéroport. Depuis que l’état d’urgence a été prolongé, une trentaine de militaires sont affectés à cette mission. « Le même nombre qu’avant et pendant l’Euro », indique le lieutenant-colonel Christian.

 

En tout, 450 militaires sont déployés dans le Rhône, là encore sur des secteurs très fréquentés. « Ils sont là pour dissuader et permettre des contrôles renforcés », a précisé le préfet. À l’aéroport, 90 fonctionnaires de la police aux frontières sont également présents au quotidien.

 

Les perquisitions administratives vont reprendre

 

C’est le grand retour des perquisitions administratives. « Il y en avait eu 130 ces derniers mois, a rappelé le préfet. On en fera deux nouvelles cette semaine. » D’après la préfecture, plus de 350 individus sont fichés “S” dans le Rhône et des procédures d’assignation à résidence ont été prononcées pour cinq d’entre eux.

 

Les dispositifs de sécurité des événements « revisités »

 

« Nous ne sommes pas dans une logique d’annulation », a déclaré le préfet. Autrement dit, la suppression de la Biennale ou de la fête des Lumières n’est pas à l’ordre du jour. Mais chaque dispositif de sécurité sera « revisité ».

 

« La fan zone nous servira de laboratoire, a annoncé Michel Delpuech. Son modèle pourra se reproduire sur de grands événements. » Pour chaque manifestation, l’État, les organisateurs et les municipalités concernées se réuniront. Et si la sécurité n’est pas en mesure d’être garantie, une annulation pure et simple pourra être prononcée.

Venus de partout en france

Les patrouilles de militaires promettent d’être nombreuses ces prochains mois, dans tous les lieux de forte fréquentation. « Pour être dissuasif face à la menace, il faut être très visible », admet le lieutenant-colonel Christian, en charge du dispositif Sentinelle.

 

Sur les 10 000 déployés en France, 920 hommes sont affectés à cette mission dans la région, dont 450 dans le Rhône. « Ils sont arrivés en provenance de différents régiments de toute la France », affirme le lieutenant-colonel. Et pendant ce temps, de futurs réservistes sont formés par l’armée, avant d’être amenés, à leur tour, à intervenir sur des opérations de sécurité intérieure.

Yoann Terrasse

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