Lyon 5e Nouvel Institut franco-chinois : 100 ans et un nouveau parcours

L’artiste Guillaume Dégé pose au milieu de son exposition "Les choses de ce monde" au Nouvel Institut franco-chinois à Lyon.  Photo Progrès /Maxime JEGAT
L’artiste Guillaume Dégé pose au milieu de son exposition "Les choses de ce monde" au Nouvel Institut franco-chinois à Lyon.  Photo Progrès /Maxime JEGAT

Dans les années 1920, on l’appelait « le fort des Chinois », aujourd’hui, on parle du Nouvel Institut franco-chinois. Situé dans l’enceinte du fort Saint Irénée, son parcours a été entièrement réaménagé cet hiver pour les 100 ans de sa fondation. On vous emmène ?

Lyon et la Chine

Pourquoi cet Institut franco-chinois à Lyon ? Au début du XXe siècle, la Chine est assaillie par les puissances coloniales. Pour former son élite, elle envoie sa jeunesse en Occident et choisit la capitale des Gaules pour établir la seule université chinoise à l’Ouest. Pourquoi ? Parce qu’elle figure sur la route de la soie, parce qu’elle est la plaque tournante des entreprises missionnaires vers l’Extrême Orient et parce que des cours de langue chinoise ont commencé à être dispensés, au XIXe siècle, dans son université. Le projet est soutenu par Édouard Herriot, alors député du Rhône.

 Les jarres en porcelaine prêtées par le musée des Confluences.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Les jarres en porcelaine prêtées par le musée des Confluences.   Photo Progrès /Maxime JEGAT

Des témoignages

Des objets témoignent de cette proximité. Deux vases en cloisonné et deux jarres en porcelaine prêtées par le musée des Confluences. Ils appartiennent à la collection réunie par Émile Guimet, industriel passionné d’art et de civilisations.

 Les plaques en fonte émaillées réalisées par le peintre lyonnais Antoine Vollon.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Les plaques en fonte émaillées réalisées par le peintre lyonnais Antoine Vollon.   Photo Progrès /Maxime JEGAT

Vingt-quatre plaques en fonte émaillées réalisées par le peintre lyonnais Antoine Vollon (1833•1900) prêtées par le musée des Tissus de Lyon, prennent place dans ce nouveau parcours. Inspirées des dessins d’un artiste cantonnais, elles représentent chacune une étape du travail de la soie, du mûrier à l’étoffe. Réalisées en 1853, elles ornaient des dessicateurs (machines à vapeur servant à sécher la soie) à la Condition des soies de Lyon

 La réalité virtuelle permet de s’immerger dans deux lieux disparus : la chambre d’une étudiante et la cuisine.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
La réalité virtuelle permet de s’immerger dans deux lieux disparus : la chambre d’une étudiante et la cuisine.   Photo Progrès /Maxime JEGAT

473 étudiants

473 jeunes chinois (dont 52 femmes) vont étudier entre 1921 et 1946. Le fort prend l’allure d’un campus universitaire avec dortoirs, salle des fêtes, salles de cours, cantine, terrain de sport… Équipé d’un casque de réalité virtuelle, le visiteur peut découvrir deux lieux aujourd’hui disparus : une chambre et la cuisine.

 Une borne tactile fait apparaître chacun des 473 étudiants.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Une borne tactile fait apparaître chacun des 473 étudiants.   Photo Progrès /Maxime JEGAT

Une borne tactile permet de découvrir plus précisément chacun de ces étudiants : photo portrait, provenance géographique, études suivies… Certains sont devenus célèbres comme la peintre Pam Yuliang ou le fondateur du premier centre de recherche chinois sur le radium.

 Un diorama de Guillaume Dégé.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Un diorama de Guillaume Dégé.   Photo Progrès /Maxime JEGAT

Un artiste

L’institut accueille régulièrement des artistes chinois, ou français attirés par cette culture. Guillaume Dégé,, auteur, dessinateur et sinologue propose une exposition intitulée « Les choses de ce monde ». Il pose des gouaches aux tons acidulées sur des feuilles de papier de riz et il s’est lancé, pour la première fois, dans la céramique avec des assemblages bizarres.

 Les céramiques de Guillaume Dégé au Nouvel Institut Franco-Chinois à Lyon.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Les céramiques de Guillaume Dégé au Nouvel Institut Franco-Chinois à Lyon.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
 Les céramiques de Guillaume Dégé au Nouvel Institut Franco-Chinois à Lyon.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Les céramiques de Guillaume Dégé au Nouvel Institut Franco-Chinois à Lyon.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
 Les céramiques de Guillaume Dégé au Nouvel Institut Franco-Chinois à Lyon.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
Les céramiques de Guillaume Dégé au Nouvel Institut Franco-Chinois à Lyon.   Photo Progrès /Maxime JEGAT
 Les céramiques de Guillaume Dégé au Nouvel Institut Franco-Chinois à Lyon.   Photo Progrès /Maxime JEGAT  Les céramiques de Guillaume Dégé au Nouvel Institut Franco-Chinois à Lyon.   Photo Progrès /Maxime JEGAT  Les céramiques de Guillaume Dégé au Nouvel Institut Franco-Chinois à Lyon.   Photo Progrès /Maxime JEGAT

Professeur des arts décoratifs à Paris, il fréquente chaque année la communauté enseignante de Xi’an pendant un trimestre. L’occasion de s’immerger dans cette contrée qui lui fait penser à un « bain d’électricité vive ».

Nouvel Institut franco-chinois, 2 rue sœur Bouvier, Lyon 5e. Entrée gratuite. Ouvert du mardi au vendredi de 10 à 18 heures. https://www.nifc.fr/

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