Rhône La Katia de Matisse entre au Musée des Beaux-Arts de Lyon

Sylvie Ramond, conservatrice du musée présente le tableau d’Henri Matisse : « Katia à la chemise jaune ».  Photo Progrès /Frédéric CHAMBERT
Sylvie Ramond, conservatrice du musée présente le tableau d’Henri Matisse : « Katia à la chemise jaune ». Photo Progrès /Frédéric CHAMBERT

Il s’agit de la dernière huile sur toile peinte par le maître. Son acquisition d’un montant de 4,8 millions d’euros a été rendue possible grâce au mécénat de seize entreprises du Club du musée Saint-Pierre (4,1 M) et au soutien de l’Etat (500 000 euros) et de la ville de Lyon (200 000 euros).

Le musée des Beaux-arts de Lyon rouvre ses portes ce mercredi 19 mai, avec une nouvelle œuvre d’Henri Matisse à découvrir. Il s’agit « Katia à la chemise jaune », une huile sur toile de belle taille (80 x 60 cm) peinte en 1951. Cette acquisition d’un montant de 4,8 millions d’euros a été rendue possible grâce au mécénat de seize entreprises du Club du musée Saint-Pierre  (4,1 M) et au soutien de l’État (500 000 euros) et de la ville de Lyon (200 000 euros).

Elle a été négociée auprès de la Pierre and Tana Matisse Fondation à New York (créée par la veuve de Pierre Matisse, deuxième fils du peintre).

 Le tableau d’Henri Matisse : la dernière huile sur toile peinte par le maître. Photo Progrès /Frédéric CHAMBERT
Le tableau d’Henri Matisse : la dernière huile sur toile peinte par le maître. Photo Progrès /Frédéric CHAMBERT

Sauvé à Lyon

Une belle histoire lie Lyon et le peintre. En janvier 1941, âgé de 72 ans, le Niçois est transféré en urgence à la clinique du Parc, où il est opéré d’un cancer du duodénum. Il se remet « comme par miracle » et nourrit une reconnaissance pour cette ville. Il envoie alors au musée un exemplaire de son livre Thèmes et variations qu’il accompagne d’une série de six dessins originaux.

« Et jusqu’en 1950, il donnera régulièrement à l’institution ses ouvrages illustrés », rappelle Sylvie Ramond, la directrice. Outre les multiples dessins, le musée détient deux peintures. «L’antiquaire Georges-Joseph Delmotte» (1918) acheté en 1947 et une «Jeune Femme en blanc, fond rouge» de 1946 déposée par le centre Pompidou en 1993.

 

Un prénom pour une blonde

Avec Katia, c’est une œuvre plus tardive qui fait son entrée dans la collection lyonnaise : elle est la dernière huile du maître, qui se consacrer, ensuite, presque exclusivement à la décoration de la chapelle de Vence. Anecdote, le modèle s’appelait Carmen, mais le peintre a préféré l’appeler Katia, prénom qui, selon lui, correspondait mieux à cette femme blonde.

 

Un visage sans traits

Dans ce portrait, Sylvie Ramond pointe « sa présence impressionnante et son élan vital, le traitement du jaune et bleu, le cerne noir qui entoure le visage, éternel conflit entre le dessin et la couleur, et ce visage vidé de ses traits, déjà vu chez Matisse depuis 1906 ». Pourquoi au fait ? « Parce que le visage humain est anonyme. Parce ce que l’expression se porte dans tout le tableau et l’imagination est délivré de toute limite », répondait l’auteur, disparu en 1954,… à Nice.

> À voir à partir du 19 mai, au musée des Beaux-Arts de Lyon, place des Terreaux, Lyon 1er. Plus d’infos https://www.mba-lyon.fr/fr

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