Rhône Vanina, candidate The Voice: «je chantais tous les soirs dans un cabaret du Vieux-Lyon»

Vanina a gagné son billet pour les battles après sa prestation remarquée durant les auditions à l’aveugle, samedi 20 février.  Photo Progrès /Bureau 233/ITV/TF1
Vanina a gagné son billet pour les battles après sa prestation remarquée durant les auditions à l’aveugle, samedi 20 février. Photo Progrès /Bureau 233/ITV/TF1

Vanina Pietri, 31 ans, a franchi la première étape des auditions à l’aveugle, samedi 20 février, dans la dixième saison du télé-crochet The Voice. La Villeurbannaise a impressionné le jury avec sa prestation revisitée de Laissez-moi danser, le tube de Dalida. Rencontre avec une artiste qui a fait ses gammes dans la région lyonnaise.

Quel est votre lien avec Lyon ?

« Je suis née à Villeurbanne mais j’ai grandi principalement en Corse. Comme j’ai de la famille à Lyon, j’ai suivi ma formation de danseuse en école de jazz à Villeurbanne. Lyon, c’est surtout synonyme de premières aventures seules. Elle est très chère à mon cœur cette ville. C’est là que j’ai pris les vraies décisions dans ma vie et que mon envie de faire ce métier a été confirmée. »

Vous avez fait une école de danse, votre ambition initiale n’était donc pas la chanson ?

« À la base, je voulais être prof de danse. Dans mon école, le cursus était de 3 ans, mais au bout de deux mois, je suis passé en deuxième année. Ça m’a permis de gagner un an et donc d’économiser de l’argent. J’avais deux boulots en même temps pour me payer mes études. Le matin, je travaillais dans une boulangerie. Quand je finissais avec mes pains au chocolat, je courais pour ne pas louper le premier cours de danse à l’école, et le soir je chantais au cabaret Au pied dans l’plat, dans le Vieux-Lyon. J’étais bien épuisée. Je travaillais avec les musiciens, les humoristes, les magiciens. Je faisais la régie aussi. Petit à petit, j’ai eu plus d’opportunités en chant qu’en danse et le chant a commencé à prendre de plus en plus de place dans ma vie. »

Quand avez-vous décidé de quitter Lyon ?

« À la fin de ma formation, je suis montée à Paris pour passer des auditions. Je voulais vivre le rêve de faire partie d’une troupe. En 2010, j’ai été prise dans la troupe « Gospel pour 100 voix » où je suis restée six ans. J’ai découvert les joies des tournées, de la fatigue, les joies sur scène avec des gens qu’on ne connaît pas et qui deviennent votre famille au fur et à mesure des dates. Et puis le cœur serré pour la dernière date. Ce sont des choses qu’on veut revivre tout le temps. »

"Les Dix commandements, le plus beau spectacle que j'ai pu faire"

En 2016, votre carrière prend un tournant avec votre participation à une comédie musicale bien connue.

« Oui, c’est l’année où j’ai rejoint la comédie musicale des Dix commandements, dans le rôle de Néfertari. À partir de là, j’ai enfin pu vivre de ce métier. On était 52 sur scène, c’était énorme. Nos premières dates, c’était 4 jours à Bercy. Les musiques étaient composées par Pascal Obispo. Il n’y a pas une chanson du spectacle que je n’ai pas adorée. Kamel Ouali gérait les chorégraphies, c’était mon rêve de travailler avec lui. Quand il a fallu se dire au revoir, ça a été dur… À ce jour, c’est le plus beau spectacle que j’ai pu faire. »

Comment avez-vous rebondi après ça ?

« On a arrêté les Dix commandements en 2017. Par la suite, j’ai passé des auditions rapidement. Je suis plutôt une boulimique de travail, j’aime quand ça enchaîne donc j’ai essayé d’être réactive. J’ai fait des petites tournées. Et puis, un jour, une amie a conseillé au directeur artistique d’Amel Bent de m’appeler. C’est comme ça que j’ai intégré sa tournée en tant que choriste en mai 2019. Je chantais ses chansons que je chantais plus jeune. C’est un super souvenir. La tournée a été stoppée par la pandémie. »

Comment avez-vous vécu le confinement ?

« Au début, je me suis dit que je ne prenais jamais de temps pour moi et que c’était l’occasion de me reposer, de passer du temps chez moi. Puis les mois passent et ça devient long. C’est un combat avec soi-même pour ne pas déprimer. Du coup, j’ai écrit des chansons. J’ai sorti un premier morceau le 19 février qui s’appelle What if. »

"Je me sentais prête à gagner en visibilité"

Comment l’aventure The Voice est rentrée dans votre vie ?

« Je me suis toujours dit que je ferai The Voice quand je serais plus aboutie en tant qu’artiste et que j’aurais quelque chose à raconter. Je me suis concentrée sur ça en 2020. Je me sentais prête à gagner un peu de visibilité et en profiter pour faire découvrir mon univers. J’ai envoyé ma candidature à la production. Avant de passer les auditions à l’aveugle, il y a plusieurs étapes, ça prend plusieurs mois. Il faut le mériter et on est content quand on arrive sur le plateau. »

Pourquoi avoir chanté Laissez-moi danser, de Dalida ?

« Ce titre est totalement adapté à la situation actuelle. Je demande juste à ce qu’on nous laisse danser, chanter en liberté. Nous les artistes, on fait face à beaucoup d’incohérences car on ne veut pas rouvrir les théâtres où on est assis les uns à côté des autres alors que dans le même temps les avions continuent de voler. Cette chanson, je l’ai adaptée de manière un peu plus mélancolique pour que ça aille avec le sens que je voulais lui donner. C’était la chanson parfaite en cette période-là. »

Retrouvez la prestation de Vanina ici.

"Je suis une grosse fan de Zazie"

Pourquoi avoir choisi Florent Pagny comme coach ?

« Il faisait partie de mes préférés. Je l’admire beaucoup. J’aurais adoré Zazie aussi, dont je suis une grosse fan. Ce sont des gens de qui j’ai envie d’apprendre. Ils ont des années de métier, ils savent comment gérer la pression, l’interprétation, la justesse dans les mots, dans les notes. J’ai eu la chance que Florent se retourne en premier. »

Comment vont se dérouler les battles ?

« En fait, elles ont déjà été tournées. Mais je ne vous dirai rien de plus. Ma prestation devrait être diffusée en avril, une fois les auditions à l’aveugle terminées. »

Comment définiriez-vous votre univers ?

« C’est très planant, aérien, ça parle d’amour, beaucoup. C’est en anglais et un peu français aussi. Je m’y suis mise récemment car je tiens à ce qu’un maximum de personnes puissent comprendre ce que je chante. »

Quels artistes vous inspirent ?

« En ce moment, c’est beaucoup Zazie. Son écriture m’inspire énormément ainsi que son côté aérien. Elle a des mélodies incroyables. Je l’écoute tout le temps avant de me mettre à l’écriture. »

Revenez-vous souvent à Lyon ?

« Ça m’arrive oui. J’ai encore des amis à Lyon même si ça fait un moment que je n’y suis pas retournée. J’aime beaucoup y aller, ça me fait du bien et ça me rappelle de bons souvenirs. »

Propos recueillis par Nicolas FORQUET

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