Lyon Dans leurs BD, ils abordent avec douceur l’effondrement de la société

Eva Roussel (illustratrice) et Bruno Isnardon (scénariste) présentent les BD de la série qu’ils ont créées.  Photo Progrès /DR
Eva Roussel (illustratrice) et Bruno Isnardon (scénariste) présentent les BD de la série qu’ils ont créées.  Photo Progrès /DR

Eva Roussel et Bruno Isnardon sont lyonnais, amoureux et écologistes. Ça se voit au travers de leurs avatars, héros des tomes I et II de « Tout va bien, enfin ça va aller ». Leurs BD-fiction traitent de l’effondrement économique et de la création d’un nouveau monde.

« Dans le scénario et les illustrations de nos BD, on a voulu mettre de la douceur sur un thème où beaucoup mettent du catastrophisme. » Eva Roussel et Bruno Isnardon sont comme ça. Un couple d’amoureux fusionnels et d’écologistes engagés qui n’impose rien mais dit tout avec bienveillance.

Les tomes 1 et 2 de leur série autobiographique d’anticipation «  Tout va bien, enfin ça va aller  » le prouvent dès la couverture de chacune des BD qui offre un échange de sourire entre les héros : les trentenaires Nours et Pluche. « Ce sont nos avatars. C’étaient nos surnoms avant », précise Bruno.

Redécouvrir Lyon au fil des pages

Dans le premier tome, paru en automne 2019, les héros se projettent dans une société où l’économie et le climat social s’effondrent : pénurie d’essence, coupures d’électricité à répétition, etc. L’album laisse découvrir les questionnements des deux citadins. Et le lecteur profitera d’illustrations de Lyon au fil des pages : les quais du Rhône, la place Guichard, le potager place Mazagran, etc.

Dans le deuxième tome, paru en automne 2020, l’histoire se passe dans un village fictif où les héros ont fui. Elle aborde les conséquences de l’effondrement de la société et « la construction d’un monde plus enviable avec des potagers partout, un centre commercial transformé en déchet/trie, une rue devenue un quartier associatif, etc. » explique Eva.

« C’est joyeux et coloré »

Leur mot-clé “douceur” se décline par tout… dans les illustrations, le scénario, la relation entre les deux héros… « Il y a un épisode violent où Nours est braqué et fait le choix de répondre de façon non-violente, par le dialogue. Je ne sais pas si j’aurais réagi de la même façon dans la réalité, avoue Bruno content de cette séquence, mais je tends vers ce comportement.»

Eva raconte : « Dans nos BD on apporte de l’humain, de l’émotion, on est sur des personnages tendres, entre eux, avec leurs amis… ça arrondit le sérieux de la thématique ! Parfois il y a aussi un côté didactique pour montrer que notre société capitaliste industrielle ne peut pas durer. Et on sait dès le départ que l’histoire se terminera bien… c’est souvent joyeux et coloré. La société que nous avons créée dans le tome II n’est pas parfaite, car rien ne l’est. C’est une utopie réaliste. »

Son coauteur détaille : « dans la réalité, notre société n’est pas si solide et pérenne que ça. Nous avons construit un monde où tout est interconnecté et ce qui maintient ce réseau c’est le carburant, le pétrole… qui a atteint son pic de production […] Comment faire quand on manquera de cette ressource ? Et si les denrées ne peuvent plus être acheminées jusqu’à nos supermarchés ? etc. »

Les auteurs se sont posés une série de questions et documentés pendant des années… avant même que naisse l’envie de mettre en BD ce thème.

   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
  Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
  Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
  Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
  Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
  Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
  Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
  Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
  Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
  Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
  Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
  Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon
   Photo Progrès /DR
  Photo Progrès /DR
   Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon    Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon    Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon    Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon    Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon    Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon    Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon    Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon    Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon    Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon    Photo Progrès /Eva Roussel et Bruno Isnardon    Photo Progrès /DR

« Préparer les gens à la réalité »

« S’il devait y avoir un message dans nos BD ce serait : faire bouger les consciences, préparer les gens à la réalité et aussi montrer qu’un avenir plus centré sur la nature et le local est possible. […] Dans nos BD, on aborde également d’autres thèmes comme celui du féminisme dans le tome II », précise Bruno.

Peut-être qu’un jour les auteurs se lanceront dans le tome III.

BD (128 pages et 23 euros chacune) à commander en librairie ou via le site de l’éditeur La Relève et La Peste  : lareleveetlapeste.fr

Arnélia SIMIER

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?