Lyon Comme un parfum d’aventure : en voiture avec 5 artistes au Musée d’Art contemporain

L’agence de voyage de Guillaume Bijl au musée d’Art Contemporain.  Photo Richard MOUILLAUD
L’agence de voyage de Guillaume Bijl au musée d’Art Contemporain. Photo Richard MOUILLAUD

Prévoyez du temps : ce sont trois expositions qui vous attendent sur les trois niveaux du Musée d’Art Contemporain, plus le hall d’entrée. Mythologie, nature et déplacement : le voyage est à tous les étages.

Comment rebondir quand tous les projets tombent à l’eau en raison de la crise sanitaire ? Au printemps, le Musée d’Art Contemporain a dû renoncer à son projet d’exposition sur l’Afrique.

Alors, quand on ne peut pas voyager, ni faire circuler les œuvres, on puise dans les ressources locales.

C’est ainsi qu’est née Comme un parfum d’aventure, une exposition autour de la thématique du déplacement, alors devenu une obsession.

 

Avec des œuvres du Musée des Beaux-arts. Photo Richard MOUILLAUD
Avec des œuvres du Musée des Beaux-arts. Photo Richard MOUILLAUD

 

Marilou Laneuville et Matthieu Lelièvre, les deux commissaires, ont puisé dans les ressources du Mac (1400 références). Puis ils ont regardé du côté du Musée des Beaux-arts.

Propriété de la ville de Lyon, ces deux établissements travaillent déjà ensemble. Ils avaient le désir de faire dialoguer les œuvres avec des artistes vivants depuis longtemps, c’était le moment idéal.

Une vingtaine ont été invités, ils interviennent dans les 12 étapes du parcours. Focus sur trois d’entre eux, auxquels il faut ajouter deux invités, en pleine aventure, eux aussi.

 

Jean Jullien. Photo Richard MOUILLAUD
Jean Jullien. Photo Richard MOUILLAUD

 

1-Jean Jullien : le charme balnéaire

On avait quitté Jean Jullien en février à la galerie lyonnaise Slika, avec Les Sources , une exposition de souvenirs de vacances, partagés avec son frère. On les retrouve dans le passage le plus réjouissant du parcours.

Nicolas a sculpté un voyageur, tandis que son aîné investit une bulle. Il livre ses réflexions -sans filtre- sur le tourisme, sous forme de graffitis. Auxquels se greffent trois tableaux magnétiques, colorés, aux ambiances balnéaires ou bucoliques.

Précisons que la Galerie Slika a produit une sérigraphie du visuel de l‘exposition signé Jean Jullien, Leaving room. On peut se procurer un des 50 exemplaires (50 X 70 cm) au prix de 280 euros.

 

Christine Crozat devant ses signalétiques. Photo Richard MOUILLAUD
Christine Crozat devant ses signalétiques. Photo Richard MOUILLAUD

 

2-Christine Crozat : une orientation ludique

Comment l’homme tient-il debout ? Christine Crozat, artiste lyonnaise qui vit entre Lyon et Paris, a beaucoup travaillé dans les hôpitaux psychiatriques.

Elle a réalisé, notamment, des séries autour des pieds que l’on retrouve ici (chaussures de Saint Césaire, patins de Jan van Eyck, pieds en verre soufflé..).

Ses déplacements l’ont aussi conduite à examiner la signalétique en France et à l’étranger, qu’elle reconstruit dans des formes ludiques et poétiques.

 

Les créations de Géraldine Kosiak. Photo DR
Les créations de Géraldine Kosiak. Photo DR

 

3-Géraldine Kosiak : créer sans bouger

Que reste-il du monde quand nous ne pouvons le parcourir ? Géraldine Kosiak, diplômée des Beaux-arts de Lyon, dessinatrice et écrivain, n’hésite pas à se promener dans les collections des musées du monde entier.

A voir, ses compositions à partir d’objets du département antiquités du musée des Beaux-arts de Lyon, réalisées pendant le confinement. Parfois déclinées en grand format, comme ce tapis.

 

Les dessins de Edi Dubien. Photo Richard MOUILLAUD
Les dessins de Edi Dubien. Photo Richard MOUILLAUD

4-Edi Dubien : l’amour de la nature

Son exposition, L’homme aux mille natures , aurait dû investir l’Orangerie du parc de la Tête d’or au printemps.

Edi Dubien a été relogé au premier niveau du musée où il présente 400 dessins et quelques sculptures autour de la thématique de l’enfance, de l’environnement et du genre.

Ils retracent le parcours d’une vie, l’expression d’un homme libre, son obstination à être un artiste et à faire reconnaître son identité masculine.

 

Dans le hall, Crossover de Jimmy Richer. Photo Richard MOUILLAUD
Dans le hall, Crossover de Jimmy Richer. Photo Richard MOUILLAUD

 

5-Jimmy Richer : un talent émergent

Le musée inaugure un nouveau format d’exposition Crossover , un dialogue entre des œuvres de la collection et des artistes émergents. Jimmy Richer, originaire de Montpellier répond donc à Prometheus Delivered de l’autrichien Thomas Feuerstein.

Prométhée voyait son foie dévoré par un aigle, mais régénéré toutes les nuits. L’installation est rongée par des bactéries mangeuses de pierre. L’invité lui répond avec une comète qui traverse les murs du hall du musée.

A voir : trois expositions : Comme un parfum d’aventure , Edi Dubien, L’homme aux mille natures et Crossover avec Jimmy Richer.


Jusqu’au 3 janvier, 81, quai Charles-de-Gaulle, Lyon 6e.

www.mac-lyon.com/fr

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