Rhône | Santé À Lyon, les yeux dans les yeux des soignants

Les photos de Valeria Pacella rendent hommage aux soignants à la clinique du Parc.  Photo Valeria PACELLA
Les photos de Valeria Pacella rendent hommage aux soignants à la clinique du Parc.  Photo Valeria PACELLA

La photographe lyonnaise Valeria Pacella a passé plusieurs mois auprès des personnels de la clinique du Parc, avant et après le confinement. Son travail est exposé dans cet établissement et mis en ligne.

La photographe Valeria Pacella n’a pas attendu le Covid-19 pour rendre hommage aux soignants. Elle y pensait depuis qu’adolescente, elle a accompagné son père en fin de vie au Centre Léon-Bérard : « Quand je sortais, je réalisais la différence entre l’agressivité du monde et le côté doux, apaisant, l’empathie des soignants. Je me disais : si le monde pouvait ressembler à cela ? Je trouvais très injuste tous ces gens qui râlaient aux urgences… »

« Parler d’autre chose »

La rencontre en 2019 avec un chirurgien de la clinique du Parc l’amène à proposer un projet à plusieurs établissements de santé lyonnais. Le directeur de la clinique du Parc est le seul à lui répondre : « On sortait des gilets jaunes, il y avait des grèves, un mal-être dans la profession. C’était l’occasion de parler d’autre chose », explique Franck Zanibellato.

« On sent qu’ils se comprennent »

À partir de septembre, la photographe se fond au sein des équipes. À commencer par le bloc opératoire. « Ce qui m’a touché, c’est l’attention et la concentration permanente pendant toute l’opération, les échanges très brefs, cette connivence qu’on n’imagine pas dans le regard. On sent qu’ils se comprennent ! », raconte Valeria Pacelle.

Les regards sont en effet l’élément central de la plupart de ses photographies et illuminent ces clichés en noir et blanc. « Le noir et blanc, ce n’est pas sombre », souligne Valeria Pacella, qui l’a préféré à la couleur, pour ôter le côté « technique » de la chirurgie.

Après le confinement (1), la photographe a retrouvé le personnel. Avec cette seule différence que tous portaient en permanence un masque. Des photos ont été publiées sur les réseaux sociaux sous le hashtag #nousrestonslesmemes.

« On a qualifié les soignants de héros mais ils voulaient juste faire le travail », constate le directeur de la clinique, conscient que certains « héros vont vouloir arrêter » et qu’il faut convaincre « la jeunesse d’y aller » car « sans les soignants, rien ne sera possible ».

(1) La clinique du Parc, dont l’activité est uniquement chirurgicale, était à l’arrêt pendant cette période

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