INSOLITE Nuits noires: percevoir la musique autrement

Une fois le concert terminé, les musiciens se dévoilent… ainsi qu’Élodie qui présente le concept.  Photo Progrès /David TAPISSIER
Une fois le concert terminé, les musiciens se dévoilent… ainsi qu’Élodie qui présente le concept.  Photo Progrès /David TAPISSIER

Rêvant d’être commissaire d’exposition, la Lyonnaise Élodie Parmentier a finalement créé un concept unique en son genre : des concerts dans le noir. Des expériences immersives et sensorielles qui font un tabac et qu’elle souhaite désormais faire passer de l’ombre à la lumière.

Lorsqu’elle découvre cette pièce fermée dans un cube blanc, Élodie Parmentier n’a que 16 ans… La musique de Pierre Boulez, dans le noir le plus complet, l’inquiète, puis l’angoisse, jusqu’à l’apparition lumineuse d’un danseur qui la bouleverse littéralement.

Des émotions que cette férue de performances artistiques ne connaissait pas et qu’elle n’a retrouvées que des années plus tard lors d’une performance de Tino Seghal au Palais de Tokyo à Paris. Là encore, le noir absolu, une frontière impalpable entre acteurs et performeurs…

« Lorsque l’on écoute de la musique dans le noir, la perception est très différente »

Quoi de plus surprenant qu’aujourd’hui âgée de 30 ans, la Lyonnaise se soit spécialisée autour de cette dualité : la musique et le noir. « En fait, explique-t-elle, lorsque l’on écoute de la musique dans le noir, la perception est très différente. J’ai donc réfléchi à proposer ce système de concert, « Nuits noires » où le public ne sait rien de ce qu’il va voir… et surtout entendre. L’idée c’est de proposer des performances mêlant les formes d’arts… avec pourquoi pas de la lumière, mais seulement au final ».

Mais avant de parvenir à ce concept, qu’elle a lancé en 2017, la jeune artiste est passée par de nombreuses étapes. Après un bac d’Art plastique, elle veut être chef d’orchestre, puis passionnée de vidéo, elle se tourne vers l’art total, mêlant toutes les pratiques en un seul projet.

En 2011, elle voyage au Mexique et met en pratique son savoir, surtout en matière d’art visuel. De retour en France, elle enchaîne les expériences et reprend ses études à la Sorbonne. Elle enchaîne par un stage au Palais de Tokyo puis gère une salle durant trois ans comme responsable événementiel. Jusqu’à sa rencontre à Lyon, avec Jérémie Nicolas, ingénieur du son et musicien sur Lyon.

Les onze concerts ont toujours été complets

De ce duo naîtront plusieurs projets, dont Nuits Noires… qui accroche immédiatement avec le public. En deux ans, les onze concerts ont toujours été complets. Des jauges de 30 à 200 personnes qui invariablement vont écouter une performance « à l’aveugle », mais aussi des expériences en entreprises pour de l’événementiel.

« Notre ADN, c’est l’immersion dans le noir, pas avec des masques sur les yeux ! Ces deux premières années nous ont permis de tester le concept. Désormais nous souhaitons revenir auprès du public et faire une tournée en 2020. Et pour fêter nos trois ans, nous organisons une soirée spéciale le 20 février à La Commune… L’occasion d’ouvrir les yeux sur notre travail » conclut-elle en souriant.

Soirée Nuits noires le 20 février à La Commune, 3 rue Pré-Gaudry, à Lyon 7e, deux cessions à 19 h 30 et 21 h 30. Il ne reste plus que quelques places. Tarif : 15 €.

David TAPISSIER

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