Gastronomie Le tacos, une histoire lyonnaise

Nasser Nemili, propriétaire du restaurant Mister Tacos, est l’un des gardiens du temple.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON
Nasser Nemili, propriétaire du restaurant Mister Tacos, est l’un des gardiens du temple.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON

Roi de la street food depuis plusieurs années, le tacos trouve ses origines dans la banlieue lyonnaise. C’est la conclusion de Bastien Gens, auteur d’un documentaire sur le phénomène dont la troisième partie se focalise sur Villeurbanne et Vaulx-en-Velin.

C’est la conclusion d’un travail colossal. Pendant plusieurs années, de Paris à Lyon en passant par Grenoble, Bastien Gens, réalisateur, s’est penché sur l’histoire du tacos, ce sandwich devenu phénomène. Ces dernières années, des dizaines d’enseignes ont ouvert dans le département, des franchises se sont développées et les inaugurations ont parfois tourné à l’émeute. Aux origines de la recette

L’Isérois, lui, a tenté de retourner aux origines de la recette. Le troisième épisode de son documentaire Tacos Origins , appelé Génération (24 minutes), est disponible depuis le 10 janvier sur la plateforme Youtube. Et il se déroule essentiellement entre Lyon, Vaulx-en-Velin et Villeurbanne.

« J’ai commencé quand j’étais étudiant il y a cinq ou six ans. J’ai longtemps cherché, d’abord du côté de Grenoble car je viens de là-bas, puis un peu partout, dont la banlieue lyonnaise », explique Bastien Gens, qui met à disposition gratuitement son travail. « Cela me sert de carte de visite », dit-il.

La spécificité lyonnaise

Pour ce troisième épisode, a-t-il trouvé l’origine de la recette créée entre la fin des années 1990 et le début des années 2000 ? « Il n’y a pas qu’une origine. Mais la vérité se trouve entre Villeurbanne et Vaulx-en-Velin », dévoile le réalisateur.

« On trouve des gens fiers de leur recette, des connaisseurs du tacos, un peu gardiens du temple qui se différencient des franchises et des Grenoblois ». Car la recette lyonnaise diffère : elle est cuite au four et intègre la chakchouka (une ratatouille) en plus de l’œuf, des viandes, des frites et de la fameuse sauce gruyère.

Pour lui, le tacos à Lyon s’est fait connaître grâce au P’tit Gourmand , un snack de Vaulx-en-Velin, dans le quartier de la Grappinière (qui a déménagé depuis), puis avec Mister Tacos (Villeurbanne), qui a fait école avec sa recette. 

"Le tacos a une histoire. Il fait partie du patrimoine"

Mets plébiscité par les jeunes, le tacos lyonnais est-il entré dans le patrimoine gastronomique ? "Pour moi, oui, le tacos a une histoire, c’est un succès. Il fait partie du patrimoine", assure Bastien Gens. "Je suis tombé sur des gens hyper charismatiques, ouverts, heureux de parler du tacos et de leur recette".

J.-P. CAVAILLEZ

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